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Archives mensuelles : mai 2010

Quand les riches famille du Golfe sont contentes, elles le font savoir.
Thonon-les-Bains en a fait l’expérience en recevant 700.000 euros, d’un cheikh sultan proche, dit-on, de la famille royale des Emirats arabes unis.

Cet hôte de marque aime cette ville de Haute-Savoie où il possède une luxueuse propriété qu’il utilise comme résidence secondaire.
Il a souhaité apporter son aide au financement des travaux d’aménagement du parc Corzent, site de 4,7 hectares laissant la part belle à la nature, qui ouvrira au pied du lac Léman fin juin.
Le maire de Thonon affirme qu’il n’y a pas de demande de contre-partie au généreux don du cheikh Ben Hamdan Al-Nahyan
Si c’est exact, la ville peut se vanter d’héberger l’un des mécènes les plus généreux de l’époque.

J’adorerais que l’un de ces mécènes m’aide à réaliser mon plus grand rêve d’écriture!

Martine Bernier

J’aime beaucoup Russell Crowe.
Je n’ai jamais été déçue par son jeu d’acteur, quel que soit le film dans lequel je l’ai vu.

Quand j’ai entendu qu’il allait interpréter Robin des Bois, j’ai eu de l’espoir.
J’avais encore la vision d’un Erroll Flyn, grand lutin en collants verdâtres, un petit chapeau à plumet planté au sommet du crâne, et bondissant comme s’il était monté sur ressorts, ou d’un Kevin Costner ténébreux et séducteur.
Tout est dans l’effet de cils.
Cela ne « collait » pas avec la vision que j’avais du héros légendaire.
Pour moi, un homme qui vit dans la forêt, prenant aux riches pour donner aux pauvres, ne pouvait pas être coquet, voire précieux, avec un brushing parfait et des vêtements coupés sur mesures, bien proprets.
Ou alors un peu salis juste ce qu’il faut pour ne pas paraître négligé.
La vie en forêt doit être dure, je ne l’imaginais pas perdre son énergie à sautiller comme un malade ou à courtiser la moindre biche.

L’annonce du « Robin des Bois » de Ridley Scott m’a donc donné envie de le voir.
Redonnons une chance au mythe…
Je pressentais, comme tout le monde, qu’avec Russell Crowe, nous aurions enfin droit à un héros viril, sobre et crédible.
Après tout, il avait 45 ans au moment du tournage, nous pouvions donc espérer un personnage plus posé, plus profond.
Je n’ai pas été déçue.
J’ai même eu un grand coup de coeur pour le scénario qui sort des sentiers battus, qui nous présente la vie de Robin avant qu’il ne devienne légende.
Un Robin humain, à la fois solide et vulnérable, loin des clichés classiques et du héros de dessins animés.
Il est entouré par une Marianne magnifique (Cate Blanchett), et par des compagnons qui ressemblent à de vrais hommes et non à une bande de gais lurons partis établir un camp scout dans la forêt pour les vacances.

Certaines images du fim sont somptueuses, comme l’arrivée sur la Tamise de la flotte rapportant la couronne de Richard Coeur de Lion à sa mère.
L’histoire raconte que les figurants que l’on voit dans les scènes de combats sont bel et bien réels.
A voir leur nombre, il n’est pas difficile d’imaginer ce qu’a dû être l’ambiance de tournage…
Du grand spectacle…

Des bémols?
Deux ou trois, mais des broutilles.
Nous savions que le roi Jean n’était pas très futé, mais là, il tourne un peu à la caricature (quoi que… la bêtise n’est-elle pas souvent caricaturale, finalement?).
Grand dadais, va… mais finalement si proche de certains hommes convaincus d’avoir raison dans leurs pires erreurs.
Philippe, le roi français est plus pertinent, même si son expression navrée: « Tant pis, nous nous battrons un autre jour », après avoir assisté au massacre de ses troupes, est un peu troublante.
Les scènes de bataille, tournées en numérique, sont saisissantes, mais quelques fois un peu trop rapides, voire floues à force d’être au coeur de l’action.
Et la bande des orphelins de la forêt n’est pas très probante, ressemblant un peu trop à celle des Enfants Perdus de Peter Pan pour être crédible.
Quant à Richard Coeur de Lion, s’il est bien mort des suites de ses blessures en assiégeant le château de Châlus Chabrol, il n’est pas décédé sur le champ de bataille contrairement à ce que montre le film, mais plusieurs jours plus tard.
J’oubliais… Robin des Bois a bel et bien existé au XIIe ou XIIIe siècle, il ne faudrait pas l’oublier.
Seul souci: il aurait voué sa vie à tenter de permettre à son roi, Richard Coeur de Lion, de revenir sur le trône d’Angleterre alors que, dans le film, Richard meurt avant que Robin ne rentre dans son pays.
Une incohérence qui ne trouble pas le scénario pour autant: si vous faites abstraction de ce que vous pensiez savoir jusqu’ici sur le justicier de Sherwood, vous n’en serez pas choqués.

Ce sont les seules imperfections d’un film à l’histoire forte, beaucoup plus solide et intéressante que celles des Robin classiques visités par le passé.
Je ne me suis pas ennuyée un instant, ai même soupiré de voir arriver l’entracte.

Il faut dire que Russell Crowe est décidément un magnifique acteur…
Il porte le film avec cette force discrète qui est la sienne.
Sûr et efficace.

Martine Bernier

Les voyages de presse sont la plus belle façon de découvrir un lieu, une ville, une région.
Quoi qu’en disent certains journalistes blasés, les personnes qui nous reçoivent dans le but de promouvoir leur patrimoine, le font toujours en déployant des trésors d’imagination… et de patience.
Il en faut pour faire face à certaines personnalités pas toujours faciles à aborder.

J’ai la chance d’avoir participé à plusieurs de ces voyages, toujours avec le même bonheur.
Et pour cause… les pauvres malheureux journalistes que nous sommes sont logés dans les hôtels les plus étoilés, reçus aux plus grandes tables.
Des visites privées nous permettent de voir en détails les plus beaux sites loin de la foule, de découvrir des lieux où parfois seuls quelques privilégiés ont accès, de rencontrer des interlocuteurs érudits, fins, cultivés, passionnés et passionnants…
Nous voyageons en avion, dans les trains les plus confortables, en hélicoptère, en bateau.
A Malte, j’ai même eu droit, avec mes collègues, à une somptueuses limousine blanche, ce qui a eu le don de me faire rire…
Moi en limousine, tsss…
Le tout se déroule en compagnie d’un guide aux petits soins.
Un guide qui, pourtant, doit parfois en avoir par-dessus la tête de ces scribouillards si fiers de leur plume, pas toujours attentifs à leurs explications.

Je n’ai jamais refusé un voyage qui m’était proposé.
J’aurais l’impression d’oublier de tourner une page d’un livre précieux.
A travers ces escapades, j’ai découvert des gens fascinants et riches, des merveilles naturelles ou nées de la main et du coeur de l’Homme, l’âme des villes, les ambiances, les techniques, les cultures, des oeuvres d’art, l’Histoire, les religions…

Notez qu’il ne s’agit pas uniquement d’une partie de plaisir.
Si l’on vit correctement un voyage de presse, c’est très fatiguant.
Pour ma part, quand je pars pour quelques jours, je reviens avec une moisson de sujets.
Il faut beaucoup voir, beaucoup apprendre, beaucoup écrire.
Le coeur de ce métier de rencontres que j’aime tant…

Je me souviens d’un jour, à Bilbao, où l’un de mes collègues m’a dit, alors que nous nous apprêtions à pénétrer dans le fameux Guggenheim:
« Quand je pense que je prends du temps sur mes vacances pour être ici… »

A peine ai-je eu le réflexe de lui dire: « Mais… sincèrement, penses-tu vraiment que tu aurais pu t’offrir des vacances aussi parfaites? »

Martine Bernier