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Moustaki

Quand je rentre dans une période de travail intensif, j’ai un « truc » bien à moi pour n’oublier aucune des tâches que je dois effectuer.
Je prends, dans le fond de l’un de mes tiroirs, une feuille A4 couleur fluo.
Rose, vert ou jaune bien claquants: je sais qu’elle ne passera pas inaperçue.
Et là, je commence à lister tout ce que j’ai à faire, petites et grandes missions.
C’est ce que j’ai commencé à faire avant de partir pour la petite semaine de congé, sachant que l’automne est toujours une période  bien remplie.
La feuille était bien fournie, mais parfaitement gérable.
Seulement voilà: même si je préviens bien à l’avance que je vais m’éclipser momentanément, il faut toujours que quelqu’un l’oublie ou ne respecte pas mon besoin de souffler un peu.
Cette semaine, ce fut le cas.
J’ai de plus en plus de mal à accepter cette façon de se comporter de la part de personnes qui pensent sans doute que je prends mon bureau et mon agenda professionnel avec moi en vacances.
Recevoir des mails m’indiquant de nouvelles demandes et destinés à attendre mon retour ne me dérange pas, évidemment.
Mais en recevoir d’autres m’incitant à répondre dans la journée car, la semaine suivante… la personne sera en vacances, me met de mauvaise humeur.
Depuis cette année, j’ai arrêté de me mettre en quatre, cherchant des connexions Wi Fi au milieu de nulle part, en pleine journée, interrompant notre programme pour répondre à ces demandes, écourtant même parfois les rares  vacances pour reprendre le travail plus tôt.

Bref, aujourd’hui dimanche, j’ai repris ma feuille pense-bête et j’y ai rajouté ce qui doit s’y trouver.
Conclusion: j’ai réalisé que si je ne voulais pas me retrouver dépassée dès lundi, il fallait que je commence à travailler dès aujourd’hui.
Me voilà donc devant mon écran, avec une pile de dossiers à prendre en main.
Ennuyée?
Même pas…
Et pour me mettre de bonne humeur pendant que la maisonnée dort encore, je réécoute cette chanson de Georges Moustaki qui, décidément, avait tout compris!

vignet10

Il fait partie de ceux dont je connais la plupart des chansons pratiquement par coeur, pour les avoir chantées durant des années.
Je le trouvais exceptionnellement beau,j’aimais la douceur qui émanait de lui, sa poésie.
Même sa lenteur traduisait pour moi une autre façon de vivre, en prenant son temps…
J’aimais ses chansons.
Les plus connues, bien sûr, mais aussi les perles que l’on entendait peu et que je réécoute toujours aujourd’hui, comme « Voyage » ou « La Carte du Tendre ».
Je ne vais pas lui rendre hommage par des mots que chacun a entendus cent fois depuis hier.
Mais pour saluer le départ de ce beau troubadour, je voudrais rappeler la chanson qu’il a écrite pour l’autre Georges…
Ce merveilleux Brassens  dont il était l’ami.
J’ai de la peine qu’ils soient partis, oui.
Mais plutôt que d’être triste, je préfère me dire que nous avons eu de la chance d’avoir pu profiter de la fibre artistique et des qualités de ces êtres qui embellissent leur époque,

Martine Bernier

Les amis de Georges

Les amis de Georges 

Les amis de Georges étaient un peu anars
Ils marchaient au gros rouge et grattaient leurs guitares
Ils semblaient tous issus de la même famille
Timides et paillards et tendres avec les filles
Ils avaient vu la guerre ou étaient nés après
Et s’étaient retrouvés à Saint-Germain-des-Prés
Et s’il leur arrivait parfois de travailler
Personne n’aurait perdu sa vie pour la gagner

Les amis de Georges avaient les cheveux longs
A l’époque ce n’était pas encore de saison
Ils connaissaient Verlaine, Hugo, François Villon
Avant qu’on les enferme dans des microsillons
Ils juraient, ils sacraient, insultaient les bourgeois
Mais savaient offrir des fleurs aux filles de joie
Quitte à les braconner dans les jardins publics
En jouant à cache-cache avec l’ombre des flics

Les amis de Georges, on les reconnaissait
A leur manière de n’être pas trop pressés
De rentrer dans le rang pour devenir quelqu’un
Ils traversaient la vie comme des arlequins
Certains le sont restés, d’autres ont disparu
Certains ont même la Légion d’honneur – qui l’eût cru?
Mais la plupart d’entre eux n’ont pas bougé d’un poil
Ils se baladent encore la tête dans les étoiles

Les amis de Georges n’ont pas beaucoup vieilli
A les voir on dirait qu’ils auraient rajeuni
Le cheveu est plus long, la guitare toujours là
C’est toujours l’ami Georges qui donne le la
Mais tout comme lui ils ne savent toujours pas
Rejoindre le troupeau ou bien marcher au pas
Dans les rues de Paris, sur les routes de province
Ils mendient quelquefois avec des airs de prince
En chantant des chansons du dénommé Brassens

Georges Moustaki