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Archives mensuelles : mars 2009

J’ai le goût des activités insolites.
C’est ainsi: elles m’amusent.

Dernièrement, deux d’entre elles ont attiré mon attention.

A Lincoln, en Angleterre, un couple amateur de pièces drôles s’est rendu au théâtre pour assister à une comédie qui se disait « tellement drôle qu’elle vous fera évacuer ». Et s’est fait mettre à la porte à cause de ses rires.
Comme prévu, Sharon Whitelaw et son compagnon Tony Priestley ont hurlé de rire.
A tel point qu’à l’entracte, ils ont été priés de quitter le théâtre Drill Hall, nous dit la brève qui circule sur Internet, et ce suite à plusieurs plaintes d’autres spectateurs excédés par leurs rires trop bruyants.
De deux choses l’une, soit le couple a voulu faire l’andouille et a parfaitement réussi, soit les producteurs de la pièce, qui disent dans leur slogan publicitaire que « vous rirez tellement que vous devrez quitter la salle », ont le goût du réalisme.

Plus malsain, à Boston (USA), la directrice d’une prestigieuse école secondaire a dû intervenir pour faire taire une rumeur faisant état de la présence de vampires sur le campus.
Elle a envoyé une notice aux élèves et à leurs parents indiquant que, non non, ce n’est pas vrai.
La rumeur a été à ce point envahissante que les cours en ont été perturbés et que la police a dû intervenir pour ramener le calme et la sérénité.
Il est clair qu’aborder sa leçon de math en étant assis dans la même classe que Dracula, cela peut déconcentrer…

Ah tiens, je terminerai par une nouvelle qui ne m’amuse pas.
Les médias du Net (et d’ailleurs, sans doute…) annonce que, désormais, Nicolas Sarkozy est devenu « l’homme dont on se moque », comme l’était Bush.
Et de donner mille raisons de le tourner en dérision.
Je ne suis pas pro Sarkozyste. Il commet des erreurs, apporte de solutions plus ou moins bonnes, adopte un comportement souvent déplacé, et jongle avec une situation extrêmement compliquée.
Une chose est sûre: je ne voudrais pas être à sa place.
Surtout pour faire face à tous ceux qui le critiquent sans apporter de solutions réellement applicables et constructives.

Je suis bien placée pour savoir que les nouvelles croustillantes font vendre le papier.
Bien placée aussi pour savoir qu’il est facile de hurler avec les loups et de prendre des boucs émissaires sur lesquels une partie du public aime que l’on s’acharne.
Mais mince… Les choses vont trop loin…
Que l’on ne soit pas d’accord avec la politique d’un gouvernement et d’un président, c’est légitime.
Qu’on le clame haut et fort, c’est légitime aussi.
Que l’on dénonce les dérives d’un personnage public reste toujours légitime.
Mais que l’on s’acharne sur un homme à ce point, pour moi, c’est inacceptable.
Et pas seulement pour l’homme en question.
Simplement, si nous n’apprenons pas à nos enfants la retenue et la base du respect, y compris et surtout dans les médias, comment pouvons-nous nous étonner de voir certains jeunes dépasser toutes les limites en agressant les autres?

Martine Bernier

Lorsque l’on arrive dans un endroit nouveau, il faut en décoder les us et coutumes.
Dans mon petit village breton, j’ai rapidement remarqué que l’un des rites hebdomadaires était la sortie des « grandes poubelles ».

Chaque mardi matin, les « grandes poubelles », donc, doivent se trouver très tôt au centre de la petite place qui se trouve devant ma maison.
Elles doivent être alignées en rang d’oignons, côte à côte, le couvercle tourné vers la route.
Or, il n’y a pas de route clairement dessinée.
Donc, le premier jour, j’ai emmené dignement ma poubelle à 5 heures du matin rejoindre ses copines, et je l’ai laissée dans une position similaire aux autres.
En clair: je me suis fondue dans la foule.
Comme elles sont toutes identiques ou presque, j’ai sagement noté les numéros qui figuraient sur la mienne, histoire de ne pas la confondre au retour avec les autres octuplées.
A huit heures, coup d’oeil dehors: un camion fantôme et silencieux avait dû passer dans la plus grande discrétion car les containers étaient tous vides.
J’ai donc été récupérer l’objet… à ceci près que, après vérification, MA poubelle avait disparu.
J’ai donc pris une autre chose à roulettes en contrepartie et l’ai ramenée à sa place, devant la maison.

La semaine suivante, même scénario.
Départ aux aurores, retour à 8 heures avec une poubelle inconnue, la mienne ayant à nouveau disparu.

Ce mardi matin, pourtant, j’ai commis sans le savoir un crime de lèse-majesté.
Vers 11 heures, alors que j’avais ramené une poubelle au hasard, Johann, est venu frapper à ma porte.

Johann est le fils de mes voisins, un petit garçon d’une dizaine d’années, beau comme un ange, adorable et bien élevé.
Il fait partie de la petite bande de joyeux drilles qui joue autour de chez moi et que j’aime beaucoup.

Johann, donc, m’a dit très timidement: « Je crois que vous vous êtes trompée de poubelle… »
O horreur!!! J’avais ramené celle de sa famille par erreur!!!
Me répandant en excuses, je ne savais plus comment me faire pardonner lorsqu’il m’a tendu une perche:
« Si vous voulez, je la ramène chez moi et je vais chercher votre poubelle! »
Comment! Ce petit bonhomme sait donc qui est MA poubelle à moâ alors que je n’ai pas été capable de le découvrir moi même?!
Curieuse, je le regarde réaliser la délicate opération et déposer l’engin devant chez moi.

Je n’ai pas pu m’empêcher de l’interroger:
« Mais… comment fais-tu pour savoir que celle-ci est la mienne?! »
Il m’a montré une grande étiquette posée sur le couvercle, avec une inscription comportant le nom de notre commune:
« Vous voyez cette étiquette? C’est à cela que vous pouvez la reconnaître. »

Ah bon?! Mais.. lorsque j’ai fait connaissance avec ladite poubelle, le premier jour, je suis certaine qu’il ne s’agissait pas de celle-ci!
Le dilemme est kafkaïen…
Je l’ai abondamment remercié, et je suis rentrée.

Suite de l’épisode mardi prochain.
Ma poubelle va-t-elle une fois encore disparaître au profit d’une autre???
L’heure est grave.
Ciel, que la vie est compliquée…

Martine Bernier

Je ne suis pas partie seule de Suisse.
J’ai emmené dans mes bagages Scotty Bernier Ière du Nom, ma chienne Scottish Terrier de neuf ou dix ans.
Pas sûre de l’âge, non: les « éleveurs » (qui n’en méritaient d’ailleurs pas le nom!!) me l’ont vendue pour plus jeune qu’elle n’était, m’a appris un jour le vétérinaire.

Bref.
Entre autres qualités, Scotty semble ignorer qu’elle est un chien.
Je le pressentais déjà par le passé, j’en ai eu la preuve depuis que je suis en Bretagne.
Cette bestiole aux poils noirs parsemés de blanc et à la bouille de chien de dessin animé, a des attitudes de jeune demoiselle enamourée dès qu’un homme rentre.

Elle a toujours adoré les hommes.
Les femmes, dont je fais partie, représentent pour elle un deuxième choix, à ne fréquenter qu’en cas d’absolue nécessité.

Donc, dès son premier contact avec être masculin, elle comprend que s’il y a quelqu’un à séduire c’est  lui.
Pour de multiples raisons.
La première étant que, craquant devant cette demi-portion qui lui fait des papouilles dès qu’il apparaît, un homme est prêt à la récompenser en la laissant ingurgiter n’importe quelle denrée plus ou moins alimentaire lui tombant sous la main.
Or, Scotty, en chien bien élevé, n’a droit qu’à la nourriture qui lui est destinée.
Chacun sachant que les restes de table fragilisent la santé des chiens.

Dès le premier soir,  j’ai installé le panier de Madame dans un coin, en lui expliquant que rien n’a changé: elle dort dans son panier, et pas dans les lits.
Elle n’a d’ailleurs pas le droit de mettre le bout des moustaches dans la chambre.

Au petit matin, (mais alors vraiment très petit matin), j’ouvre un oeil, réveillée par un petit remue-ménage à ma droite.
Alors que je me redresse dans la pénombre, j’entends un bruit très caractéristique.
Du genre métronome devenu fou, tapant une cadence insensée sur le duvet du lit.
Qu’est-ce, me direz-vous?
La queue de Scotty, au bout de laquelle je découvre ma chienne parfaitement ravie et honteuse à la fois, très consciente qu’elle se trouve dans une position qui va lui valoir une monstrueuse réprimande.
Elle m’adresse un sourire complice  (Si!!! mon chien sourit!!!) et avance en rampant, oreilles en bas, très conquérante sous ses airs faussement soumis.

La vie s’installe petit à petit.
Mon mini chien à l’allure de colonel à la retraite, moustache au vent, découvre son nouveau domaine.
Elle me fait comprendre qu’elle a horreur du chauffage au sol en s’étalant de tout son long, pattes écartées, et en haletant vigoureusement.
Message reçu: le chauffage est arrêté.
Une fois les meubles installés, elle visite, restant au rez-de-chaussée par crainte de l’escalier en bois, un peu glissant pour ses mini pattes.

Petit à petit, elle prend ses aises, sait où se trouve son sac de nourriture, repère où sont les os et les friandises.

Mon chien ne sait pas qu’il est un chien.

En revanche, elle a un sens certain de la propriété.
Hier matin, alors que le jour n’était pas encore levé, je travaillais dans mon bureau donnant sur le jardin lorsque Scott a aboyé.
Le fait est suffisamment rare pour qu’il m’alerte.
J’ai regardé ce qui l’agaçait.
Une ombre se déplaçait souplement dans le jardin.
Je me suis approchée, toujours aussi myope, et j’ai vu un labrador chocolat qui arpentait ce que j’appelle pompeusement ma pelouse (mais qui est en fait un grand espace herbeux…).
Profitant de l’absence momentanée du portail, le cornichon reniflait voluptueusement et ne s’est pas gêné pour baptiser le jardin.
Or, personne d’autre que Scotty n’a le droit de faire là ce qu’il venait de faire. D’autant que je passe systématiquement derrière elle pour recueillir ses offrandes.

Outrée, Scott a été furieuse toute la matinée.
Les copains chiens, elle aime bien.
Mais de là à les voir arriver sans carton d’invitation, quand même!!!

Martine Bernier