juin 2010
L M M J V S D
« Mai   Juil »
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
282930  

Catégories

Catégories

Archives mensuelles : juin 2010

 

Dans le pays de Caux, cette commune de Seine-Maritime, en Haute Normandie, porte un nom original: Allouville-Bellefosse.
A priori, personne n’en entendrait spécialement parler si elle ne disposait pas du chêne le plus vieux de France, datant du IXe siècle.
Cinq mètres de circonférence et un tronc creux, c’était tentant… et c’est aujourd’hui d’autant plus fascinant que, dans le chêne en question, ont été construites deux petites chapelles. superposées.

Les touristes intrigués font halte pour observer l’édifice et repartent.
Et l’histoire pourrait s’arrêter là.

Mais il y a ceux qui se posent LA question: qui a bien pu ériger cette étrange cabane?
Renseignements pris, nous la devons au curé du village de l’époque.
En 1696, il a décidé d’aménager dans le chêne creux une chambre destinée à un ermite.
Pour pouvoir accéder à cette cellule, au premier « étage », il a construit un escalier qui s’enroule autour du tronc.
Et il ne s’est pas arrêté là.
Au « rez-de-chaussée », il a installé une chapelle.
La Chapelle de Notre-Dame de la Paix dispose d’une salle de… 15 mètres de circonférence.
Sept personnes, dit-on, peuvent y tenir, en mode « boîte de sardines ».

L’histoire dit encore que, pendant la Terreur, le chêne a failli être rasé en raison de sa connotation catholique.
Mais le bedeau a feinté en y posant une pancarte avec l’inscription: « Temple de la Raison ».
Allez savoir pourquoi, les sans-culotte ont poursuivi leur route sans y toucher.

Martine Bernier

 

J’appelle cela les « menus événements », ceux qui font la trame, qui sont comme des notes sur une portée et qui composent une journée.
Dans le coffre virtuel de ce qui sont déjà les souvenirs de ce mardi d’été, j’ai rangé une multitude de choses…

Aurore passait la première partie de son brevet aujourd’hui.
Elle, si brillante, avait la boule au ventre hier soir.
Elle vise la mention, mais n’est sûre de rien.
Moi si…
Mon premier geste, après avoir sorti Pomme, très tôt, est de lui laisser un message sur son téléphone.
Elle répond.
Je l’accompagne par le coeur.
Le soir, elle m’appelle.
Elle a assuré en math, est moins sûre d’elle en français, craint l’Histoire pour demain.
Et n’arrive pas à me faire douter!

Un article compliqué attend que je le termine.
Je m’y attelle tandis que Pomme entreprend de ranger mon bureau à sa manière.

Dans la matinée, je rouvre le livre dont j’achève l’écriture ces jours-ci.
Je sais qu’il me reste très peu de mots avant que je n’applique le point final.
Comme à chaque fois, ce sont ceux que j’ai le plus de mal à poser.
Je dois avoir peur de l’envoyer… comme toujours.

A force d’être ce qu’il était, je finissais par le croire immortel.
Nicolas Hayek, créateur des montres Swatch, est décédé hier.
Il avait apporté un nouveau souffle vital à l’industrie horlogère suisse.
Molière, dit-on, est mort sur scène.
Lui a eu une crise cardiaque dans son bureau…

Aujourd’hui, cela fait six mois.
Six mois que Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière ont été enlevés en Afghanistan.
Six moix… c’est insupportable…

Une amie perdue de vue me retrouve par Ecriplume et me laisse un message, me disant qu’elle désire reprendre contact.
Je lui réponds.
Nous avions vingt ans à l’époque et étions en Suisse depuis peu, toutes deux venues de Belgique.
Elle était flamande, moi francophone.
Nous nous étions rencontrées en montagne.
Les gens nous taquinaient, s’étonnant de nous voir nous entendre aussi bien.
Simplement, c’était elle, c’était moi.
Elle est partie pour l’Espagne, je suis restée en Suisse.
Sa réapparition dans ma vie me touche…

Le facteur arrive, chargé d’un paquet pesant.
Il découvre Pomme qui lui fait la fête, rit de sa petite bouille et de son attitude.
J’ouvre le colis: quinze nouveaux livres rejoignent les autres pour que je les présente…

L’un de mes fils, qui est venu me débarrasser d’un nid de guêpes, me parle de son expérience toute fraîche de « beau-papa ».
Il m’explique le bonheur qu’il tire de cette aventure, les difficultés parfois, et commence à prendre conscience de la complexité de la tâche.
Cela nous ouvre un horizon nouveau dans nos échanges.
A son tour, il devient responsable d’une petite vie…
Et il assume.

Un ami m’appelle, en qui j’ai confiance.
Il faut dire qu’il est dans ma vie depuis longtemps…
Il me fait penser à Lui.
Même bon sens, même droiture, et ce don d’être là quand il faut, de ne pas se dérober.

La chaleur est étouffante.
Alors que j’emmène Pomme près du Torrent, deux petits garçons, enfants de voisins, demandent à caresser ma chienne, avec leur maman.
Ils ont à la fois envie et peur de l’approcher.
Pomme est vive, ravie de rencontrer des humains presque à sa taille.
Je la calme et j’explique son « mode d’emploi » aux petits, attentifs.
Au final, ils en sortent ravis:

– Elle m’a léché la main!!
– Oui, tu vois, c’est sa façon de faire des bisous…
Joyeux, ils suivent leur maman vers leur appartement et se retournent plusieurs fois en agitant la main:
– Au-revoir, Pomme!!
Ils semblent sortis d’un livre d’images…

Le téléphone sonne.
Fred, l’un des anges gardiens du Carré d’Or a envie de me parler alors qu’il « fait la route ».
Nous retrouvons notre complicité…
Ce lien qui existe avec ceux de là-bas me bouleverse à chaque fois…

Un nouveau message arrive des corbeaux coassants.
Ils sont rudes, cyniques, mais m’ouvrent les yeux sur la réalité d’un homme qui s’est fait passer pour quelqu’un qu’il n’est pas.
Sans doute s’amuseront-ils de savoir qu’un auteur est rentré en contact avec moi pour que je m’intéresse à son livre parlant des manipulateurs pervers narcissiques.
Un comble, n’est-ce pas?
Je demande le livre en service de presse.

Le téléphone re sonne et la voix de l’une de mes amies résonne.
Comme ceux qui me sont vraiment proches, elle a compris que leur présence et leur amitié m’est nécessaire…

Ce mercredi, je retourne voir mon chirurgien.
Cette fois, je sais que notre prochaine rencontre, que nous fixerons demain, se déroulera dans une salle d’opération.
Le plus tôt possible, j’espère.
Je voudrais être solide pour entrer dans le monde de Monet en septembre…
Monet, qui est l’objet d’un sujet au 20 Heures de France 2.
Le musée Marmottant de Paris, qui lui est consacré, propose une exposition mettant en présence les oeuvres du maître de l’Impressionnisme et celle de Marc Roshko, peintre de l’abstrait. But de l’opération: démontrer que Monet a inspiré l’abstraction…

La nuit ne semble pas vouloir tomber.
La lumière traîne, s’étire encore et encore, laissant dans son sillage un voile de poudre d’or.
Comme si elle non plus n’avait pas trop envie d’affronter la journée de demain.

Martine Bernier

Tout le monde le sait: l’actuel souverain de Versailles est le public.
Il fallait donc le choyer pour le satisfaire, le séduire, lui donner envie de revenir.
Six millions de visiteurs par an, cela méritait un effort…
C’est aujourd’hui chose faite: le château de Louis XIV termine bientôt son onéreux lifting.
Fini, les salles figées et un peu poussiéreuses, l’ambiance glaciale et lourde imprégnée de ce fascinant passé.
Les temps changent, plus personne ne s’étonne de voir une Marie-Antoinette transformée en star du rock par Sofia Coppola.
Il fallait donc rafraîchir Versailles.
Tout a été revu, restauré, climatisé, chauffé, amélioré, sécurisé, remeublé, redoré, déplacé, modifié, amélioré, dit-on.
Lieu d’accueil, toilettes, salles à manger: les visiteurs ont été gâtés.
Dedans comme dehors.

Alain Baraton, le talentueux chef jardinier du Château, me disait, lorsque j’avais été le rencontrer, qu’avec les dons versés spontanément après la tempête, le parc avait été partiellement replanté.
Un travail gigantesque que le Roi Soleil n’aurait pas renié…
Mais surtout, surtout…
Le musée de l’Histoire de France voulu par Louis-Philippe Ier, en 1830, sera remise en valeur.
Plus de 12 000 mètres carrés accueillant 6000 toiles, jusqu’ici peu présentées au public.
Les galeries historiques, libérées par le Parlement, vont être repensées pour rendre la visite cohérente.
Il faudra plusieurs années pour arriver au bout de ces nouveaux travaux, mais l’an prochain déjà, une exposition permanent consacrée à l’histoire du château sera proposée.
Et si vous ne pouvez vous déplacer, vous pouvez déjà consulter la visite virtuelle

Oui, Versailles se met au goût du jour pour mieux affronter le temps.

Je n’oublie pas, de mon côté, cet interview réalisée d’Alain Baraton dans son bureau, dans une aile à l’écart de la foule, sous les yeux de son chien.
Là où logeait Molière lorsqu’il séjournait au château.
Avec cet artiste jardinier, j’ai ressenti, vibrante, la douce présence des ombres du passé.

Martine Bernier

www.chateauversailles.fr