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Archives quotidiennes : 18 juin 2009

Alors que la justice Iranienne annonçait hier que les personnes qui manifesteront contre le régime en place seront passibles de la peine de mort, une scène très significative se déroulait sur le plateau du Grand Journal de Canal +.

Jean-Michel Apathie, journaliste politique que j’aime bien en général, a fait le choix de se révolter contre une déclaration de Barack Obama. Celui-ci répondait à une question qui lui était posée en disant en substance que, en Iran, il ne fallait pas s’ingérer dans leurs affaires internes et attendre de voir venir.

Il était facile de s’engouffrer dans la brêche pour partir dans une indignation de bon ton, d’autant que le monde entier a le regard fixé sur Obama etc etc. Apathie ne s’en est pas privé. Pensez, une déclaration pareille ouvre une confortable autoroute à la  critique. Puis il a diffusé une déclaration de Nicolas Sarkozy, qui, lui, exprimait son désaccord avec le régime Iranien.

Je fulminais seule devant mon écran, me disant qu’il était insupportable d’entendre un tel avis de journaliste sans qu’aucun spécialiste de la question ne puisse apporter un autre éclairage expliquant pourquoi Obama, si fin, avait pu réagir ainsi. Quand soudain, Laurent Fabius, invité de la première partie de soirée, est intervenu. Avec calme et beaucoup de finesse, il a expliqué que, selon lui, Obama, très intelligent, n’avait pas pu parler de cette manière sans raison. Et il a décortiqué très clairement la situation, soulignant le fait que les Américains sont détestés en Iran et qu’Obama, conscient de marcher sur des oeufs, ne pouvait réagir différemment sans provoquer des réactions extrêmement graves.

Apathie s’en est trouvé tout déconfit. Comme s’il n’avait pas envisagé un seul instant que, contrairement à Monsieur Tout le Monde, une simple parole irréfléchie d’Obama peut déclencher un séisme. Si Obama éternue  les deux tiers de la planète s’enrhument. Et par chance, il en est conscient…

Laurent Fabius a été parfait. Son analyse était très subtile, tenait compte du rôle des Etats-Unis comme de celui de la France qui, elle, peut se permettre de dire son indignation.

Pauvre Apathie… comme il est intelligent lui aussi, il a eu l’air de prendre conscience que sa réflexion n’était pas assez aboutie et qu’il s’était sérieusement trompé de cible, ce soir…

 

Martine Bernier

 

Aujourd’hui était un grand jour… Mon Parrain et son épouse, Monique, ont débarqué dans mon havre. Nous ne nous étions pas revus depuis une dizaine d’années. Et pourtant nous étions tout proches par la voix et le coeur.

Dès qu’ils ont su que je vivais un moment difficile, ils ont été très présents. Et aujourd’hui, donc, ils sont arrivés. Qu’est-ce que cela fait du bien…

Parrain m’arracherait les oreilles si je confiais ici les moments très forts et très tendres que nous avons vécus hier.

En revanche, son One Man Show d’hier soir, il ne m’en voudra pas de le relater.

Nous sommes partis dîner dans un petit restaurant que j’aime beaucoup, à la Turballe: Chez Tante Marie. Au départ, tout avait l’air normal. La salade de gésiers a plu. Puis est venu le plat principal. Et c’est là qu’un vent de folie a commencé à souffler sur notre table. Avisant que les clients assis juste de l’autre côté de la vitre avaient pris des moules, Parrain a tapoté sur le carreau pour leur demander si elles étaient bonnes. Puis il a fait mine de leur proposer l’échange avec son propre plat. C’était très drôle.
J’ai pensé qu’il allait s’en tenir là. C’était sans connaître les capacités d’improvisation de mon redoutable tonton que rien n’arrête.

Son regard s’est innocemment attardé sur la table d’à côté. Ne vous fiez jamais à cet air candide… Quand j’ai vu s’allumer aux fond de son oeil réjoui une petite lueur amusée, j’ai compris que nous pouvions nous attendre au pire. Et le pire est arrivé.

Il a demandé au monsieur qui lui faisait face si les moules étaient bonnes. Très sympathique, celui-ci a opiné du bonnet, lui en proposant même une au passage. J’ai cru que j’atteignais les sommets de la honte vaguement hilare… C’était compter sans ses facultés d’improvisation. Devant son enthousiasme gourmet, le voisin de table de son interlocuteur lui a carrément offert de terminer sa cassolette, dont il ne venait pas à bout.  Pétrifiée, je me suis dit: « il va dire non… il va dire non… oooohhhh.. il a dit oui! ». Quand j’ai ôté mon visage de la serviette dans laquelle je l’avais caché, au bord de la crise d’apoplexie, j’ai vu  mon Vénérable parrain dégustant le plat de notre voisin avec de petites moues gourmandes. Il était déchaîné. Au bord du fou rire, il a glissé à notre voisin, heureusement bourré de gentillesse et d’humour, qu’il aurait quand même pu lui offrir un verre de vin pour accompagner son repas. Je lançais des regards désespérés à Monique qui, stoïque, observait la scène avec philosophie. C’est devenu un jeu entre les deux tables. La conversation s’est engagée, et, de fil en aiguille, nous avons découvert que j’avais passé l’après midi de dimanche au même spectacle d’enfants qu’eux! Et que leur fils habite non loin de chez moi.

Je ne sais pas ce que les autres clients en ont pensé, mais la conversation est devenue plus animée encore. Nous nous sommes quittés ravis.
Quant à l’adorable serveur qui en a déjà vu de vertes et de pas mûres avec moi (il est resté traumatisé par ma dernière commande de « salade sans salade »…) il avait les sourcils en accents circonflexes en me disant au-revoir…

Moralité: un Belge, c’est déjà un cas particulier. Un Belge comme mon Parrain à moâ, c’est de la dynamite…
Et j’aime ça!

Martine

PS: Précision: ne manquant pas d’éducation, mon trublion a élégamment offert les cafés à ses victimes…