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Archives mensuelles : novembre 2010

J’ai beau détester l’hiver et savoir qu’il me met en danger, je dois reconnaître que les nuits parmi les plus belles naissent durant cette saison.
Ce matin, il faisait sombre à la première sortie de Pomme.
Mais pas nuit noire…
Nuit bleue.
Un croissant de lune net et lumineux éclairait le sommet enneigé des montagnes.
Sa lumière se reflétait sur la neige autour de moi.
Le ciel était bleu sombre, piqueté d’étoiles.
D’une beauté saisissante.

Même si Pomme pourrait jouer des heures dans la neige, je ne peux pas y rester trop longtemps.
Retour dans un appartement chaud et « cosy », qui commence déjà peu à peu à prendre son aspect de Noël.

Depuis cinq jours, Ecriplume explose ses records d’affluence.
Pourquoi? Je l’ignore.
Mais plus de 300 visites sont enregistrées quotidiennement.
Beaucoup de courrier également, en messages privés.

Et parmi eux, les messages des Ombres.
Insupportables Ombres…
Cela fait plus d’un an et demi que vous m’adressez vos lettres électroniques plusieurs fois par mois.
Elles parlent toutes de la même personne, qu’aujourd’hui vous surnommez « Le Roi des Mollusques ».
Joli nom…
J’ai droit à des résumés détaillés de tous ses faits et gestes, de ses déclarations toujours aussi fines, de ses comportements toujours aussi imbus de lui-même, de ses projets de petits réveillons à la montagne, de ses ventes de champagne et j’en passe.
Voyons… combien de fois par le passé vous ai-je demandé de ne plus m’adresser ces messages?
Ils ne m’intéressent pas.
Votre « Roi » s’est comporté de manière tellement monstrueuse que j’ai toujours la nausée en pensant à lui.
Merci de garder pour vous le récit de sa très petite existence.

Je retrouve Celui qui m’accompagne avant que le jour ne se lève.
La journée commence sur ses mots, sur son sourire, qui viennent effacer le passage des Ombres.
Et je repense à cette phrase d’Aragon: « La lumière de la mémoire hésite devant les plaies ».

Martine Bernier

Lorsqu’Il arrive, le vendredi soir, Celui qui m’accompagne cache souvent des trésors dans ses sacs.
Cette semaine, cela n’a pas manqué.
Je me suis retrouvée avec une boîte remplie de mes biscuits préférés, réalisés de ses blanches mains.
Pardon: de ses mâles mains bronzées.

Dès que j’ai vu cette boîte, j’ai eu un coup de foudre.
C’est très bête de craquer pour une boîte, je sais.
Mais c’est ainsi.
De forme cylindrique, en fer blanc, elle porte le sigle Georges Blanc, le célèbre cuisinier.
Blanche, elle arbore le dessin du coq, symbole de cet artiste de l’art culinaire.
On le retrouve d’ailleurs dans sa boutique gourmande, en ligne.

Entre ma boîte et moi, la relation s’est instaurée tout de suite.
Partout où je la pose, j’ai l’impression qu’elle apporte une note joyeuse.
J’ai le sentiment d’avoir en moi le souvenir d’un objet qui lui ressemblait et qui me rassurait.
Un objet oublié…
Il n’y a pas énormément d’objets auxquels je tiens vraiment.
Mais certains me suivent depuis mon départ de « chez moi », alors que je n’étais qu’une très jeune adolescente.
D’autres sont venus se greffer, devenus importants, précieux au fil des ans.
Un petit pot en terre cuite représentant un éléphant plutôt laid, créée par l’un de mes fils lorsqu’il était enfant, ne quitte par exemple jamais mon bureau.
Des statuettes venues du Louvre, et, depuis peu, une statuette en bois, un bouddha en résine et un panier sculpté dans de l’olivier lui aussi, sont venus s’ajouter à  mes compagnons de route hétéroclites.

Quand tout chavire dans une vie, ces objets sans valeur réelle sont des balises rassurantes.
Ils m’ont aidée.

Lorsque je visite une exposition d’art ancien, je regarde toujours les objets du quotidien d’autrefois en me demandant à qui ils ont appartenu, qui étaient ces hommes, ces femmes ou ces enfants qui y tenaient.
Ils sont émouvants.
Des mains les ont touchés, utilisés, ils ont été aimés.

La boîte a rejoint la cohorte de ces objets que j’apprécie
Les biscuits qu’elle contenait, par contre, ont vécu!

Martine Bernier

Les spécialistes et la presse spécialisés le soulignent: suite à la crise qui a frappé le marché de l’art en 2009, celui-ci est devenu plus « mature ».
Le dernier rapport annuel d’Artprice, qui s’appuie sur les chiffres des ventes aux enchères, nous explique que l’art se vend toujours bien, mais moins cher.

Les oeuvres à moins de 10000 euros font ainsi un tabac.
Par la même occasion, les enchères millionnaires ont baissé, notamment chez les artistes dits « symboliques de l’ère bling-bling », comme Jeff Koose, Richard Prince ou Damien Hirst.
Les acheteurs les ont délaissés pour revenir à des valeurs plus anciennes de l’art contemporain.
Et ce pour moins cher, donc.

Chic, vont se dire les amoureux de l’art…
Ce dernier deviendrait-il plus accessible?
Oui oui…
Ainsi, à New York, en ce mois de novembre, « Le Nu assis sur un divan (La Belle Romain ») de Modigliani, a été venu pour… 69 millions de dollars, ce qui représente un chiffre record pour l’artiste italien.

Ah oui, c’est nettement plus abordable…

Tiens, je finis sur une bonne nouvelle, ce soir: une petite toile de Degas « Blanchisseuses souffrant des dents », a été retrouvée!
Elle avait été volée au musée du Havre en 1973.
Et retrouvée par hasard chez Sotheby’s, à New York, alors qu’elle allait être mise en vente.
Il serait facile de partir dans des « si » et des « comment? ».
Je dirai juste que je suis heureuse que ce petit tableau ait quitté le Musée de l’Invisible pour retrouver la lumière et les yeux du public.

Martine Bernier