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Archives quotidiennes : 29 janvier 2010

Ce matin, mon Mogwaï et moi avons été les premiers à sortir de la résidence.
Il avait neigé dans la nuit et aucune trace ne s’était imprimée sur cette couverture blanche toute fraîche.
Je regardais a marque de mes pas, accompagné d’un fouillis de petites traces de pattes d’un petit chien heureux, courant dans tous les sens.
Pomme a joué comme un enfant, se roulant dans la neige à n’en plus finir.
Par moment, je ne distinguais plus qu’un bout de queue dans les trous de neige, avant de retrouver mon spécimen s’ébrouant en jappant.
Je suis sortie avec un chiot, je suis rentrée avec une boule de neige…

Tout en marchant le long de la rivière, j’ai réfléchi à une multitude de choses.

Outre les sujets trop personnels pour être exposés ici, j’ai repensé à quelque chose que j’ai lu, en me disant que je n’avais pas envie de laisser cela en friches.
Je suis tombée sur un article, cette semaine, introduisant une série d’informations parfaitement inutiles, mais qui, placées dans une conversation, font toujours leur petit effet.
Incapable de résister, j’ai eu envie de reprendre chacune d’elles et de les décortiquer un peu pour en savoir davantage.

Vous connaissez tous les vêtements ou les parfums Hugo Boss. Peut-être même en portez-vous.
Et peut-être aussi savez-vous que, en 1997, le Washington Post a lancé une véritable bombe concernant ce créateur en révélant son passé plus que troublant.
En janvier 1924, il avait établi son atelier, modeste à l’époque, à Wurtemberg, près de Stuttgart, en Allemagne.
Employant 33 personnes, il produit alors des coupes-vent, des chemises d’homme, des vestes en cuir etc, et résiste comme il peut à la grande crise économique de l’époque.

En 1931, il adhère au NSDAP, aussi appelé « Parti Nazi ». En dehors de cette adhésion, il n’aura pas d’activité politique.
Ce qui a choqué le monde avec la révélation du Washington Post, c’est que, de 1933 à la fin de la Seconde Guerre mondiale en 1945, la société Hugo Boss a participé à la confection des uniformes militaires du Troisième Reich, (notamment ceux des SS, des Jeunesses hitlériennes et de la Wehrmacht, précise Wikipedia).
Comme il fallait produire, elle a eu recours, toujours selon Wikipedia et différents journaux, « à de la main-d’œuvre de travailleurs forcés, français et polonais pour la plupart, ainsi qu’à des déportés en camps de concentration. L’entreprise de Hugo F. Boss compte 324 ouvriers en 1944. »

Après la guerre, Hugo Ferdinand Boss a été puni.
Il a été déclaré « opportuniste du Troisième Reich », a dû payer une lourde amende, pour l’époque, de 80 000 marks et a été privé de ses droits civiques.
Lorsqu’il est mort en 1948, sa société a été reprise par son gendre Eugen Holy.

Une étude sur les activités de la firme à l’époque nazie a été commandée à une historienne, Elisabeth Timm. Mais celle-ci a été contrainte d’arrêter son travail par la direction de l’entreprise, effrayée.
Plutôt mal à l’aise, et on la comprend, la société Hugo Boss a accepté de verser, en 2000, une somme de 500 000 livres sterlings au Fonds d’indemnisation des anciens travailleurs forcés, en compensation du travail effectué pendant la Seconde guerre mondiale.
Le malaise engendré au sein de l’entreprise par la révélation de son passé sera assumé plus activement à l’avenir, promet-on chez Hugo Boss.

Si la direction actuelle d’Hugo Boss est gênée par le passé, elle n’est pas la seule.
La Dresdner Bank, troisième banque allemande, a quand même mis 60 ans pour notamment reconnaître avoir financé la construction des chambres à gaz d’Auschwitz…

Martine Bernier