Adieu, Monsieur de Diesbach…

Le 21 septembre dernier est décédé le journaliste suisse que j’admirais le plus: Roger de Diesbach. Il n’avait que 65 ans. Il a été le rédacteur en chef de la Liberté, notamment. Je l’admirais pour sa droiture, son éthique, sa vision de notre métier, et son talent de journaliste d’investigation.

Lorsque j’étais à l’Ecole de Journalisme, il est un jour arrivé pour nous donner une cours. Grand, élégant dans sa chemise en jean, un foulard noué autour du cou, chevelure blanche, il était tellement charismatique qu’il a réussi à tenir son auditoire en haleine pendant toute l’après-midi. Et ce n’est pas chose facile quand on a devant soi de jeunes loups fraîchement sortis de belles écoles et convaincus d’être l’élite de l’humanité.

Il a été magnifique et passionnant.

J’ai eu l’occasion de lui parler plusieurs fois par la suite. Je ne faisais pas partie de son armada de journalistes, j’ai juste collaboré ponctuellement avec son journal. Mais j’ai toujours apprécié l’écouter parler. C’était un homme courageux, infiniment respectueux de son métier.
Il disait que la presse devait apporter une transparence indispensable au fonctionnement de la démocratie.
Il disait que la presse ne devait pas perdre sa curiosité, que les journalistes n’ont pas le droit de voir baissé le niveau de nos médias.
Il disait aussi que s’abonner à un journal, écouter une radio ou la TV est un acte politique.
C’était un homme exigeant sur la qualité, très intelligent.

La disparition de Roger de Diesbach est terrible pour le monde de la presse romande qui traverse actuellement l’une des plus graves crise de son histoire. Nous perdons un pionnier, un guide, une conscience. Des gens d’une telle qualité à la fois humaine et professionnelle, dans ce milieu comme ailleurs, je n’en ai pas rencontré beaucoup.

Martine Bernier

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