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Archives quotidiennes : 8 mai 2010

Il fallait que je la voie…
L’exposition « 100 chefs-d’oeuvre du Städel Museum », au Musée de l’Hermitage de Lausanne se termine le 24 mai.
Il n’était pas envisageable pour moi de la manquer, sachant ce qui y était présenté…
Ce samedi, la chance m’a été offerte de pouvoir la découvrir.
En forme ou pas, je ne l’ai pas laissée passer.
Comme à chaque fois, le néo-classissisme m’a touchée modérément.
Plus loin un Van Gogh beau mais sombre a attiré mon attention. Evidemment…
J’ai commencé à prendre vraiment goût à ce que je voyais devant un tableau de Courbet que je ne connaissais pas, « L’entrée du village ».
Mais c’est dans la deuxième salle du musée que j’ai eu droit à ce frisson que vous ressentez devant les oeuvres qui vous bouleversent.
Ces peintres qui me ravissent toujours, tant d’années après leur disparition, étaient là. Je sais, je ne suis pas originale, j’aime de très grands artistes. Mais… leurs oeuvres sont tellement belles qu’il est difficile de faire autrement.
Un très beau Cézanne (« Route de forêt en montagne »), « La partie de croquet » de Manet, un Sisley délicat (« Bords de la Seine en automne ») et puis… trois merveilles absolues.

Tout d’abord un tableau de Monet que je n’avais jamais vu autrement qu’en reproduction: « Maison au bord de la Zaann ». L’art consommé de Monet pour imprimer un mouvement à l’eau, sa palette de couleurs tendres, l’harmonie qui se dégage des demeures qu’il a peintes signent un ensemble irrésistible. La profondeur, la vie qui frémit dans cette toile… Monet était un grand, un très grand peintre.
« Mon » peintre.

« La fin du déjeuner » de Renoir est lui aussi très représentatif du talent de ce peintre dont l’une des spécialités était les tableaux à plusieurs figures. L’artiste y a joué avec la lumière d’une façon magistrale. La couleur nacrée et légèrement rosée de la peau, les expressions délicates des visages… Voir un Renoir est à chaque fois un cadeau.

Les « Musiciens à l’orchestre » de Degas est l’un des tableaux que je préfère de cet homme qui avait l’art de choisir des angles complètement insolites. En regardant cette toile, chacun a l’impression d’être parmi les musiciens, dans la fosse d’orchestre l’Opéra, regardant sur la scène les danseuses en tutu noyées de lumière. Oui, une merveille…

Ces trois tableaux, si différents les uns des autres, peuvent bel et bien porter le nom de chefs-d’oeuvre…
Ils font partie de ceux dont il est difficile de se séparer, à la fin d’une visite, que l’on a envie de revoir encore et encore….

Il serait restrictif de ne citer qu’eux, pourtant.
L’exposition réserve des surprises, beaucoup de surprises.
Dont des toiles fascinantes de Wilhem Altheim, de Fritz von Uhde, un beau Rousseau (« Allée dans le parc de Saint-Cloud)…

Au sous-sol, l’une des plus belles oeuvres de Picasso « Portrait de Fernande Olivier », et le très étonnant « Etang de Gelmeroda », de Lyonnel Feininger.

Nous repassons par la salle qui m’a offert une si belle émotion. Et je file me procurer le catalogue de l’exposition, pour prolonger l’instant…

Les expositions de l’Hermitage ont toutes un point commun: elles ne s’oublient pas.
Les amateurs d’Art en sortent très touchés, et pour longtemps.
C’est mon cas.

Martine Bernier