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Archives mensuelles : avril 2010

Il est amusant, Silvano Vinceti, ex-présentateur de télévision italien reconverti dans une nouvelle activité: détective de l’art.
Ce joyeux luron a émis l’hypothèse que la Joconde de Vinci n’est pas un portrait de Lisa Gherardini, l’épouse d’un marchand florentin, comme on le pensait.
Non non…
Pour lui, il s’agit… d’un auto-portrait du grand Léonard.
Rien que cela.
Il est allé repêcher pour cela une thèse déjà entendue par le passé, mais il va plus loin.
Le controversé Silvano, entouré d’une équipe de scientifiques, a décidé de faire exhumer l’artiste, enterré au château d’Amboise, histoire de reconstituer son portrait à partir de ses ossements.

Chez Vinceti, ce n’est pas un coup d’essai.
L’exhumation, il semble adorer cela.
Il a déjà fait déterrer des hommes de lettres et humanistes tels que Dante, Pétrarque et Pic de la Mirandole, et cherche à retrouver la dépouille de Caravage pour lui faire subir le même traitement.

Seulement avec Léonard de Vinci, cela risque d’être un brin plus compliqué, puisqu’il repose en France, jusqu’ici en paix.
Jusqu’à ce jour, le château d’Amboise n’a pas reçu de demande officielle d’exhumation, mais dit avoir été contacté.
L’exhumation pourrait une fois pour toutes prouver si oui ou non, c’est bien le grand homme qui repose à Amboise.
Les chercheurs espèrent dater au carbone 14 les ossements qu’ils comptent retrouver dans la tombe, en profitant au passage pour vérifier que Léonard était bien un homme, et quelles ont été les causes de sa mort.

De nombreux experts se montrent très sceptiques vis-à-vis de la thèse de Vinceti.
Au moins aura-t-il prouvé une chose: avec lui, la notion de repos éternel est très aléatoire…

Martine Bernier

J’ai beau vivre depuis plus de 30 ans en Suisse et avoir la double nationalité franco-suisse, je reste encore un peu « belgienne » au fond de moi.
Et ce que j’ai vu hier au journal de France 2 m’a sidérée.
Les nationalistes flamands expliquaient tranquillement que les francophones n’ont rien à faire à Vilvorde, dans « leur » ville-à-eux-tout-seuls qu’ils ont « gagnée » à la sueur de leurs petits fronts courageux. Le très faible pourcentage de francophones qui ose encore y vivre rase les murs, ne se vante surtout pas de parler français, et ne bénéficie plus que de rares services dans sa langue natale.

Et pan, encore un gouvernement belge qui tombe dans la foulée, après à peine cinq mois de travail.
Ce qui semble faire plaisir aux nationalistes qui clament, tout contents, que la Belgique n’a plus de sens ni de raison d’être.
Il paraît que les francophones jouissent de droits linguistiques qui agacent les flamands, dans la banlieue flamande de Bruxelles, ce qui ne plaît pas du tout à ces derniers.

Lorsque j’habitais Bruxelles, les relations entre Flamands et Wallons étaient déjà assez chaudes.
Mais là…
Je me souviens de mes lamentables efforts, à l’école, pour essayer de parler néérlandais comme on me le demandait au cours.
Je n’étais franchement pas très douée. Je me rattrapais en faisant rire la classe lors des mini scènes que nous devions jouer pour nous habituer à parler en public.
Mon accent était si catastrophique que ma professeur d’alors riait aux larmes devant mes laborieuses tentatives, elle qui était pourtant réputée pour être sévère.
Comme je ne me voyais pas passer ma vie en Belgique, je me disais: « ce n’est pas si grave, ce n’est pas une langue très utile en dehors de nos frontières, je ne vexerai personne… »

De temps en temps, en ville ou à la télévision, je voyais des groupes de jeunes pas si jeunes que cela déterrer quelques pavés bruxellois et se les lancer mutuellement à la figure avec beaucoup de coeur.
Quand je demandais pourquoi ils faisaient ce genre de choses, j’apprenais que les uns visaient les flamands qui, eux, visaient les francophones.
C’était violent. Mais cela faisait partie du folklore, apparemment. Je croyais qu’ils n’étaient qu’une poignée d’allumés à jouer à ce jeu bizarre.

Entre temps, je découvrais la magie des peintres flamands, leur incroyable sens du détail, de la couleur, le rendu soyeux des tissus, la patine de ces oeuvres magiques.
Aujourd’hui comme hier, je me demande comment un peuple peut fournir des artistes aussi sensibles et brillants, et réagir de manière tellement extrême…
J’aimais la délicate beauté de Bruges, les canaux , la vivacité du personnage de Thyl Ulenspiegel.
Depuis que je suis en Suisse, j’ai tissé des liens amicaux avec des Hollandais, raffinés, qui sourient autant que riait mon professeur lorsque j’essaye de m’exprimer dans leur langue. Ils s’amusent, mais sont touchés par l’effort fourni.

L’exemple de la cohabitation, en Suisse, m’a toujours frappée.
Ici, quatre langues se côtoient: l’allemand, le français, l’italien et le romanche.
Les cultures sont très différentes, les caractères aussi.
Les uns se moquent un peu des autres, les autres se moquent un peu des uns, à travers des sketchs, des blagues à deux sous que l’on se raconte en fin de soirée.
Rien de bien méchant.
Ce sont des êtres normaux: ils ne sont pas toujours d’accord entre eux, se fâchent, s’expliquent.
Mais il ne viendrait à l’idée d’aucune de ces communautés de chasser les autres du pays.

Des Belges de ma connaissance me disaient hier qu’ils sont tristes, blessés par ce qui se passe chez eux.
Qu’ils ont honte de l’image que donne de leur pays cette désastreuse situation.
Je regarde les nouvelles qui viennent de Belgique et je ne comprends pas.
Pourquoi font-ils cela?
Peut-on vraiment désirer le chaos, la dissolution de son pays?
Je croyais que la devise de la Belgique était « L’union fait la force… »

Martine Bernier

Lorsque Sarkozy perd ses nerfs et lâche une petite phrase assassine, il ne faut jamais très longtemps pour que celle-ci fasse le tour d’Internet et des medias comme une trainée de poudre.
Amusez-vous à faire une recherche Google sur la petite dernière « Fais pas le malin, toi ».
Elle est devenue aussi célèbre que le nom imprononçable du malheureux volcan islandais maudit par la moitié de la planète en l’espace de quelques heures.
Pour l’un comme pour l’autre, la réaction est la même: on ne peut pas s’énerver en paix, décidément. Quoi que là, on a beau en faire un fromage, ce n’était pas bien méchant, lorsque l’on voit les images de la scène.

Cette fois, c’est à Chambéry que le président a prononcé LA phrase qui fait parler. Il l’a dite à un jeune homme qui s’est essuyé la main sur son pull après avoir serré celle du Grand Chef.
Et hop, tout le monde s’exprime sur l’incident.
Ils ont raison, notez.
Un président, en principe, ne tutoie pas les gens qu’il ne connaît pas, maitrise la moutarde quand elle lui monte au nez, regarde « le peuple » avec respect, n’a pas de réactions lorsqu’il est confronté à ce genre d’événement. D’autant qu’il devait bien se douter, avant son élection, qu’il n’allait pas se retrouver à la tête du Pays de Candy. Il se doit de rester de marbre lorsqu’il endosse le costume de sa fonction, même s’il bout intérieurement.

Mais bon…
Je ne suis pas Sarkoziste, très loin de là . Mais il ne faudrait pas oublier non plus que face à n’importe lequel d’entre nous, le geste qu’a eu ce jeune provocateur aurait été considéré comme une offense qui en aurait énervé plus d’un.
Un manque de respect d’autant plus malheureux que j’imagine que personne ne l’a obligé à se trouver dans la foule et à serrer la main de celui qui passait par là avec son escorte et ses gardes du corps.
Je ne suis pas du tout convaincue que celui qui a eu ce geste l’a fait par conviction politique ou parce qu’il a une âme de piteux révolutionnaire.
Il faudrait le lui demander…
Pas convaincue non plus que son initiative fasse avancer le Schmilblik.

Et c’est encore le même scénario qui se reproduit.
On provoque, il s’énerve, donne du grain à moudre à ceux qui rêvent de lui voir les talons.
Et c’est parti pour une polémique aussi « passionnante » que celle de la fameuse phrase prononcée en son temps au Salon de l’Agriculture.
Ca occupe.

Je me demande si, quand il y repense, le président se demande pourquoi il provoque de telles réactions de mépris. Qui va bien au-delà qu’une simple phrase anodine.
Ou si, comme d’autres de ma connaissance, il reste convaincu de l’opportunité de ses choix et de ses attitudes, sans comprendre la hargne qu’il suscite.

Martine Bernier

J’ai une pensée ce soir pour celui qui est parti en mission en Asie et qui m’a dit, avant de quitter la France, qu’il tenterait de se connecter sur Internet s’il pouvait y arriver. S’il y parvient, je sais qu’il se promènera sur Ecriplume. Je lui laisse donc une pensée amicale pour lui dire qu’il n’est pas oublié.