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Archives quotidiennes : 25 octobre 2009

 Teotihuacan veut dire « lieu où naissent les dieux ». Personne ne connaît le nom réel de cette cité, si ce n’est celui-ci, que lui donnèrent les Aztèques, six siècles plus tard, quand ils ont pénétré dans les lieux. Lorsqu’ils découvrirent les édifices présents, ils pensèrent que seuls des dieux avaient pu les construire. J’imagine ce qu’ils ont vu… Une ville d’autrefois, impressionnante, aux murs recouverts de peintures, et marquée des souvenirs d’un passé chargé. Une ville avec de vrais quartiers, sans doute réservés aux différentes ethnies.

L’expression artistique de Teotihuacan était puissante, comme en témoignent les sculptures colossales, les peintures murales, masques rituels, statuettes-offrandes, poignards en forme d’éclairs, bijoux et autres céramiques, soit 450 pièces exposées au Quai Branly, à Paris. Des objets provenant presque totalement des collections mexicaines, dont une grande partie n’a jamais été présentée en Europe.

Pendant sept siècles, elle a été la capitale  culturelle et artistique de la Mésoamérique. Aujourd’hui, les pyramides de la Lune et du Soleil et le Temple du Serpent à plumes de Teotihuacan se dressent toujours à près de 2300 mètres d’altitude.

Mais pour quelles raisons la cité a-t-elle connu un tel déclin? La ville a probablement été victime de sa violence. Certains avancent l’hypothèse de l’arrivée d’envahisseurs voisins.

Les sculptures sont là pour en témoigner: la mort est très présente dans la culture de Teotihuacan. Le dieu de la Mort à tête de squelette, nommé Huehueteotl est le symbole mêlé de la mort et celui du soleil. C’est à lui que furent sacrifiés de nombreux hommes. Leur culture était violente, les sacrifices humains ont été prouvés. Sous leur gouvernement militaire, les habitants de la cité donnaient des prisonniers en offrande. Et ces derniers étaient parfois des personnes de haut rang, comme en témoignent les statuettes et les riches parures qui ont été retrouvées dans leurs tombes, accompagnées d’ossements d’animaux.

Quel dieu adoraient ces hommes pour justifier d’une religion aussi cruelle? Ils étaient plusieurs, mais parmi eux se trouvait le fameux Serpent à plumes, Quetzalcoatl, qui trouve son origine dans la religion de Teotihuacan.

Cette civilisation, la plus grande de l’Amérique précolombienne, reste un mystère, comme le sont toujours les mégalithes de Carnac. Les artistes de la cité ont réalisé de nombreux masques en pierre recouverts de céramiques, trop lourds pour être portés. Les bibelots incrustés de coquillages et de pierres de couleurs témoignent d’un mordernisme ahurissant.

L’exposition durera jusqu’au 24 janvier 2010. Qu’est-ce que j’aimerais la voir et en connaître plus sur cette civilisation perdue…

Martine Bernier

www.quaibranly.fr