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Archives quotidiennes : 4 août 2010

Quelle injustice….
Comme il doit être triste Monsieur Parmentier, de se dire que tant de gens ne pensent à lui qu’en associant son nom à la pomme de terre, au hachis, aux frites ou à la purée…

Il doit s’en mordre les doigts, sur son nuage, ce pharmacien agronome picard, d’avoir consacré tant de temps à la sauvegarde du tubercule détesté à l’époque car accusé, entre autres horreurs, de transmettre la lèpre!
Ses autres travaux sont pourtant essentiels.

C’est vrai qu’Antoine Augustin Parmentier, né en 1773, a beaucoup fait pour qu’arrive jusqu’à nous la précieuse pomme de terre.
Mais saviez-vous qu’il a aussi été un visionnaire en matière d’alimentation, et qu’aucun de nos diététiciens ne renie aujourd’hui son travail?

Pharmacie de troisième classe participant à la Guerre des Sept Ans, c’est en prison qu’il a découvert la valeur nutritive de la pomme de terre dont les Allemands étaient friands.
En 1765, il devient pharmacien à l’hôtel royal des invalides.
Un endroit où se retrouve toute la misère du monde…
C’est là qu’il étudiera les problèmes liés à l’hygiène, la conservation des aliments, la chasse aux rats, la qualité de l’eau, le fonctionnement de la boulangerie… autant d’éléments concernant de près ce genre d’établissement.
La période est aux guerres, à la famine… il faut nourrir les populations.
C’est dans ce contexte qu’il va se battre pour banaliser la culture de la pomme de terre.
Mais il ira beaucoup plus loin, en s’intéressant à la conservation des aliments, et à bien d’autres plantes alimentaires.
Le raisin, le maïs, la châtaigne, le riz, la canne à sucre, le thé, le coton, le tabac: toutes l’intéressent.

Il se penche sur la digestibilité du lait en s’allouant les services d’une assistante peu commune: une vache sans cornes lui permettant de travailler sans se blesser.

Parmentier avait à coeur que le peuple ne souffre plus de la faim.
Il a réuni ses observations dans un « Traité d’économie rurale et domestique » qu’il écrira à l’intention des femmes.
Personne ne l’avait jamais fait avant lui…
Vulgarisateur, pédagogue, chercheur… il repartira pourtant en tant que pharmacien des armées lors des guerres napoléoniennes.
Et cette fois, il étudie les vertus du quinquina, donnant des conclusions qui seront écoutées et appliquées par l’Empereur lui même.

Comme Molière, Parmentier ressentait une sérieuse méfiance vis-à-vis de la médecine de son temps.
Pour lui, la santé résidait dans la prévention et dans ce qui passait dans les assiettes.
Un discours qui n’a pas pris une ride…

Alors… inventeur de la pomme de terre, Monsieur Parmentier?
Oui, mais pas uniquement.
Précurseur de la nutrition moderne aussi…

Martine Bernier