Archives mensuelles : juin 2010

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Il devient difficile de trouver ce livre de Jean-Pierre Coffe dans son édition originale: « Au bonheur des fruits ».
Mais si vous aimez les marmites où mijotent des confitures odorantes, si vous craquez pour les gelées, les compotes, les fruits rôtis ou en beignets, aux épices ou confits, les entremets tartes et autres pâtisseries aux fruits, remuez ciel, terre et Amazon pour trouver ce délicieux pavé de plus de 500 pages où les mots gourmands et joyeux font office d’illustrations.
Ou son équivalent en Livre de Poche, puisqu’il a également été édité sous cette forme.

Vous y trouverez bien plus que les 300 recettes concoctées avec Christian Ignace, qui fut le collaborateur du grand cuisinier Raymond Olivier.
Vous découvrirez des anecdotes, des informations ludiques et passionnantes, et cette façon qu’a Jean-Pierre Coffe de rendre un met appétissant uniquement en en parlant.
C’est un régal de lecture qui pourrait se transformer en régal gustatif…

Martine Bernier

« Au bonheur des fruits », Jean-Pierre Coffe,
Ed. Balland (1996)

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Spectaculaire et extravagante, l’ancienne demeure de l’écrivain Alexandre Dumas Père mérite le détour. Visite dans l’univers du génial créateur.

Dans les Yvelines, à Port-Marly, à une cinquantaine de kilomètres de Paris, se trouve l’un des châteaux les plus insolites qui soient, tout entier construit selon la démesure et à la gloire de son premier propriétaire: Alexandre Dumas Père.
Dumas était un personnage généreux, très expansif . Il l’a fait construire pour pouvoir recevoir les très nombreuses personnes qui venaient le voir. Et son univers était assez extravagant pour attirer du monde…
C’est en 1844, alors qu’il vient de faire fortune avec son livre « Les Trois Mousquetaires », que l’écrivain acquiert la propriété de trois hectares. A l’époque moins boisée, on peut y voir la Seine en contrebas. Il décide l’an suivant d’y faire construire un château de style Renaissance qu’il baptise aussitôt « le Château de Monte-Cristo ». Celui-ci est inauguré en 1847… et revendu un an plus tard, tandis que son propriétaire est ruiné.
Aujourd’hui, la demeure est nichée au bas d’un parc où ont été reconstituées les petites grottes et les cascades voulues par l’auteur. On y accède par un théâtre de verdure, où rocailles et bassins voisinent avec le jardin d’Haydée, petit labyrinthe de verdure.
En arrivant devant le château, le premier choc provient des façades. Entièrement sculptées, elles sont couvertes de motifs floraux, d’anges, d’instruments de musiques, et de portraits en médaillons de grands écrivains. Y figure également la devise de Dumas: « J’aime qui m’aime »… et un portrait de lui, à la place d’honneur, juste au-dessus de l’entrée. C’était un homme assez mégalomane. Il a d’ailleurs été très caricaturé, comme en témoigne la collection de dessins d’époque que nous avons réunie.

Lorsque trop d’invités fréquentaient sa somptueuse maison, Dumas partait se réfugier dans son cabinet de travail pour y écrire. Celui-ci, bâti un peu plus haut, dans le jardin, est aussi étonnant que le logis principal. Petit pavillon néogothique répondant au nom de « Château d’If », il est entouré de douves et se veut une réduction du paradis terrestre. D’autres styles architecturaux s’y confondent. On y retrouve ainsi des accointances avec les chalets suisses et les maisons normandes…
Ici encore, des bas-reliefs ornent les façades, évoquant des personnages et 88 titres de romans de Dumas. À l’entrée, un chien de pierre endormi dans sa niche semblent toujours veiller sur la tranquillité de son maître. Car Dumas adorait les animaux. Il en possédait beaucoup. Parmi eux, il y avait des chiens, des chats, une grande volière, des singes et un vautour, « Jugurtha », aussitôt rebaptisé « Diogène » parce qu’il vivait dans un tonneau! Il a pendu la crémaillère en 1847. Il avait invité cinquante personnes… et six cents sont venues.

CHAMBRE ORIENTALE

Si vous visitez le Château de Monte-Cristo, n’espérez pas y retrouver intact le décor d’origine. Le cabinet de travail comme le château ont été vidés de leurs meubles luxueux et de leurs œuvres d’art au fil du temps et des changements de propriétaires. Mais la perle du château, elle, est toujours là. Celle-ci se trouve à l’étage où Dumas a fait construire « le salon mauresque ».
À l’époque, il a fait venir en France deux artisans tunisiens, un père et son fils, attachés au Bey de Tunis.. Il leur a demandé de réaliser cette chambre qui est un véritable chef-d’oeuvre. Elle a été restaurée en 1985, grâce au roi Hassan II du Maroc.
La pièce, raffinée et parfaitement insolite, semble sortie d’un conte des Mille et une Nuits. Les murs sont en dentelle finement sculptées d’arabesques et de motifs floraux, misent en valeur par la lumière colorée des vitraux.
Partout dans le château aujourd’hui transformé en musée, des expositions retracent la vie de Dumas, son caractère et son œuvre. Homme à femmes, il a eu deux enfants. Un fils, Alexandre Dumas fils, auteur de « La Dame aux Camélias », et une fille, Marie.

En 1969, l’impensable se produit. Le château, terni et abîmé par le manque d’entretien, est promis à la démolition. Aussitôt se crée, en 1971, l’Association des Amis d’Alexandre Dumas, sur l’impulsion de l’historien Alain Decaux. C’est grâce à eux que l’opinion publique sera alertée et que la propriété sera sauvée. Aujourd’hui classé monument historique et racheté par un Syndicat intercommunal composé de quatre communes, le château de Monte Cristo ne craint plus l’avenir. Il a d’ailleurs bénéficié de travaux de restauration d’envergure, menés avec respect et précaution.

SEJOUR POST-MORTEM

Si Dumas n’a vécu que peu de temps dans sa demeure, il y est revenu bien après sa mort. Le 30 novembre 2002, les cendres de l’écrivain doivent entrer au Panthéon. Exhumé du cimetière de Villers Cotterêts, sa ville natale, dans lequel il repose depuis 1872, Alexandre Dumas est remis en bière et part pour un ultime voyage. Le 29 novembre, il revient dans son château, pour y passer les dernières heures précédant son entrée au Panthéon. Reçu par les autorités locales, il est veillé tandis que sa vie et son œuvre revivent à travers la lecture de ses textes, lus par des artistes. Le lendemain, c’est entouré des quatre mousquetaires qu’il quittera sa maison, passant devant une haie d’honneur formée de gardes républicains. Définitivement cette fois.

Martine Bernier

Monte-Cristo pratique

Horaires d’ouverture: Du 1er avril au 1er novembre inclus: ouvert tous les jours sauf le lundi, de 10 à 12h30 et de 14 à 18 heures.
Du 2 novembre au 31 mars: ouvert uniquement le dimanche, de 14 à 17 heures.
Renseignements: 0041 1 39 16 49 49

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On dit de l’huile d’Argan que c’est de l’or en flacon.
Cette huile précieuse provient de l’arganier (Argania Spinoza), arbre épineux dont l’existence remonterait à plusieurs millions d’années, qui ne pousse que dans le sud ouest marocain.
Cet « olivier du Maroc » donne un fruit dont la pulpe est retirée. Ne reste que la noix qui est concassée en évitant d’écraser l’amandon qu’elle renferme. C’est de ces amandons qu’est tirée l’huile que les femmes Berbères utilisent depuis des siècles dans l’alimentation, les soins corporels et capillaires.
Ses vertus sont telles que l’industrie médicale, alimentaire et cosmétique s’en est emparé pour la rendre accessible dans le monde entier.

Mais qu’a donc de particulier ce nectar d’Argan?
Avec sa couleur de sable du désert et son goût de noisette, elle rehausse la saveur des plats, en cuisine.
Les recherches médicales estiment notamment qu’elle stabilise le cholestérol, réduit l’hypertension, stimule des capacités cérébrales, est une excellente source de vitamine E et en Oméga 3, et serait même un coupe-faim si elle est consommée en repas du matin. La pharmacopée marocaine l’utilise depuis longtemps également comme anti-rides.

Dans le domaine cosmétique, elle est très utilisée contre le dessèchement de la peau, des ongles et des cheveux, contre les irritations cutanées, l’acné, l’eczéma, le psoriasis et les gerçures, les coups de soleil. Elle active également la cicatrisation des blessures et des boutons.

Après l’avoir testée, elle est en effet remarquable d’efficacité pour réhydrater la peau ou les lèvres gercées.
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, elle ne laisse pas la peau très grasse.

Cette huile se trouve dans les bons magasins bio, dans certaines drogueries et pharmacie.

Martine Bernier