Catégories

Catégories

Archives mensuelles : juillet 2010

C’est écrit dans le livre je crois le plus lu au monde: il faut trois jours pour ressusciter.
D’une douleur physique en tout cas.
Pour le reste, c’est bien plus long.
Je confirme ou à peu près: le résurrection se fait par étapes quand elle veut bien intervenir, mais commence bel et bien après le troisième jour!

Alors que la troisième aube se lève et que le pire est passé, le regard de Pomme me fait comprendre qu’elle est toujours inquiète.
La veille au soir, nous avons eu une longue conversation, toutes les deux.
Debout sur ses pattes arrières, appuyée sur mon lit sur lequel j’étais couchée, elle m’a fixée de ses petits yeux sérieux pendant d’interminables minutes.
Depuis son retour de chez mes voisins qui ont eu la gentillesse de la prendre pendant le plus dur de la crise, elle n’allait pas bien.
Il était temps que je lui montre qu’elle n’avait pas à avoir peur.
L’incroyable gravité de son regard m’a frappée.

Des visages, des voix, des mots qui me font sourire, la journée se passe ancrée dans un présent mouvant.
Et puis, en début d’après-midi, quelqu’un remet dans ma vie une chanson d’avant-hier, dont les paroles sont encore gravées dans ma mémoire.
« Actualités », de Stéphane Golmann.
Deux personnes de mes « presque proches » la connaissent comme moi.
Un texte que je n’ai jamais pu oublier, par la force de sa simplicité.
Je la chantais souvent, adolescente.

La musique aide…
Durant ces trois jours, j’ai souvent mis en sourdine celle de « Ben l’Oncle Soul », que j’écoute souvent en ce moment.
Plus tard, je me souviendrai qu’il a apporté une note d’harmonie dans des moments délicats…

Ce soir, les feux d’artifices vont résonner sur la Suisse.
Demain, ce pays qui a pansé mes blessures par deux fois fêtera sa fête nationale.

Martine Bernier

Je rêve… après la France, l’Italie annonce que d’ici la fin de l’année 2010, 12000 biens publics passeront aux collectivités locales pour une possible vente aux privées.
Et quels biens…
Des trésors…
Les sommets des Dolomites (si!! On peut vendre les sommets des Dolomites!!), des phares de la côte sicilienne, la colline de Superga, près de Turin, les somptueux palais milanais, de vieux aéroports, des casernes, des îlots, des plages, des musées, des terrains agricoles…
Les caisses sont vides, l’Etat ne peut plus assurer la maintenance ou la restauration de ces biens.
Les communes et autres régions vont donc devoir les prendre en charge et pourront les vendre au meilleur prix.
Le tout représente la bagatelle de 3,6 milliards d’euros, et d’autres biens suivront.
Cela donne froid dans le dos.
Qui dit privé dit interdit au public.
J’espère au moins que les biens qui le méritent seront classés aux monuments historiques pour que les acheteurs ne puissent en faire n’importe quoi…

Cerise sur le gâteau, cette autre nouvelle venue d’Italie.
J’aime Charlemagne.
C’est comme cela.
Pas pour son côté conquérant, mais pour mille autres facettes qui faisaient de lui un homme à la fois fort et complexe, fascinant.
J’ai découvert que, selon l’International Herlad Tribune, le château lui ayant appartenu, et situé à la frontière de la Toscane et de l’Ombrie, est mis en vente

Il serait vendu avec les forêts et les bocages d’olives des alentours pour une surface totale de 129 500 m².
Selon les experts, la plus vieille partie du château a été construite en 802.

802…

Pourvu, pourvu qu’il soit protégé…

Martine Bernier

Pourquoi faut-il toujours, lorsque vous avez un souci de santé, que celle-ci se dégrade exactement pendant la période de vacances de vos médecins?
Par malchance, les deux « miens » ont pris leurs vacances en même temps.
En l’occurrence, depuis deux jours, je réalise que ce n’était pas une bonne idée.

Même dans les moments les plus difficiles, Pomme a besoin de soins et d’attention.
La première sortie, à l’aube, est chancelante.
La pluie me ranime, mais les séquelles de la nuit qui vient de se passer se font sentir.

Chacun sait qu’être mal durant la nuit est plus angoissant que le jour.
Surtout quand on est seul.
Ne pas paniquer…
Essayer de comprendre, d’analyser la situation sans perdre son sang-froid.
C’est possible tant que la douleur est gérable.
Lorsqu’elle ne l’est plus, c’est dangereux.

Je réalise cette nuit que j’ai beaucoup appris au contact de ces deux médecins, pourtant très différents, qui m’accompagnent.
Ils ont réalisé tous les deux que j’avais besoin de comprendre les mécanismes de ce qui m’arrivait, et d’en connaître les causes, les options possibles.
C’est grâce à eux que j’arrive à analyser les choses, et à soupeser ce qui est sérieux et ce qui l’est moins.
Tout a été prévu, sauf un détail: l’intolérance aux médicaments.

Le jour qui se lève sur un lac couvert d’un long nuage fin me ramène à une réalité diurne plus réconfortante.
Cela ne va pas mieux, mais la lumière est revenue.

Je pense à la dernière interview que Mireille Dumas avait faite de Bernard Giraudeau.
Il avait mis des mots justes sur sa maladie, avait décrit avec lucidité et pudeur le quotidien, les angoisses, les besoins.
Chaque personne traversant un moment difficile à ce niveau pouvait se reconnaître dans ce qu’il disait.
Il expliquait notamment que le temps entre deux scanners est long, très long.
C’est tellement vrai…

Tard dans la nuit, une nouvelle lettre non signée est arrivée par l’intermédiaire du blog.
Elles sont si fréquentes que quelque chose d’étrange s’est instauré.
Aujourd’hui, j’en sais un peu plus sur ceux qui les écrivent et sur leur motivation.
Et… je les comprends.
Simplement, je n’adhère toujours pas au procédé.
Ils ont répondu à certaines des interrogations que je leur adressais pas l’intermédiaire d’Ecriplume.
Mais m’expliquer que celui dont ils me parlent a recommencé ses frasques, que celle qui vit avec lui a du souci à se faire, qu’il dissimule, se cache sous d’autres adresses email pour « brouiller les pistes » ne me touche pas ou pas dans le sens espéré. Je sais comment il fonctionne… et l’écoeurement ne m’a jamais quittée.
Pour ne pas continuer à encombrer le blog sur ce sujet, je cherche à ouvrir une page qui ne s’adressera qu’à vous, les Ombres, dont cette étrange correspondance me trouble.
J’y réfléchis, j’ignore encore comment m’y prendre.
En attendant, je vous renouvelle mon opinion: dites-leur en face ce que vous avez sur le coeur.

La journée passe, s’étire, et je n’ai toujours pas pris ma décision.
Dois-je repasser visiter les locaux de l’hôpital où vais-je essayer de franchir une nouvelle nuit loin des « pique-tout »? C’est ainsi que j’ai surnommé les poseurs de perfusions.
En début d’après-midi, j’alerte mes proches.
J’ai franchi le cap d’alarme.
Je crains de ne pas finir la journée là où je le voudrais.

Je laisse donc exceptionnellement ces quelques lignes plus tôt dans la journée, avec l’espoir de pouvoir rentrer.
Ce soir ou plus tard.
Martine Bernier