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Archives quotidiennes : 23 janvier 2009

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Il y a un lieu qui compte beaucoup  pour moi, depuis toujours: La Pointe du Raz…

Un jour, lorsque j’étais enfant et que nous étions en Bretagne, ma mère m’a dit: « Les racines de la famille sont ici. »

La première fois que je suis allée dans ce lieu sauvage où les vagues sont violentes, mon père vivait encore.
J’avais six ou sept ans, je crois.
Il m’a emmenée tout au bout, jusqu’au dernier rocher de la pointe, là où l’on dit que le Diable a sa porte.
Un vieux guide nous accompagnait.
C’était glissant et impressionnant.
Les vagues se fracassaient sur les rochers dans un bruit d’enfer qui me grisait déjà.
Il m’a tendu la main. J’ai préféré celle de mon père.
Je pressentais peut-être que je ne pourrais plus m’y accrocher encore bien longtemps.
J’ai signé ce jour-là un pacte d’amour avec ce lieu magique.
La Pointe du Raz, c’est le bout du monde, le bout de la terre.
L’endroit où tous les regards se dirigent vers le large, vers la ligne d’horizon.
Comme si nous recherchions inconsciemment un rivage qui n’existe pas…

La Pointe, c’est le lieu où les pêcheurs parmi les plus courageux du monde, vont pêcher le bar de ligne sur leurs petits bateaux, près des falaises.
C’est l’un des secteurs les plus exposés de la Bretagne.

La Pointe…
Beaucoup plus tard, j’y suis retournée, plusieurs fois.
Très tôt le matin pour fuir les touristes.
Toujours la même ivresse…
A chaque fois, je m’installe sur un rocher et je peux regarder la mer pendant des heures…
Les goélands viennent se poser près de moi en m’ignorant superbement.
Et je respire… cet air unique qui tonifie plus qu’aucun autre.

La mer est bleue, les vagues toujours aussi violentes contre les rochers, les oiseaux toujours aussi présents.

Quand le monde me pèse, je me branche sur ce site.

J’écoute la mer, les oiseaux, je regarde les images.
Les souvenirs qui chantent.

http://www.bretagnepanoramique.com/lieu.php?num=1
http://www.lapointeduraz.com/

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A cinquante kilomètres de Paris, à St-Arnoult-en-Yvelines, existe un lieu serein, hors du temps: le Moulin de Villeneuve, de Louis Aragon et d’Elsa Triolet. Leur histoire s’y déroule sous nos yeux, comme s’ils venaient de quitter ces lieux où ils ont été heureux.

De la fenêtre de son bureau, Elsa Triolet pouvait voir l’endroit où elle souhaitait être enterrée avec son mari, Louis Aragon, après leur mort, entre deux hêtres. Aujourd’hui, les hêtres ont disparu. Mais le couple repose dans le parc de son Moulin de Villeneuve, sur un tertre, dans une atmosphère harmonieuse où résonne, en continu, la Sarabande de Bach, interprétée par Rostropovitch, ami d’Elsa. Cette même Sarabande qu’il a réellement jouée sur sa tombe, un soir de décembre 1970.

Une cascade dans le salon

Les lieux se visitent, sans nostalgie ni tristesse. Dans la demeure des deux écrivains, ancien moulin à eau du XVIIIe siècle, rien n’a bougé. La cravate mauve du poète est toujours négligemment accrochée là où il l’a posée, sur une bibliothèque. Les objets, les livres qui les ont accompagnés reflètent la richesse de leur vie, la douceur de leur amour. Guidés par des passionnés du lieu, on y découvre les traces de leurs amis (Picasso, Eluard, Neruda, Breton…). L’un de ces guides, François Friquet, assistant de promotion du Moulin, connaît tout de l’histoire du couple. Il enrichit la visite d’anecdotes croustillantes, très révélatrice de l’humour du couple. En ouvrant une armoire, il annonce: »Vous allez voir ici ce qu’Aragon appelait les “somnifères d’Elsa”… il s’agit en fait de la collection complète des romans de la Série Noire ».
Dans la maison résonne un fond sonore permanent: la cascade des eaux du moulin passe toujours derrière la vitre de l’œil-de-bœuf, dans le grand salon. Ne manque que la présence des maîtres de maison, que l’on s’attend à voir surgir à chaque instant.
Une présence que François Friquet ranime en expliquant: « Dans ce salon se déroulait le « petit opéra d’Aragon ». Il ne pouvait s’empêcher, lorsqu’il avait des amis, de se lever, et de raconter ce qu’il pensait sur tous les sujets possibles. Au bout d’un moment, plus personne ne l’écoutait. Alors, il se levait, ouvrait les vannes et revenait en ayant l’attention de chacun!».

Six hectares de rêve

Ce lieu profondément romantique, n’est pas un lieu “mort”. Après sa disparition, qui a suivi de 12 ans celle de sa compagne, Aragon a légué l’endroit à l’Etat français. Avec, comme unique condition, qu’il devienne un lieu vivant. Après sa mort, une association a donc été créée, et le Moulin est aujourd’hui non seulement un musée, mais aussi un lieu de création et de recherche, ou l’Art est représenté à travers une saison culturelle proposant des expositions et des concerts.
La magie qui règne dans la maison se retrouve dans le parc de près de six hectares. Le moulin se trouve en bordure du Parc Naturel Régional de la Haute Vallée de Chevreuse. A son image, le jardin permet une promenade à travers les prairies et les bois. Le moulin de Villeneuve est resté en activité jusqu’en 1900. Cinquante et un ans plus tard, Aragon l’a offert à Elsa. Tout d’eux venaient s’y réfugier lorsqu’ils avaient besoin de solitude. Ce parc qui les a inspirés dans leurs écrits, offre un paysage de sous-bois, de clairières et de prairies humides.

Des artistes au jardin

Pendant qu’Elsa dessinait des plans, donnait des noms aux allées, choisissait et plantait fleurs et arbustes, Aragon tentait de venir peu à peu à bout d’une nature expansive. De récents travaux, en harmonie avec l’esprit des lieux, permettent de varier les promenades, grâce à l’aménagement d’un sentier et de passerelles sur les cours d’eau. Les hôtes des lieux accèdent ainsi à l’ensemble du bois central et au « jardin d’Elsa « , découvrant au passage de nouvelles plantations de rhododendrons, de camélias ou d’hellébores. Durant l’été le parc accueille une exposition de sculptures contemporaines monumentales. Chacun se voit proposer des lectures au fil de promenades, des découvertes du parc en compagnie d’un forestier, d’un paysagiste, ou d’un artiste, des ateliers de peinture.

En sortant de la propriété, les visiteurs ont le sentiment que la visite qu’ils viennent de faire, ils ne l’oublieront pas. C’est dans les allées qu’ils viennent de parcourir que, le 16 juin 1970, le coeur d’Elsa s’est arrêté. Mais depuis leur grand lit de pierre, Louis et Elsa insufflent toujours une sorte de paix bienfaisante aux passants qui viennent les saluer…

Martine Bernier

EN SAVOIR PLUS
Moulin de Villeneuve, 78730 Saint-Arnoult-en-Yvelines.
Tél. 0033 1 30 41 20 15.
Site: www.maison-triolet-aragon.com
Email: triolet-aragon@wanadoo.fr
Tarif normal: 7 euros. Enfants de moins de 15 ans: gratuit.
Horaire: ouverture les samedis, dimanches et jours fériés de 14 à 18h00. Par et expositions ouverts tous les jours de 14 à 18h00. Fermeture annuelle du 26/11/07 au 2/2/08.

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Jean-Pierre Coffe est connu pour ses colères, ses indignations devant certaines inepties, alimentaires ou autres, du monde moderne. Ecrivain, il a signé une trentaine d’ouvrage, touche à la radio, au théâtre, est chroniqueur dans l’émission de Michel Drucker « Vivement Dimanche ».
Le public sait moins que, derrière le personnage public, se cache un homme de coeur, d’une élégance rare, pour lequel l’entraide n’est pas un mot inconnu.

– Vous avez une relation très particulière avec la Suisse..
Mes premiers souvenirs me viennent de ce pays. Je suis né en 1938, à Lunéville. Mon père a été tué pendant la guerre. Ma petite enfance a donc été difficile. Après la guerre, la Croix-Rouge a invité des orphelins en Suisse. J’ai été accueilli dans le Jura, chez la famille Fleury. C’était dans une ferme, dans laquelle il y avait des vaches, des porcs, des chevaux, des lapins… Je m’y sentais tellement bien que, de retour chez moi, je me suis fait passer pour malade pour y retourner. Finalement, je suis resté presque deux ans chez eux. C’est là que j’ai développé mon goût pour les aliments simples, mais de qualité.
Aujourd’hui, j’ai un cep de vigne à mon nom à Denens, en Suisse, ce village qui a un festival d’épouvantails. Et chaque année, les gens qui s’en occupent m’envoient une bouteille du vin qu’ils en ont tiré. Ce qui me touche beaucoup…

– Au début des années 1970, vous avez créé une association: « Les Grands-Mères au pair ». De quoi s’agissait-il?
J’ai toujours aimé les gens, et j’avais envie d’accomplir une belle action. Le but de cette association était de placer des personnes âgées dans des familles pour les vacances, de leur permettre de changer d’air, de voir du pays. Plus de 5000 personnes ont pu en profiter. J’étais soutenu financièrement par le Ministère des Affaires Sociales. Puis nous avons changé de ministre, et le budget n’a pas été renouvelé.

– Fin de l’expérience?
Ce sont pas des gens riches qui accueillaient les grands-mamans. Il fallait bien payer les billets pour leur permettre de voyager… Pendant quelque temps, j’ai financé l’association de mes propres deniers, puis j’ai fait faillite et j’ai dû arrêter. Mais ça a été une très belle expérience.

– Le goût des autres, en revanche, ne vous a pas quitté…
C’est vrai. Je ne vis pas à la campagne par hasard. Je rencontre des gens sur les marchés. Ce n’est pas signer des autographes qui m’amuse. En général, j’apprends toujours quelque chose, je découvre beaucoup avec les personnes que je rencontre. Elles me parlent de sujets que je ne connaissais pas et cela me plaît beaucoup.

– Dans votre émission de radio « Ca se bouffe pas, ça se mange », vous avez pris souvent position. Parfois même sur des sujets où vous n’étiez pas attendu. Je pense notamment à la nourriture dans les prisons.
Oui. En 2007, nous avons reçu une lettre d’un auditeur qui purgeait une peine de prison, et qui a attiré notre attention sur l’alimentation en milieu carcéral. Je me suis rendu sur place et j’ai consacré une émission au sujet. Pour améliorer leur ordinaire, les détenus peuvent « cantiner », c’est-à-dire acheter de la nourriture. Mais on leur propose tellement de sucreries que beaucoup d’entre eux, y compris chez les femmes, sont obèses. Cela méritait d’en parler.

– Vous menez plusieurs combats depuis des années, notamment sur les conséquences de l’agriculture intensive, les prix trop élevés de l’industrie alimentaire, et de nombreux autres sujets d’utilité publique. Avez-vous le sentiment que les choses évoluent dans le bon sens?
Si je vous dis non, je vais paraître trop modeste. Mais dire oui serait prétentieux. Ce qui me dérange, c’est le fait que je sois très seul à mener ce combat. Je serais en Suisse, je serais acoquiné à un journal de consommateurs car ils ont le mérite d’être indépendants. Les Suisses ont une conscience citoyenne, civique, de l’importance de l’alimentation. En France, j’ai l’impression que cela ne préoccupe pas grand monde. La vache folle a révélé que l’on peut mourir en mangeant. Il y a encore tellement à faire…
Le Projet Nutrition Santé (PNS) s’attarde sur le fait que environ 22% de la population française est obèse, ce qui va poser un véritable problème économique. Qu’il faut prendre en mains sérieusement.

www. jeanpierrecoffe.com

NB: Il faut remettre cet article dans son contexte. Si Jean-Pierre Coffe y parle autant de la Suisse, c’est parce que ce texte était destiné à un journal helvétique.