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Archives quotidiennes : 7 juillet 2010

Elle a aujourd’hui atteint sa taille et son poids d’adulte.
Cinq kilos de vie, de tendresse et d’humour.
Un humour parfois très décalé, d’ailleurs, et un caractère de gavroche malicieux.

Comme tout bon bichon havanais qui se respecte, Pomme a de la personnalité.
Elle a surtout une particularité, comme je l’ai déjà dit: elle « emprunte »
Tout et n’importe quoi.
Notez que je n’ai pas dit qu’elle volait. Elle n’apprécierait pas.
Cette kleptomanie canine n’est pas uniquement un travers.
Elle a compris que lorsqu’elle s’approprie ce qui ne lui appartient pas, je réagis.
Ce qui la fait rire de toutes ses dents.
Enfin… de ce qui lui reste de dents puisque, comme un enfant, elle perd ses dents de lait.
La chaleur lui pèse, ce qui, semble-t-il, la pousse à multiplier les bêtises.

Un soir où j’étais au téléphone, dans mon salon , je l’ai vue passer, partant de ma chambre en direction de mon bureau où se trouve son panier, et traînant derrière elle un tissu noir.
Absorbée par la conversation, je n’ai pas fait vraiment attention.
Je l’ai juste revue passer en sens inverse, cette fois sans rien emporter.
Trois minutes plus tard, elle repassait, à nouveau chargée, posait son butin dans son nid et repartait.
Elle a renouvelé son manège à plusieurs reprises jusqu’à ce que je me décide à me lever pour voir ce qu’elle emportait…. 
J’ai failli m’étrangler en découvrant la quasi entièreté de ma lingerie soigneusement entassée dans son panier.
En bredouillant une excuse à mon interlocuteur, je me suis ruée dans ma chambre où j’ai vu mon mogwaï les deux pattes posées sur le tiroir de ma commode que j’avais oublié de refermer, choisissant consciencieusement ce qu’elle allait encore bien pouvoir emporter.
Quelques minutes après, je découvrais qu’elle arrivait à ouvrir ledit tiroir.
Une sérieuse leçon de morale s’imposait…

Il arrive parfois que ses larçins tournent au vaudeville.
Un matin, alors que je travaillais, le bruit d’une galopade m’a fait comprendre que le moment du quart d’heure de folie quotidien était arrivé.
Dans ces cas-là, il ne faut rien faire, si ce n’est attendre que cela se passe.
Oreilles aux vents, elle court comme un sprinteur olympique en jappant de joie (quoi que… à la réflexion les sprinteurs jappent assez rarement…), passant par toutes les pièces, tous les recoins. Si, dans certaines pièces, les risques se limitent à s’assommer contre un mur, les choses sont différentes dans mon bureau où une véritable jungle de fils électriques perturbe le parcours.
Ce qui devait arriver n’a pas manqué d’arriver…
Elle s’est pris les pattes dans les fils et a fait tomber de son socle le téléphone… sans fil.
Je me suis interrompue et je l’ai regardée.
Elle a stoppé net, s’est retournée, a croisé mon regard quelques secondes, le temps de réaliser que je n’étais pas vraiment fâchée, a vu la téléphone et a réussi, par je ne sais quel miracle, à le saisir et à filer avec son trophée.

– Ah non! Pomme! Viens ici!

Re arrêt.
Re regard dans ma direction et redémarrage en trombe dès que j’ai fait mine de m’approcher.
A la course, je le sais, face à un tel adversaire bichon ascendant Speedy Gonzalès, je n’ai aucune chance.
J’ai donc trouvé une autre solution.
Tandis qu’elle continuait à courir autour de la table, j’ai pris mon téléphone portable et j’ai appelé ma ligne fixe.
Dès que sa proie a commencé à sonner, Pomme a fait un bond de kangourou et l’a lâchée.
J’ai récupéré mon bien en riant.
Bonne joueuse, elle m’a adressé un large sourire et a rendu les armes…

Ce jeudi, Pomme ira chez l’un de mes voisins avec lequel elle partage une belle amitié.
Pendant ce temps, j’irai reprofiter de la salle d’opération de la clinique lausannoise, histoire de revoir mon chirurgien à l’oeuvre.
On ne s’en lasse pas.

Martine Bernier