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Archives quotidiennes : 26 janvier 2010

Suite à mon article d’hier, j’ai reçu deux messages privés.
L’un d’eux me dit ceci:  » J’adore vos inventaires à la Prévert. Si vous leur ressemblez vraiment, ils donnent envie de vous rencontrer! Mais dites-moi: qu’est-ce qu’un Poulpican?? »

Houlà…
Le Poulpican, nous dit-on sur Internet, est un objet de légende qui se perd dans la nuit des temps…
Il fait partie du « petit monde », composé des elfes, des korigans, des lutins, des gnomes et autres farfadets.
Venu de Bretagne ou de Vendée, on dit du Poulpican qu’il rend des services aux humains.
Génie du foyer, il réalise les voeux des habitants qui allume la bougie que l’on place dans sa bouche.

Hum.
Autant vous dire qu’avec ma chance, je suis tombée sur le Poulpican le plus incapable de la planète.
En terre cuite couleur terre, il a une bouille amusante et un crâne qui se termine bizarrement.
Mais il n’est pas capable de réaliser le moindre voeu.

Tandis que mon Poulpican souriait béatement dans mon bureau, j’ai regardé partiellement mais attentivement l’émission « La Parole aux Français », au cours de laquelle Nicolas Sarkozy a été confronté à un panel de téléspectateurs.
Je ne dirai rien sur l’émission, ni sur la prestation du président.
Tout a été dit et brillamment analysé.
Simplement, en la regardant, je me suis dit que je mettais ma main au feu que, le lendemain, l’intervention serait descendue en flammes.
Je ne me suis évidemment pas trompée.
Mais… et c’est ce qui me gêne dans la politique: n’importe qui, de n’importe quel parti, aurait pu être assis à la place de Sarkozy, il aurait subi le même traitement.
Quoi qu’il dise, quoi qu’il fasse.
Cela veut-il dire que, lorsque l’on accède aux plus hautes fonctions de l’Etat, que l’on soit de droite ou de gauche, quel que soit le pays, on devient forcément l’homme à abattre?
Tout ce que l’on fait devient forcément négatif, mauvais, insuffisant?
L’Homme d’Etat doit-il rentrer dans un rôle, tout comme ses adversaires et ses partisans formant des clans montés les uns contre les autres?
Au-delà de toute considération politique, je me demande souvent comment ils font, ces hommes et ces femmes, exposés comme ils le sont à une critique continuelle, pour tenir le choc.
Et je pense souvent au destin tragique de Pierre Beregovoy.
C’était il y a 17 ans, mais cela me reste toujours en travers de la gorge.

Martine Bernier