Voyage

La Grange de la Dîme

L’Abbatiale de Romainmôtier

 

 

 

J’ai une tendresse particulière pour Romainmôtier, ce village vaudois, joyeux d’architecture, dont l’abbatiale est, à mes yeux, l’un des plus beaux sites de Suisse romande.
Hier, j’ai eu la chance de m’y rendre en reportage, à la rencontre d’un homme passionnant dont je diffuserai le portrait après qu’il soit passé dans « Terre et Nature », l’hebdomadaire pour lequel il était destiné.
Au cours de la rencontre, ce monsieur nous a fait un cadeau.
Il nous a entraînés dans la Grange de la Dîme, un magnifique bâtiment datant de 1707, qui est intégré à l’enceinte de l’abbatiale.
Il avait envie de nous faire partager les merveilles des lieux…
Nous sommes tout d’abord monté tout en haut, sous les combles, où une salle accueille un chef-d’oeuvre: un orgue monumental.
Cet orgue de la famille Alain a une histoire émouvante.

Jehan Alain

Jehan Alain était compositeur et organiste.
Né en 1911, il est mort en 1940 durant la guerre.
« Mort pour la France », à 29 ans, près de Saumur, où il s’est comporté en héros.
Ce jeune homme au visage doux et au regard un peu rêveur a eu le temps, durant sa courte vie, de composer des pièces d’orgues dont certaines, comme « Les Litanies », sont restées célèbres.
Sa musique est beaucoup aimée et toujours jouée par les organistes à travers les monde.
Sa soeur et ses proches décrivaient Jehan, musicien accompli, comme un jeune homme joyeux, amuseur, qui aimait faire rire son entourage.
Il dessinait, écrivait des poèmes, était très sportif  possédait un esprit fin.
Un homme brillant, partit stupidement et beaucoup trop tôt.
Sous les combles de la Grange, se trouve donc l’orgue  semble-t-il construit par son père, Albert Alain.
Il est toujours utilisé aujourd’hui pour des concerts, et enrichit la collection Alain conservée à Romainmôtier par l’Association Jehan Alain, dont le travail mérite d’être souligné.

Autre étage, autre surprise, et pas des moindres.
Une autre salle immense accueille l’Espace Pierre Aubert, artiste de la région, qui a laissé une splendide collection de gravures sur bois exposée dans cette pièce lumineuse.
Face à elles, est exposé le travail d’un autre artiste installé dans la région depuis plus de trente ans: Julian Willis.
J’avais été touchée par une magnifique affiche qu’il avait signée.

Nous étions en plein entretien avec mon interlocuteur du jour lorsque l’artiste est passé et nous a été présenté.

 


Nous nous sommes rendus à la Grange de la Dîme avec lui, et c’est donc en sa compagnie que nous avons découvert l’exposition qui lui est consacrée.
C’était un privilège…
Un bel aperçu de son talent se trouve ici, avec des affiches, des dessins, mais aussi une très belle série d’acryliques consacrées aux pierres et aux blocs erratiques de la région.
Il y règne une atmosphère que ne renierait pas Tolkien…

La source, de Julian Willis

Une série de lithographies a été réalisées d’après ces originaux qui méritent vraiment d’être découverts.
Cet artiste illustrateur a le don de créer des ambiances, de donner vie à une forêt, à un mur de pierres sèches…

La visite terminée, nous sommes repartis pour poursuivre mon entretien au cours duquel m’a été bien d’autres surprises.
Mais cela… c’est une autre histoire…

Martine Bernier

 

 

Association Jehan Alain

Fondation Pierre Aubert

Julian Willis

 

Hôtel de ville de Rossinière

Il existe en Suisse romande une région qui me touche particulièrement: le Pays-d’Enhaut.
Elle regroupe les communes de Château-d’Oex, Rougement et… Rossinière.
C’est dans ce dernier village que je me trouvais hier, et plus précisément à l’Hôtel de Ville.
Cet hôtel restaurant a été construit en 1645 et, depuis, a toujours proposé le gîte et le couvert aux voyageurs de passage.

Rossinière

Au fil des siècles, il a été plusieurs fois rénové, de manière plus ou moins heureuse.
Jusqu’en 2009 où, grâce à un héritage reçu par la Commune, propriétaire de l’établissement, celle-ci a pu redonner à l’endroit son lustre d’antan.
Entièrement construit en bois, l’Hôtel de Ville se trouve au coeur du village.
En arrivant, on ne voit que lui: superbe, clair, très fleuri, surmonté d’un petit clocher.

J’ai eu la surprise de  retrouver, aux commandes des lieux avec son époux, une personne que j’avais déjà rencontrée par le passé: Cosette Haemerli.
Ce qui ne devait être qu’un travail s’est une fois encore transformé en un moment passionnant.
Cette femme née au Pays-d’Enhaut, est très attachée à sa région, et consacre une bonne partie de son existence à la soutenir et promouvoir les produits locaux.
C’est ainsi que, parmi les mets que l’on retrouve à la carte du restaurant, le délicieux  fromage de l’Etivaz, premier fromage suisse à avoir obtenu une AOC (Appellation d’Origine Contrôlée) est en bonne place.

On ne peut parler de l’Hôtel de Ville sans inclure ce qui l’entoure.
Les amoureux du Pays-d’Enhaut s’y rendent pour cette douceur de vivre qui y règne, cette authenticité qui est l’une de ses cartes maîtresses.
Pour sa nature très préservée, également.
A Rossinière, le village tout entier est une merveille architecturale.
Les chalets, le temple, la chapelle, l’Hôtel de Ville, l’ancienne cure: tout est resté beau, aucune verrue architecturale ne vient troubler la paix de l’endroit.
Cerise sur le gâteau, c’est sur le territoire de la commune que se trouve le très célèbre Grand Chalet, qui fut la dernière demeure du peintre Balhus, et qui est toujours occupé aujourd’hui par son épouse.
L’endroit est privé, mais il est visible, avec son toit hors du commun, ses inscriptions anciennes sur la façade, et son nombre impressionnant de fenêtre.
Lui qui a la réputation d’être le plus grand chalet en bois de Suisse, est un bâtiment d’une beauté parfaite, fondu dans un décor alpestre.

Cosette Haemerli parle de sa région, de l’offre touristique subtile et des atouts du Pays-d’Enhaut avec une intelligence que j’ai plusieurs fois retrouvée chez mes interlocuteurs de là-haut.
Ils ne « vendent » pas leur région.
Ils en parlent avec amour, ne  créent pas d’infrastructures touristiques défigurantes, évitent le tourisme de masse événementiel,  préférant faire partager un art de vivre paisible.

Le Grand Chalet de Balthus

Je garde des souvenirs enchantés des expositions estivales de la vieille maison de l’Etambeau, où une femme épatante, Françoise Ostermann, proposait de découvrir l’intimité d’un personnage d’autrefois, ou  une tradition locale.
J’ai passé des heures sublimes à voler en montgolfière au-dessus de Château-d’Oex, puis, plus tard, au-dessus des châteaux de la Loire, grâce aux pilotes rencontrés à Château-d’Oex.
J’aime profondément l’art tout en finesse des découpages, toujours pratiqué là haut, et présenté au Musée du Vieux Pays-d’Enhaut, à Château-d’Oex.
J’ai vécu des moments plus que conviviaux chez les agriculteurs éleveurs de brebis ou de vaches, confectionnant des fromages qui sont de véritables délices.
J’ai adoré écouter les découpeuses me parler de leur amour pour leur art, découvrir un excellent luthier fou de son métier à l’occasion du « Bois qui chante », festival de musique classique.
Certaines expositions organisées  pour parler de la région m’ont captivée…

A chaque fois que nous passons le Col des Mosses et que nous nous rendons dans cette vallée, j’ai le même sentiment.
L’impression d’entrer dans un autre univers, loin des fureurs  du monde.
Un lieu authentique, même si ces villages vivent bien dans notre époque et n’ont rien de rétrograde.

Martine Bernier

Hôtel de Ville de Rossinière: www.hotel-rossiniere.ch

 

Autant vous l’avouer tout de suite: je ne suis pas encore allée dans le lieu dont je vais vous parler, mais je connais depuis très longtemps Karina, qui s’en occupe avec son compagnon.
Je connais son professionnalisme, son caractère chaleureux et accueillant, son exigence dans le travail…
Ce qui me  permet d’affirmer sans crainte que ces chambres d’hôtes nichées dans un coin idyllique de l’Espagne, vous pouvez y aller les yeux fermés.

L’endroit en question se situe à Sant Dalmai, en Espagne, non loin de Gérone et de Barcelone.

Des chambres confortables et des repas typiques: cette halte peut être l’occasion d’aller visiter les merveilles de la Catalogne: Gérone, Barcelone, mais aussi Figueras, les parcs naturels, les villes médiévales…

Pour  ma part, c’est décidé, nous allons y aller dès que nos emplois du temps nous le permettrons!

Martine Bernier

Karina Devriendt et Pedro Padros
Països Catalans, 4
17 183 Sant Dalmaï
E-mail: belicat@terra.es
Tél: 0034 972 473 591

Site: http://bbtandem.com/