septembre 2009
L M M J V S D
« Août   Oct »
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
282930  

Catégories

Catégories

Archives mensuelles : septembre 2009

Depuis ma visite chez le vétérinaire où j’avais appris que ma chienne, Scotty avait sans doute une tumeur au cerveau, j’ai vu jour après jour son état se dégrader.
Je devais la mener aujourd’hui chez un vétérinaire neurologue qui avait accepté de l’examiner.
Je suis ressortie sans elle… Je ne la récupérerai que jeudi soir après qu’elle ait subi de nouvelles analyses et une narcose permettant un examen de son cerveau.
Mais elle va mal. Elle si délurée, si indépendante, si « terrier » dans l’âme, elle est devenue toute fragile. Elle me fait comprendre combien elle a besoin de moi, se hisse sur mon lit la nuit alors qu’elle n’a jamais approché ma chambre, se réfugie dans mes bras dès qu’elle le peut, elle qui déteste être touchée, portée.
L’examen du neurologue, ce matin, a été mauvais. Elle ne cesse de tomber, n’a plus de réflexes corrects, semble avoir vieilli de dix ans au cours de ces dernier mois.
Et malgré tout, elle est adorable avec tout le monde, se rend attachante dans ce cabinet vétérinaire qu’elle ne connaît pas, où elle va devoir passer la nuit loin de moi, dans une cage.

Je sais, les vétérinaires m’y préparent, je vais devoir me résoudre à la faire endormir.
C’est simplement insupportable.
Elle ne semble pas souffrir, mais elle est désorientée, déséquilibrée.

Ce soir, l’appartement me paraît tellement vide sans elle…
Elle mettait ses pas dans les miens, ne me lâchait pas d’une semelle ces dernières semaines, comme consciente que je traverse des événements très, très durs.
Je lui ai parlé, je l’ai gardée auprès de moi jusque dans les moments les plus difficiles.
Je lui ai mis des paniers en mousse un peu partout dans l’appartement, pour qu’elle se sente bien où qu’elle soit, pour qu’elle n’ait pas d’efforts à faire quand elle est trop fatiguée.

Un chien, un compagnon aussi fidèle, ne devrait jamais mourir.
Il devrait toujours pouvoir rester là, nous accompagner. Nous devrions toujours pouvoir le protéger, comme nous devrions pouvoir le faire avec un enfant.
Mais on ne peut vraiment protéger ni les uns ni les autres de rien.

L’appartement est vide sans elle… à chaque instant, j’ai l’impression qu’elle va arriver, venir me chercher pour me réclamer un os, un câlin ou une balade.
Ne pas l’avoir près de moi, surtout maintenant, est infernal.
Petite boule de poils noirs à la frimousse de clown, tu as pris une place énorme dans ma vie…

Martine Bernier

En rentrant ce soir, j’ai reçu un cadeau. Un cadeau magnifique.

Aurore, depuis ce matin, était très mystérieuse. Elle disait me préparer une surprise. Et je la voyais, grâce à nos webcams, réfléchir, calculer, pousser de petits gloussements de satisfaction. J’ai dû m’absenter, et lorsque je suis revenue, un pavé, sur mon écran, m’indiquait qu’elle souhaitait me transférer un fichier. Il était plutôt lourd, le chargement a été long. Lorsqu’il est arrivé à bon port, je l’ai ouvert. Il s’agissait un fichier power point. Ma fillotte a raconté toute mon histoire vécue à St Molf.  J’ai été littéralement bouleversée. Autant de sensibilité, de prévenance et d’amour chez une jeune fille d’à peine 14 ans (bientôt!!), est un cadeau du ciel. Elle n’avait pas l’air de me croire quand je lui disais que je suis plus qu’émue par son cadeau… M’enfin….

Martine Bernier

 

Rentrée dans la nuit, j’ai à peine le temps de respirer que l’on est déjà demain…

Déjà demain… Je remplis tellement mes journées que je ne les vois plus passer. Et pourtant, je n’arrive pas à faire tout ce que je devrais faire. Et je recommence à ne plus habiter le temps, happée par des responsabilités, des urgences, une montagne de travail… Il faut être à trois endroits à la fois, faire des choses au-dessus de mes forces, assumer des tâches d’homme (ah, la phrase de Dom, en fin de journée: « visiblement, monter un meuble, ce n’est pas fait pour les femmes. »)

Je n’ai plus le temps de me poser pour réfléchir, pour prendre les décisions essentielles, pour mesurer le ressenti face aux situations que je rencontre. Dévorée par mille choses, importantes, graves, quotidiennes.

Je me souviens, dans ma maison de là-bas, le rythme était très différent. Je vivais au rythme du vent… j’avais le temps de prendre le temps, de respirer, de rêver… Aujourd’hui, j’existe différemment. Mes amis, les gens que j’aime ici sont autant de présences limpides et fortes autour de moi. Mon Triangle d’Or me manque pourtant. Beaucoup. Comme le vent de ma Terre de Sel, les orages de bord de mer que Stéphane a envie d’aller voir avec moi, comme la pluie battante qui ressemble à la mousson près de la mer, comme les fous rires de Véro, la tendresse de Fred, l’humour de Béa, la rayonnance d’Aurore, les jeux de mes trois ouistitis… Comme…

Dire ce qui me manque de là-bas ne dévalorise en rien ce que j’aime ici. Simplement, ma vie est coupée en deux. Et je n’ai pas encore trouvé la clé pour le supporter. Mais je dois me poser… il est déjà demain…

 

Martine Bernier