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Archives mensuelles : mars 2010

J’ai tout de suite compris qu’il se passait quelque chose d’anormal.
Je promenais Pomme dans le pré du torrent, piqueté de crocus, de perce-neige et de clochettes.
Elle gambadait, à son habitude, truffes  et oreilles au vent, les pattes partant dans tous les sens, quand, tout à coup, elle s’est figée, regardant autour d’elle d’un air inquiet.
Les oiseaux qui pépiaient quelques secondes auparavant semblaient avoir tous disparu.
Il ne restait plus que le bruit de l’eau pour couvrir le silence.
Plus rien ne bougeait.
Même les corneilles se faisaient invisibles, elles qui n’ont pourtant peur de rien ou presque.
Pomme s’est instinctivement rapprochée de moi.

Et c’est là que je l’ai vu arriver.

Tout s’est passé très vite.
Un rapace volait au dessus de nous, sans bruissement d’ailes, contrairement à la chanson de Barbara.
Ce devait être une buse ou un milan, je n’ai pas eu le temps de le reconnaître.
Il a piqué vers le sol, à une dizaine de mètres de moi.
J’ai entendu un ou deux petits cris, typiques de ceux des mulots ou des petits rongeurs.
Puis il est remonté avec sa proie et il est parti.
Cela n’a pas duré plus de cinq ou six secondes.

Pendant quelques instants, l’endroit est resté silencieux.
Puis, petit à petit, les oiseaux sont revenus.
La dure loi de la nature.
Très proche de celle des hommes, finalement.
J’ai pensé à ce rongeur qui vivait sa vie de rongeur sans rien demander à personne.
Avec une conclusion… lorsque l’on est pris entre les griffes d’un prédateur, il faut espérer mourir vite.
Cela fait moins mal.

Martine Bernier

Je suis touchée de recevoir des messages d’un peu partout , me demandant de mes nouvelles.
Merci à celles et ceux qui me les adressent…
Je ne pense pas passionnant de publier un bulletin de santé.
Alors, simplement…. cette période n’est pas facile à vivre, et restera ardue, en tout cas jusqu’à la prochaine opération qui, je le sais, ne devra pas tarder.
Un organe défectueux et le traitement qui accompagne le problème provoquent toujours une multitude de réactions dont on se passerait facilement.
Et notamment une grande faiblesse qu’il n’est pas toujours facile de gérer.
Il faut composer avec cette nouvelle donne.

Je ne suis pas la seule à traverser une période difficile.
Eric Zemmour a eu droit lui aussi à quinze jours éprouvants, dans un autre registre.
Sommé de s’expliquer pour son intervention chez Ardisson, il a fait le tour des chaînes télévisées et des médias pour justifier sa position.
Je n’aime pas ce qu’il est obligé de vivre, même si le personnage m’agace toujours.
Il se défend bien, a des arguments cohérents, semble réellement blessé par ce qu’il traverse.
Je doute qu’il sorte intact de cette expérience.
Elle a démontré qu’il est attendu au tournant, que son comportement lui vaut de solides inimitiés.
Il se retrouve face à lui-même…

Dans cet épisode, Eric Naulleau, son comparse de l’émission « On n’est pas couché », s’est comporté de façon remarquable.
Lui non plus n’est pas tendre, dans son rôle de chroniqueur.
Quand il aime, il le dit.
Pas souvent.
Mais quand il n’aime pas, il est impitoyable, parfois injuste, d’autant plus redoutable qu’il est très intelligent.
On dit de lui qu’il est un « sniper du PAF », et c’est vrai qu’il va souvent trop loin, même si je comprends parfois sa démarche.

Mais quand il a été sollicité pour s’exprimer sur « l’affaire Zemmour », il a été d’une loyauté parfaite.
Il ne l’a pas défendu aveuglément, mais, encore, avec intelligence et finesse.

Résultat, pour moi: je ne lirai pas le livre de Zemmour qui ne me tente pas.
Mais j’ai commandé celui de Naulleau qui m’intrigue de plus en plus.
J’ai très envie de découvrir sa façon d’écrire, même si le contenu de son ouvrage* est très polémiqué.

Martine Bernier

* Précis de littérature du XXe siècle, de Naulleau et Jourde, chez Mango

Il se prénommait Maurits Cornelis.
Maurits Cornelis Escher.
Quand il est né, le 17 juin 1898, aux Pays-Bas, ses parents ne devaient pas s’attendre à ce que que leur cadet devienne un artiste déconcertant.
Doué pour le dessin, Cornelis a étudié l’architecture, la gravure, les arts décoratifs.
Puis il est parti à Florence où il a commencé à dessiner les paysages sous des angles insolites.
Après l’Italie, il est parti en Suisse, à Château-d’Oex, avec son épouse, mais ne s’y est pas senti heureux.
Il a donc déménagé à Uccle, en Belgique, avant de retourner en Hollande.

L’oeuvre de cet artiste étrange comporte deux volets: des paysages nuageux et la partie quasi mathématique de son travail, qui n’a pas fini de fasciner.
Le plus connu de ses dessins est sans doute la fameuse « Montée et descente ».

On y voit des moines (ou en tout cas des personnages qui y ressemblent beaucoup), arpenter les escaliers d’un édifice apparemment normal.
Ils grimpent un escalier, croisant d’autres passants qui redescendent.
Mais en regardant mieux, on s’aperçoit que la file qui monte ne redescend jamais.
L’escalier accomplit une boucle sur lui-même en ne faisant que monter… ce qui est totalement impossible.
Pourquoi? Parce qu’un escalier d’immeuble prend son départ au rez-de-chaussée pour monter jusqu’au dernier étage.
Ici, par un sortilège né de l’esprit d’Escher, les personnages montent pour se retrouver au point de départ.
Et font de même pour la descente, dans le sens inverse.

Pour réaliser l’impossible, Escher a modifié la réalité, comme il l’a fait pour ses autres figures ambiguës.
Mais il a triché pour la bonne cause, à la gloire du trompe-l’oeil…
L’extrême minutie de l’oeuvre de cet artiste particulier se découvre inlassablement.
Ses dessins, nous les avons tous vus une fois ou l’autre, plus ou moins par hasard.
Disparu en 1972, le dessinateur a laissé un travail interpellant, que le site qui lui est consacré permet de redécouvrir.

Martine Bernier

http://www.mcescher.com/http://www.mcescher.com/