mai 2009
L M M J V S D
« Avr   Juin »
 123
45678910
11121314151617
18192021222324
25262728293031

Catégories

Catégories

Archives mensuelles : mai 2009

Un cas. Mon chien, pardon: ma chienne, est un cas.

Depuis que je suis installée à la porte de la Bretagne, elle me supplie de la laisser galoper en liberté. Comme elle a tendance à fuguer, je ne pouvais pas le faire avant que ne soit installé le portail. C’est chose faite depuis vendredi. Donc, je laisse laissé Scotty goûter à sa liberté nouvelle.

Un Scottish Terrier, par définition, a un caractère affirmé, n’a pas peur de grand-chose  et a tendance à faire ce qu’il veut. Donc, je m’attendais à la voir filer et à avoir toutes les peines du monde à la récupérer. Au lieu de cela, elle est sortie timidement, restant sur la terrasse sans oser s’éloigner. Il a fallu que je l’accompagne sur la pelouse pour qu’elle se décide à perdre sa réserve et à faire trois fois le tour du jardin à 350 à l’heure, oreilles au vent.

Hier, je lui ai proposé très souvent dans la journée d’aller s’éclater dans le jardin. Elle a fini par le faire, mais à sa façon. Elle a commencé par aller poser sa truffe sur toutes les pâquerettes qui passaient par là. Puis elle est allée sous l’Arbre aux Oiseaux et a été croquer toutes les graines qu’elle a pu trouver. Oui, je sais, mon chien est bizarre. Entendant aboyer Baboune, elle a filé dans sa direction dans l’espoir de passer un moment avec elle. Oubliant littéralement que leur dernière conversation privée l’a quand même amenée en ligne directe chez la vétérinaire.

Stéphane, mon voisin, oeuvrait dans son jardin lorsqu’il a vu que je me dirigeais vers les premières roses, de mon côté du mur, armée d’un sécateur. Voyant que je restais un peu empruntée devant un chardon qui cernait le rosier, il s’est équipé d’un gant pour arracher ce qui tenait plus d’un palmier géant que d’une banale mauvaise herbe. Pendant ce temps, Scotty continuait son inspection personnelle du jardin, tentant de trouver une ouverture pour aller rendre visite à sa copine mangeuse de Scottish.

Lorsqu’elle s’échappe, je peux faire ce que je veux, j’ai toutes les peines du monde à la récupérer. Au point qu’il m’est arrivé, découragée, de me dire: « Très bien, je la laisse filer et j’adopte un chat. »

Mais là, miraculeursement, quoi qu’elle fasse, il me suffit de prononcer le mot magique pour qu’elle accourt. Quel est ce mot? Heu… je vous préviens, c’est un peu bête. Je prends un air très classe et je lance dignement: « Scotty! Nonosse? »

Le premier qui se moque met en péril notre belle amitié.  Vous êtes prévenus.

J’ai bien essayé, à la place du « nonosse » populo, de placer: « Scotty, mon cher chien tant aimé, voudrais-tu avoir l’extrême obligeance de te déplacer jusqu’ici afin que nous puissions regagner ensemble nos appartements et mettre un terme temporaire à tes élucubrations gazonnières? ».

Mais cela n’a pas donné le même résultat. Pour être franche, cela n’a même donné aucun résultat du tout. Donc, je m’adapte.

Et j’attends la semaine prochaine avec impatience. Mercredi, Scott va perdre son look campagnard pour retrouver sa coupe Scottish clâââsse. En effet, je lui ai pris rendez-vous chez une toiletteuse. Ce qui risque d’être assez épique. Parmi les points communs que nous avons, elle et moi, il y la même allergie aux coiffeurs. Cela promet…

Martine Bernier

 

Je vous ai déjà parlé de mes péripéties avec les escargots. Je pensais avoir réussi à les convaincre à aller jouer ailleurs… mais c’était sans compter avec la ténacité quasi maladive de ces drôles de bestioles.

Avant-hier matin, guillerette, je commence ma journée en remontant les stores de la cuisine. Et là, que vois-je? Huit escargots sur l’appui de fenêtres. Oui, vous avez bien lu: j’ai bien dit huit! Ils étaient venus en famille, avaient ramené grand-père, grand-mère, cousin, cousine germaine et copains de lycée. Ce n’était plus une visite de courtoisie: c’était une invasion barbare.

Depuis mon arrivée en France, chaque jour, je retrouve un ou deux gastéropodes sur le devant de ma fenêtre. Je les prends délicatement par la coquille et les dépose sur le muret autour de la maison. Une heure après, ils ont filé. Ceux qui disent que les escargots sont lents ne les ont jamais vus sprinter en descente.

Seulement, ce matin-là, ils étaient huit. Un peu découragée, je me suis dit que j’allais les laisser vivre leur vie et retourner sur leurs pas quand ils en auraient envie. Je suis partie vâquer à mes occupations en tête-à-tête avec mon ordinateur. Environ une heure et demie plus tard, j’entends un bruit bizarre et plutôt rare: un jappement de chien, accompagné de petits grognements plus amusés que fâchés. Je suis le son et me retrouve à nouveau à la cuisine. Et là, que vois-je? Ma petite chienne jouant (elle qui ne joue jamais seule!) et faisant de petits bonds autour d’un… escargot!!! Oui!!! un escargot dans MA cuisine! Comme il faisait chaud, j’avais ouvert légèrement la fenêtre et j’avais oublié de la refermer. Et ce gastéropode culotté en a profité pour s’immiscer. C’était un peu fort… je l’ai raccompagné dehors en lui expliquant que la prochaine fois, j’allais sévir. A la prochaine incartade, il serait pendu par les pieds au bout d’un pissenlit. Oui, je sais, les escargots n’ont pas de pied. Aucune importance, j’improviserai.

Ce matin, on a sonné.

O joie: c’était le portail! Enfin les personnes venues installer le portail commandé par nos propriétaires.  En moins d’une heure, le portail était posé. Gage de liberté pour Scotty qui peut désormais galoper dans le jardin.

Ce soir, au moment de refermer le store de la cuisine, un escargot est venu se percher sur l’appui de fenêtre. Il m’a très clairement fait comprendre que là, c’en était trop. Devoir grimper les murs est déjà une occupation à plein-temps pour un escargot. Alors devoir en prime franchir un portail… trop, c’est trop!  Il va falloir que j’étudie leurs revendications, faute de quoi, je serai assiégée, m’a-t-il affirmé.

Bon, est-ce que quelqu’un, parmi mes honorables lecteurs, auraient un hérisson à adopter? Je les trouve très mignons. Et en plus… il paraît qu’ils adorent les escargots.

Martine Bernier

maisoniledyeu.jpg

Hier matin, donc,  Scotty et moi avons pris le bateau pour l’île d’Yeu, à Fromentine.
Non, je ne vous raconterai pas les mésaventures de Scotty: elle a eu une telle frousse de cette expérience qu’elle ne s’est pas comportée de manière très digne au départ. A sa décharge, disons qu’elle s’est bien reprise au retour…

Sur le quai de l’île nous attendait Cati Paturel, une copine suissesse avec laquelle j’ai vécu une belle aventure, voici quelques années.
Cati est peintre. De nature fière et libre, elle est belle et courageuse. J’ai pour elle une tendresse particulière et un respect total pour l’énergie et la volonté qu’elle met à vivre de son art, à vivre comme elle le désire. Lorsque j’ai écrit mon premier livre, consacré à une série de portraits de personnes qui m’avaient touchée, je lui ai demandé si elle acceptait de faire partie de l’aventure. Elle, si pudique, a accepté. Une vieille histoire…
L’Ile d’Yeu, Cati l’aime si fort qu’elle est partie s’y installer une année et, depuis son retour en Suisse, y repasse chaque année quelques jours.

Voici deux semaines, elle m’a téléphoné pour me dire que la Municipalité d’Ormont-Dessus lui avait commandé quelque chose à mon intention, pour me remercier de mon investissement à ses côtés à la création du journal local. Et, comme elle arrivait dans l’île, elle se proposait de m’offrir ce cadeau de leur part.

Et hier, donc, je l’ai retrouvée sur son île…

Je ne pouvais rêver meilleur guide. Drôle, passionnée, désireuse de me faire partager son amour du site, elle m’a fait passer une journée parfaite sur ce coin de terre magnifique. Les iris étaient en fleur, les chemins bordés de maisons pimpantes, la mer bleue, le sable pur… L’île est attachante, avec ses multiples visages et son parfum de thym sauvage. Les habitants ont eu l’intelligence de lui conserver son cachet, sans rien de prétentieux, sa côte intacte.
Seule une bonne averse de bienvenue nous a rappelé que le temps change vite en mer!

Ca a été une journée de vacances, infiniment agréable. J’étais ravie de me retrouver avec cette femme aussi piquante et drôle. Nous avons eu droit à quelques fous rires monumentaux…
Même Scotty a apprécié sa balade sur ce territoire étrange pour elle…
Difficile d’expliquer combien j’ai été heureuse de cette journée toute douce et belle, si simple.

Je garde l’image de Cati nous faisant de grands signes depuis la rive, alors que nous étions dans le bateau du retour. Scotty regardait par le hublot géant la mer qui nous entourait. En confiance… Un très joli moment.

L’île d’Yeu, allez la voir, et respectez-la.
Et Cati Paturel, cet incroyable bout de femme au caractère bien trempé, si vous la croisez, arrêtez-vous: elle vaut le détour!

Martine Bernier