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Archives quotidiennes : 5 mai 2010

Hier soir, en sortant Pomme pour sa dernière balade de la journée, j’ai vu voler des chauves-souris tout près de moi, attirées par les lampes qui éclairent l’arrière de la résidence.
Leur vue m’a reportée illico quelques mois en arrière, un soir d’été…

T’en souviens-tu, Stéphane?
Ce soir-là, nous avions longuement parlé.
Même au questionnaire de Proust, tu avais répondu avec beaucoup d’application.
Véro, qui travaillait tôt, le lendemain, nous avait quittés peu avant pour aller se reposer.
La nuit tombait lorsque je t’ai raccompagné.
Nous avons continué la conversation dehors, séparés par le petit muret.
Toi sur la route qui menait à ta maison, voisine de la mienne, moi dans le jardin.
Nous étions très absorbés par ce que nous disions.
Mais pas au point de ne pas remarquer les bruissement d’ailes autour de nous.
Je t’ai dit: « A cette heure-ci, ce ne sont pas des oiseaux. Les nocturnes seraient plus gros, plus timides aussi, sans doute. Ce sont des chauve-souris. »
Tu n’étais pas très rassuré, trouvant bizarre qu’une femme puisse aimer les chauve-souris.
Nous avons ri en plaisantant sur le fait qu’elles ne risquaient pas de se réfugier dans tes cheveux…
C’était une de ces soirées d’été paisibles, ni trop chaude, ni trop fraîche, sous un ciel très étoilé.
Une de celles qui a abrité nos plus beaux échanges, dont nous sortions si proches.
J’ai toujours pu lire dans ton regard l’état dans lequel tu te trouvais.
Tu y arrivais toi aussi avec moi.
Après ces conversations, tu étais heureux, apaisé, et cela se voyait.
Nous revenions simplement sur les sujets essentiels, ceux qui donnent du sens à nos vies.
Il n’y avait rien de superficiel ni de vain.
Des mois après, je peux toujours me souvenir de leur contenu, de nos mots, des émotions.

Elles font partie de ces choses qui me manquent le plus.

Ce matin, il pleut. Je me régale de ce ciel chargé, de cette pluie qui rend le paysage sauvage et qui met ma chienne d’humeur morose.
Lorsque j’avouais adorer la pluie, l’orage, tu me regardais en souriant et tu disais:
« Tu es un peu malade, toi! Il va falloir que l’on en parle à la réunion de vendredi soir! »
Je sais, c’est très bête. Mais cela me faisait rire. Et toi, tu étais ravi d’y être arrivé.
Il y avait tellement de tendresse dans ton regard…
T’en souviens-tu, Stéph, mon Bon Géant?

Martine Bernier

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