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Archives quotidiennes : 10 juin 2009

Incroyable…

Un carnet comportant 32 dessins de Picasso, évalué à 3 millions d’euros, a été volé hier au musée Picasso, à Paris. Il se trouvait dans une vitrine qui n’était ni fermée ni reliée à un système de sécurité. C’est sidérant. Et comme à chaque fois que l’on vole une oeuvre d’art ou un morceau de patrimoine mondial, cela m’irrite prodigieusement.

Que ce trésor ait été aussi mal protégé me désole, me fâche.

Que quelqu’un ait eu le culot gigantesque de faire le geste d’ouvrir cette vitrine et de voler le carnet me consterne.

Et qu’il existe des gens qui ne respectent pas le côté sacré du patrimoine artistique me révolte. Ces oeuvres, qu’elles touchent la peinture, la littérature, la musique, la danse, l’architecture etc, sont des éléments sacrés de notre Histoire, de notre culture, de notre mémoire. Elles sont ou devraient être intouchables, inviolables, selon un principe moral universel.

Celui ou celle qui a volé ce carnet ne pourra rien en faire. L’objet est tellement connu et a une telle valeur qu’il est invendable. Alors?

Pourquoi le voleur a-t-il commis ce larcin? Pour le compte d’un collectionneur? C’est lamentable… L’engouement du public pour les musées d’Art pictural témoigne d’un intérêt immense, d’une curiosité sincère, d’un attachement profond des visiteurs pour les oeuvres. Il ne faut pas priver le monde de la moindre parcelle de sa culture. Chacun a droit à son accès. Qu’un homme (ou une femme) ait un ego, un orgueil, un égoïsme assez démesurés pour vouloir posséder une particule du travail Picasso pour son petit plaisir personnel , en s’en emparant, tout simplement, est écoeurant.

Comme est impardonnable le fait de réunir des oeuvres et des éléments aussi précieux dans un lieu mal protégé. Je ne voudrais pas être à la place des responsables du musée en ce moment. Il semblerait que l’exposition temporaire d’une oeuvre gigantesque de Daniel Buren « La coupure », rende actuellement la surveillance des lieux plus complexe. Et, comme  c’est souvent le cas un peu partout, le musée ne dispose pas des fonds nécessaires pour assurer un système de sécurité à la hauteur de la valeur du trésor qu’il abrite. Il prévoit des expositions itinérantes de certaines toiles pour faire rentrerr des fonds dans le but d’améliorer la situation. Mais en attendant, la situation conduit à ce qui a été vécu hier. Quand on sait que ce musée est le plus important au monde consacré à Picasso — la collection complète comporterait plus de 5000 oeuvres -, on peut s’étonner de voir le peu de moyens dont il dispose pour accomplir sereinement sa tâche. Reste à présent à espérer que la police va  réussir à retrouver le carnet volé et l’Arsène Lupin nouvelle formule dont les exploits ne me font pas rire du tout.

Pour terminer sur une note un peu plus positive, je profite de cette (mauvaise) occasion, pour vous conseiller de visiter le site de Daniel Buren, cet artiste contemporain majeur dans notre paysage artistique actuel. J’avais vu ses colonnes à Paris, avec Alain, à travers la palissade qui les entouraient pour cause de travaux, voici quelques mois. L’une de nos plus douces, de nos plus complices et nos plus romantiques balades, au Palais Royal. Il savait que j’avais envie de voir les fameuses Colonnes Buren et nous avions été heureux de les découvrir ensemble, même ainsi… Le peu que j’en ai vu m’a donné envie d’en découvrir davantage, ce que j’ai fait. Entre artiste et architecte, ce visionnaire possède une graine de génie…

Martine Bernier

 

http://www.danielburen.com/

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Vous connaissez sans doute déjà les titres « Get around Town » ou « Balulalow » du groupe Revolver. Et si vous les avez écoutés, peut-être avez-vous ressenti comme moi ce sentiment curieux… Celui qui nous dit: « Tiens, de la musique qui vient de loin… ». Ils font un tabac, et pour cause…

Ambroise Willaume (la voix de Revolver) et son copain d’enfance Christophe Musset ont suivi un chemin musical commun : du classique, des cours de chant, des compositions… Ce qu’il faut pour « une bonne base ».
Un jour, ils ont rencontré un troisième larron: Jérémie Arcachet. Lui aussi a été gavé au classique (merci, les parents…) et a, avec son violoncelle, un rapport très particulier. Ce musicien inspiré a rejoint le duo en 2006, y apportant la touche d’originalité si particulière qui est désormais leur marque de fabrique. Ensemble, ils ont uni leur talent, ont osé revisiter les cordes pincées et caressées, les arpèges à la Simon & Garfunkel, les mélodies harmonieuses… qu’ils s’amusent à casser en douceur de temps en temps, comme dans « A Song She Wrote ». Comme pour rire, surtout pas pour choquer.

Ce trio parisien aux visages d’anges, sobre et subtil a réussi une prouesse. Son premier album « Music for a while » est une perle. Un panaché de chansons dont on ne se lasse pas.

Mais de quelle planète débarquent-ils, ces tout jeunes musiciens qui semblent avoir été pétri à la pop anglo saxone dont ils n’ont pas connu l’époque?
Un mélange d’influences des années à la fois tendres et révolutionnaires au cours desquelles les Beatles, Elvis, les Beach Boys, Elliott Smith ou le formidable Neil Young séduisaient un public émerveillé de découvrir des mélodies complètement nouvelles.

Revolver ne copie pas. Il crée, revisite. Et ces trois là sont habités. Il suffit de regarder leur clip dans lequel ils affichent un détachement élégant tout en proposant ce que l’on appelle aujourd’hui une musique « pop de chambre » et des harmonies vocales très sûres.

Lorsqu’ils passent en interview, les trois amis semblent surpris de leur ascension. Quand ils chantent en direct, ils le font avec application et sérieux, presque un peu gênés d’être là, très dignes. A des années-lumière des groupes à l’ego explosif. Les voir chanter, chacun installé sur sa chaise, en demi-cercle, rappelle les concerts intimes de musique de chambre, où les musiciens arrivent à créer un lien très fin avec le public.

En les écoutant, je pense à celui avec lequel j’aimerais partager ce que je ressens à leur écoute.

Ces trois-là iront loin…

Martine Bernier

http://www.myspace.com/popdechambre