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Archives quotidiennes : 17 novembre 2009

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La journée d’hier m’a tellement troublée que je n’ai pas trouvé le moyen de rassembler mes idées hier soir pour écrire.
Intégrer le vide laissé par ma chienne demandera du temps. Perdre les réflexes qui me mettaient à son écoute, qui me poussaient à lui préparer ses repas, à la sortir, à jouer avec elle, à vérifier si elle allait bien… Ne plus tenir compte de sa présence dans chacun de mes gestes, chacune de mes décisions, tout cela demande du temps, oui.
C’est fou ce que 9 kg de tendresse peuvent laisser dans un état de manque épouvantable lorsqu’ils disparaissent.
Je n’irai plus me balader près de la rivière. Pas sans elle.
Ou alors juste pour montrer à ceux que cela amuse, le petit pont frontière.

Une fois encore, le texte que j’ai écrit hier a suscité des réactions.
En messages personnels auxquels je n’ai pas pu répondre car il y en avait trop, en commentaires et en témoignages sur facebook.
Merci à tous ceux qui se sont associés à ma tristesse…
Et merci à ceux que j’aime.
Ils se sont tous manifestés.
J’ai bien dit tous…
L’un d’eux m’a particulièrement touchée car je ne pensais pas qu’il ferait ce qu’il a fait. Il se reconnaîtra…

Ce matin, j’essaie de me dire que je ne peux pas rester en hibernation.
Je dois travailler, je dois vivre…
Je pense à des phrases qui m’ont été dites hier.
A l’une en particulier qui a été prononcée par quelqu’un qui est ancré à ma vie: « Je voudrais presque être à la place de ton chien… »
Les êtres souffrent. Ils se mettent souvent eux-mêmes dans la situation qui les fait souffrir, d’ailleurs. Parce qu’ils ne trouvent pas la force de construire leur bonheur et qu’ils le regrettent ensuite toute leur vie, consciemment ou non…
Venant de celui qui les a prononcés, ces mots m’ont bouleversée.

Au-milieu de la lourdeur de ces événements, je reçois une information insolite et légère sur mon mail.
Un New-Yorkais, Nathan Sawaya, aujourd’hui artiste reconnu, crée des statues étranges… en Légo.
Il possède 1,5 millions de briques de Légo avec lesquelles il construit des oeuvres en trois dimensions.
Car ce sont bel et bien des oeuvres…

Etonnant…

http://www.brickartist.com/

Ce matin, alors que j’ai l’impression que le silence de l’appartement est plus pesant encore qu’hier, je pense à Lui au sujet duquel vous continuez à me poser beaucoup de questions.
Il me disait la semaine dernière: « Dis-moi que l’année 2010 sera meilleure que 2009. Parce que celle-ci, elle est m… »
Je confirme, elle est bien m….

Martine Bernier

Si je n’étais pas totalement non violente, il y a des moments où je donnerais des coups de pieds dans la vie.
Parce que, parfois, elle me fâche, elle me révolte, elle va même jusqu’à me dégoûter à travers les réactions de certains qui fuient, dissimulent, mentent, mettent tout en doute, vous mettent en confiance et vous massacrent par derrière.

J’en étais là de mes réflexions, avec, en prime, la douleur de l’absence de ma chienne, lorsque j’ai reçu un mail.
C’était Lui.
Toujours avec des mots sobres, il cerne et m’explique une situation qu’il vit, inacceptable, douloureuse, qu’il n’a pas d’autre choix que de regarder en face. Ce genre de situation qui vous tend les nerfs car elle provoque une impuissance générale. Nous avons échangé quelques mails.
Et alors qu’il porte un poids que beaucoup d’hommes n’arriveraient pas à supporter, il trouve encore le moyen de compatir à mon chagrin d’avoir perdu Scotty, et de trouver des mots pour tenter de me consoler. Cela m’a coupé le souffle…

Plus tard, sa voix dans la nuit, et des nouvelles de ce qu’il vit. Il n’en a pas conscience, mais il lui arrive d’être impressionnant. Et quand on le lui dit, il  répond, gêné, qu’il n’est que normal. J’en connais d’autres qui s’estiment normaux et qui ne réagissent pas franchement de la même façon…
Et toujours cette présence bienfaisante, ce regard très clair, cette analyse  fine des situations. Cet équilibre et cette présence forte. Quand il dit: « Je suis là », il est là. Vraiment. Et ceux qui se trouvent en face de lui comprennent très vite qu’il faut tenir compte de son opinion.

Pourquoi est-ce que je parle de lui? Parce qu’il est en pleine tourmente, et qu’il tient tous les rôles, sans faillir, avec élégance, sans un mot. Un combat de tous les jours, usant,  mais il tient.

Oui, j’aimerais bien secouer la vie, parfois. Pour faire tomber de son arbre celui qui passe la sienne à blesser. Et pour remettre en place certaines situations qui ne devraient même pas exister.

Martine Bernier