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Archives mensuelles : mars 2009

Dans l’actualité, on reparle de Ronnie et Donnie Galyon, les jumeaux siamois les plus âgés du monde.
Ces deux frères sont nés attachés par le sternum et l’aine, en 1951.
Leurs chances de survie ne dépassaient pourtant pas une nuit, avait prédit les médecins. Et pourtant…
A bientôt 58 ans, ils sont aujourd’hui les frères siamois les plus âgés du monde
Ronnie et Donnie ne savent ni lire ni écrire.
Comment ont-il gagné leur vie jusqu’ici?
De l’une des manières les plus tristes qui soient…
Leur père les a présentés dans des foires durant leur enfance, et ils ont continué à le faire.
De temps en temps, ils passent à la télévision, refusant d’être opérés pour être séparés.
Vous pouvez chercher partout sur le Net, vous n’apprendrez rien de plus sur eux, si ce n’est que les médecins les préparent à une mort prochaine en raison de leur arthrite et d’une scoliose aggravée par leur surpoids.

Devant ce genre de sujet, je ressens toujours un très grand malaise.
Ces hommes et ces femmes qui ont eu la terrible malchance de naître différents, très handicapés, ou dans des circonstances extraordinaires, comment vivent-ils le fait d’être considérés comme des phénomènes?
J’ai lu notamment les biographies des soeurs Dionne, ces quintuplées qui furent longtemps « la seconde attraction touristique du Canada après les chutes du Niagara ».
Lu également celle de la famille Ovitz, une famille juive dont le père, Shimshon, était « lilliputien », et qui a eu dix enfants, dont sept de petite taille.

Tous ont essayé de vivre en développant leur personnalité, leurs talents. Les enfants Ovitz étaient ainsi tous acteurs, musiciens et chanteurs.
Mais tous ou presque ont eu à souffrir de la manipulation de ceux qui en avaient la charge et qui, pour profiter de leurs particularités, les ont exhibés aux yeux des foules, pour de mauvaises raisons.

Déjà enfant, lorsque je lisais qu’il existait autrefois des lieux où l’on montrait la « femme tronc », la « femme à barbe » ou « le bébé à deux têtes », j’avais honte.
Je n’arrive pas à accepter cette curiosité malsaine qui pousse trop de gens à contempler sans pudeur et sans respect ce qui les intrigue.
Sans tenir compte du fait que ce sont des êtres humains comme eux qu’ils contemplent de cette façon…

Mais eux, que l’on regarde comme s’ils étaient monstrueux, comment le vivent-il? Comment trouvent-ils la force d’être observés, jetés en pâture?
Comment supportent-ils à la fois leurs différences, la lourdeur de leurs problèmes de santé et cette impression continuelle d’être des mutants?
Comment fait-on pour être humilié de manière inconsciente constamment?

Les frères siamois n’ont visiblement pas eu accès à la culture la plus basique.
Depuis le temps qu’ils s’entendent dire qu’ils sont en sursis, comment le vivent-ils?
Comment ont-ils fait pour se supporter 24 heures sur 24, privés de la liberté la plus élémentaire: la solitude…

Sous l’article qui passe en ce moment sur Internet se trouve un lien sur lequel sont présentées des photos d’eux, depuis leur enfance jusqu’à aujourd’hui.
Je ne dois pas être mieux que la plupart d’entre nous, puisque j’ai cliqué…

M.B.

http://www.zigonet.com/jumeaux/a-57-ans-il-sont-les-jumeaux-siamois-les-plus-vieux-du-monde_art4465.html

Il y a quelques années, j’ai eu l’occasion de rencontrer et de consacrer un article au peintre Bernard Turuvani, qui exposait alors aux Diablerets, dans les Alpes vaudoises.
J’ai eu un coup de foudre pour ses oeuvres. Ce Neuchâtelois d’origine peint la montagne. Mais pas dans ce qu’elle a de verdoyant et bucolique.
Son univers est un monde de roc, de glace et de neige.
Il reproduit les parois telles que les voient les alpinistes de haute montagne.
Dures et belles.
Sa technique est étonnante. Il peint à l’huile sur du papier de Chine extrêmement fin, qu’il froisse et repeint encore, pour reproduire le relief.
Ses oeuvres, en trois dimensions, sont très pures, entraînant ceux qui regardent ses toiles dans un univers où beaucoup ne se rendront sans doute jamais.
Un monde vertigineux, sobre et étonnamment vivant.

M.B.

Jusqu’au 28 mars 2009, Bernard Turuvani expose à la Galerie 2016, Maison des Arcades, à Hauterive/Neuchâtel (Suisse)
Mais l’homme habite en France et expose dans le monde entier.
turuvani.jpg

Une semaine et demi que je vis en Bretagne…
J’aime…

Comme je l’écrivais à  ma tribu d’amis, il y a cependant deux ombres au tableau.

1. Ici les araignées sont bodybuildées. Arf. Je croyais qu’elles avaient horreur du bois de châtaignier. J’ai beau habiter un lieu qui porte le nom de ces arbres, elles n’ont pas l’air d’en être contrariées. Zut. J’ai donc fait l’acquisition d’un produit adapté. Oh, peu de choses… je lui demandais juste d’avoir la puissance d’une bombe atomique. Condition sine qua non pour que j’accepte de remettre le bout du nez dans le garage.

2. Ma chienne Scotty Bernier, schottish terrier et Irlandaise de pure souche, a vu l’océan hier pour la première fois. Et.. l’ingrate n’a pas aimé du tout. Les odeurs, les goélands alignés en rangs d’oignons sur les arrêtes des toits en attendant le retour des pêcheurs, les mouettes rieuses qui se paient sa truffe, les coquillages, les oiseaux mazoutés, ce n’est pas sa tasse de thé. Elle va jusqu’à  grogner sur les vagues et filer comme un lapin lorsqu’elle les voit s’approcher. En prenant un air dégoûté devant cette amas d’eau même pas buvable!
Fichtre, quel pays a-t-elle l’air de dire.

Martine Bernier