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Archives mensuelles : février 2009

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Que nous le voulions ou non, le travail des « street artists » fait partie de l’art contemporain.
Pour exercer leurs talents, ils ont utilisé jusqu’ici de la peinture, du papier ou de la fourrure.

Cette fois, ils innovent en garnissant les murs des villes de mousse végétale et de gazon.

Le graffiti se donne une double vocation, esthétique et contestataire.
Ces oeuvres vertes sont donc très symboliques au coeur des cités…
Certains artiste appliquent les mottes de mousse directement sur les murs, d’autres tentent de préparer une mixture à sprayer…
Mais l’objectif est commun: tenter de cacher le béton, omniprésent dans nos paysages urbains en proposant de mini jardins insolites.
Là où les passants pestaient devant les graffitis ratés, la plupart apprécient ces oeuvres douces au touché et au regard, apportant une bouffée de fraîcheur bienvenue, comme une fleur poussant entre les pierres.

Cette tendance « moss graffiti » fait son apparition en Europe et en Amérique du Nord.
Et, bien sûr, apporte des oeuvres éphémères qui disparaissent sans laisser de traces, avec le temps.
Un peu comme ces tableaux magnifiques dessinés sur le sol à la craie, et effacés à la première pluie… ou les mandalas tibétains construits durant des heures avec du sable et soufflés en quelques secondes une fois terminés…

L’art qui pousse dans la rue me séduit autant que lorsqu’il rayonne dans les musées.
La créativité, le regard particulier et le travail de ces artistes me fascinent.
Ils introduisent la beauté là où d’autres ne pensent qu’à abîmer.
Des semeurs de rêve, en quelque sorte…

M.B.

http://www.mosstika.com/

Depuis que je suis haute comme trois pommes, je voue une méfiance sans borne aux coiffeurs.
Allez savoir pourquoi…
Dès mon plus jeune âge, j’ai estimé que le mieux, pour moi, était d’éviter les gens armés. De ciseaux, surtout. Et de laisser pousser mes cheveux.
Ce qui, au passage, cache un peu les détails qui me contrarient.
Lorsque ma mère tentait de m’entraîner chez les maniaques du ciseau, alors que j’avais à peine 4 ou 5 ans, j’exprimais déjà copieusement ma désapprobation.
Plus tard, dans mon école catholique où se côtoyaient environ 700 demoiselles, les cheveux courts, les nattes et les couettes étaient de rigueur.
Tout le monde se pliait à la règle, sauf moi.
Pas question de nouer ma crinière.
Cela m’a valu des heures et des heures de colle, que j’occupais agréablement en recopiant des textes de philo.
Un régal là où mes professeurs voyaient une punition sévère destinée à mater cette chevelue récalcitrante…

Durant une bonne dizaine d’années, dès mon arrivée en Suisse, j’ai laissé flotter mes cheveux au gré de leur envie.
Et ils étaient longs. Très longs, même.
J’avais très exactement la même coiffure que ma chienne Bearded Collie, ce qui nous convenait parfaitement à toutes les deux.images24.jpeg

Lorsque je me suis remariée, en 1994, sous la pression de mon entourage féminin j’ai estimé que je devais faire un effort.
J’avais eu quelques soucis de santé qui avaient mis mes cheveux à mal.
Il fallait agir, mais délicatement!
Je me suis donc rendue courageusement mais la mort dans l’âme chez un coiffeur local portant le  prénom prometteur d’Alexandre, et je lui ai expliqué mon cas.
Je lui ai dit que je serais très mal s’il devait couper, et que je n’autorisais qu’une « égalisation » de deux centimètres.
Ce voyou a opiné du bonnet, a empoigné ses ciseaux et… j’ai vu tomber autour de moi des mèches d’au moins trente centimètres.
Choquée, déprimée, j’ai risqué un regard au miroir…
Et j’ai ressemblé à un croisement entre un caniche et un poireau pendant des mois.

Dès que j’ai atteint l’âge de 35 ans, certaines de mes amies m’ont dit:  « Bon, maintenant, tu dois les couper. Ce n’est plus la mode. A nos âges, on ne porte plus les cheveux longs. »

Ah bon?! Moi si.
Quant à la mode, je m’en soucie comme d’une guigne!
Ma tête, c’est moi qui l’assume, et ce n’est pas toujours facile, vu la lourde hérédité qui est la mienne, notamment au niveau de la charpente nasale, héritage de famille exclusivement féminin dont je me serais bien passée!

Plus question pour moi de remettre les pieds dans un salon: il fallait d’abord me remettre moralement de l’agression commise par le fameux Alexandre!
Plusieurs années après, j’ai repris un peu confiance en compagnie de Hadi, un adorable coiffeur iranien, qui respectait mon désir de laisser ma chevelure en paix.
L’âge aidant, il fallait cependant couvrir les fils blancs de plus en plus nombreux et qui, chez moi ont commencé à poindre dès que j’ai eu 22 ans.

Hadi a bien tenté de me convertir à la couleur « fashion ».
Il a essayé des nuances, des éclaircissements…
Mais peine perdue: je suis née avec les cheveux sombres, et je me sens mal en dehors de ma couleur d’origine.

Voici peu, il m’a fallu prendre un rendez-vous chez un coiffeur de ma région, histoire de me gommer dix ans à grands renforts de teinture.
Par manque de temps, je ne pouvais plus me rendre chez mon sauveteur habituel.
Je suis donc entrée dans un salon inconnu.
En me voyant arriver, la dame préposée à l’accueil a quitté sa cliente pour s’approcher de moi.
Je lui ai expliqué ce que je voulais (un nuage de noir dans la blancheur naissante, c’est pourtant simple!) et ai demandé un rendez-vous.
Mais la malédiction semble continuer à s’acharner sur moi.
D’un air gourmand, elle m’a regardée en me disant: « Une teinture…. oui…. Et on coupe? »

Non, on ne coupe pas!
Pour quoi faire?
Pour me faire entrer dans le moule des femmes aux cheveux courts et me garantir des mois, voire des années de mal-être?
Je crains, hélas, que ce n’est pas demain que les coiffeurs et moi nous comprendrons…

La différence entre les hommes et nous sur ce sujet?
Elle tient en une phrase entendue 1000 fois dans l’antre du délit, et prononcée exclusivement par des hommes:
« Vous coupez court, et vous dégagez bien derrière les oreilles! »

Horreur!!!!!

Je dois me rendre samedi à mon terrifiant rendez-vous.
Mais j’ai bien évolué depuis l’époque d’Alexandre.
La première paire de ciseaux qui m’approchera à moins de cinq mètres risque de terminer sa vie dans le plus formidable vol plané de l’histoire de la coiffure.

Martine Bernier

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Impossible de garder pour moi cet épisode arrivé ce matin.

Je travaillais sur un article ardu lorsque le téléphone a sonné.
A l’autre bout du fil, un monsieur que je ne connaissais pas, très excité de me dire: « j’ai un sujet d’article pour vous!!! « .
Un peu ennuyée d’être dérangée, je sonne le rassemblement de mes vieux restes de bonne éducation pour prendre un air intéressé et lui demander de quoi il s’agit.
Très enthousiaste, le monsieur me tient un discours un peu incohérent dans lequel il est question d’une émission qu’il vient de regarder à la télévision, de George, d’une tortue aux Galapagos apparemment stérile, et d’une dame de petite vertu engagée pour le stimuler sexuellement.
Dix minutes après, je raccroche, complètement perplexe, et je me ré-atèle à ce qui ne sera jamais un chef-d’oeuvre.

Seulement voilà… incorrigible, il a fallu que j’aille vérifier si le monsieur disait vrai ou s’était moqué de moi.
Et j’ai découvert ceci…

En 1971, sur l’île de Pinta, un chercheur d’escargots butte sur ce qui se révélera être la carapace d’une tortue géante dont on croyait la race éteinte.
Il venait de trouver George.
Ravis, les scientifiques décident alors de ramener le spécimen (la tortue, pas le chercheur d’escargots!) à la station de recherches Charles Darwin, à Puerto Ayora (Santa Cruz), avec un voeu pieux: faire en sorte que George se reproduise pour préserver la précieuse race.
Car, entre temps, ils ont retrouvé l’une de ses cousines, tests ADN à l’appui. Chic.
Seulement voilà… L’affriolante cousine, tout comme les autres créatures de rêve compatibles présentées au beau mâle ne lui ont pas fait plus d’effet qu’un mollusque.

Horreur et damnation! George n’est absolument pas attiré par la bagatelle!
Sa réputation en prend illico un sérieux coup, certains allant jusqu’à le suspecter d’être homosexuel.
Ce qui, avouons-le, est gênant lorsque pèse sur vos épaules la survie de votre race…

A partir de ce moment, la version de mon interlocuteur au téléphone et celle que j’ai trouvée de mon côté diffèrent.
La sienne: il aurait été fait appel à une spécialiste de la chose pour stimuler le vieux solitaire, dans le but de recueillir son sperme. Et cela aurait marché! Le monsieur me décrit une dame ayant le physique attrayant d’une jeune Brésilienne.

Autre version, trouvée sur le Net.
Le Musée Cantonal de zoologie de Lausanne explique ceci: « Une spécialiste allemande de la conservation des tortues a pu montrer aux responsables de la station de recherches en 1993 comment vérifier la santé sexuelle des tortues. Suite à cela, une jeune suissesse, étudiante à l’Université de Lausanne, Sveva Grigioni a passé plusieurs mois à stimuler Georges le solitaire. Malheureusement la fin de son visa mit un terme à cette démarche qui semblait montrer quelques résultats. Donc pour l’instant, soyons patient, Georges le solitaire a encore du temps et cette sous-espèce n’est pas encore rayée de la planète. » (2004)

La suite sauve l’honneur du digne mâle, mais pas encore sa race: au mois d’août 2008, alors âgé de plus de 90 ans, George a connu l’extase pour la première fois de sa longue vie.
Hé oui, comme quoi tout arrive: après près d’un siècle d’abstinence, il a eu un coup de coeur pour deux irrésistibles tortues qu’il a daigné honorer.
Sont nés de cette délicate union des oeufs dont 80% étaient malheureusement stériles.
L’histoire ne dit pas si les 20% restants ont donné un résultat.
Mais Lonesone George continue d’attirer les touristes et d’émouvoir les scientifiques.
Normal: fort de ses 90 kg, il est un véritable symbole.
Ultime survivant d’une variété décimée par la chasse, victime de la destruction de son habitat par les espèces introduites, George représente à lui tout seul la condamnation à mort de la biodiversité.

Martine Bernier