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Archives mensuelles : mai 2011

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Jean-Marc Lattion a créé un monde fantastique, peuplé d’œuvres en métal façonnées au feu de sa forge ou de son chalumeau. Et a transformé en art un métier délaissé.

Lorsque vous demandez à Jean-Marc Lattion s’il est ferronnier ou artiste, il répond qu’il est sculpteur. À première vue, son atelier de Colombey (VS) ressemble à un lieu de travail classique, parsemé de machines et d’outils. Mais à y regarder mieux, le local est rempli de merveilles. Des chats élégants, des statuettes, du mobilier tout droit sorti d’un film fantastique: le tout, inclassable, ressemble à celui qui les a créés.
Jean-Marc Lattion est un personnage. Jeune homme, il entame des études d’ingénierie en mécanique qu’il délaisse au bout de quelques trimestres, déçu par l’atmosphère estudiantine. Il devient programmeur informaticien, mais étouffe dans son métier. « Je voulais une liberté totale, explique-t-il. Mai 68 était passé par là, et je ne voulais plus recevoir d’ordre de qui que ce soit. En regardant mon oncle, ferronnier, forgeron et maréchal-ferrant, j’avais appris les bases de son métier dès l’enfance. J’ai décidé peu à peu de me mettre à mon compte comme ferronnier d’art. »
Il fallait oser… L’homme est marié, père de trois enfants, et le métier est en voie de disparition. Rares sont les personnes qui apportent encore des outils à réparer. En 1976, il débute en réalisant quelques décorations pour les maisons et… une sculpture de chauve-souris commandée par un particulier. Le défi lui plaît. Il réalise un croquis et signe sa première œuvre.

Un monde imaginaire

Le travail du métal, pourtant pénible et long, le passionne. Il met au point une méthode novatrice qui lui permet de chauffer et de travailler le métal au chalumeau et non plus à la forge qu’il utilise de moins en moins.
Réalisées avec du matériel de récupération, ses œuvres sont impressionnantes, sorties en droite ligne de son imagination débordante. Sa dextérité à travailler le fer, l’acier ou l’aluminium est telle qu’il arrive à donner l’illusion qu’il recouvre ses tables d’un tissu noir, alors qu’il s’agit d’un effet de drapés en métal aux plis étrangement fluide. Ses chaises sont conçues autour de sièges de vieux tracteurs, qu’il recherche toujours dans le but de leur offrir une nouvelle vie. Un objet qui passe dans ses mains est doté d’une deuxième vie, marqué de sa griffe. Cet homme calme, indépendant et cultivé transcende le métal qu’il façonne pendant des jours entiers avec une patience infinie. Pour le clocher de l’église de Trois Torrents, il vient d’achever une croix surmontée d’un coq en trois dimensions, qu’il dévoilera dans le courant du printemps lors d’une exposition qui sera organisée sur son lieu de travail.

Inspiration d’Art brut

À l’extérieur de son atelier, le Jardin des Sculptures qu’il a commencé à installer est un enchantement. Des chats monumentaux de plus de trois mètres, racés et stylisés, voisinent avec une « Grande Femme » qui rappelle l’œuvre du même nom signée Giacometti. Qui la rappelle seulement: il ne s’agit pas de copies. Se contenter de comparer les sculptures de Jean-Marc Lattion avec celles des artistes qu’il admire serait réducteur. Très proches de l’art brut, toutes sont dotées d’une personnalité propre, aussi forte que celle de leur créateur. Belles, malicieuses, émouvantes, fantaisistes ou sobres, elles arborent fièrement leurs formes et cette patine de rouille qui, de loin, leur donne l’apparence du bois.
Ferronnier d’art… Sous le couvert de ce métier perdu, Jean-Marc Lattion transforme la matière, crée des bougeoirs, des luminaires, des décorations, du mobilier. Même s’il ne roule pas sur l’or, le sculpteur est heureux et déclare que si c’était à refaire, il exercerait le même métier, mais sans doute plus tôt. En n’oubliant jamais la définition qu’un prêtre lui a un jour donnée de sa profession: « ferronnier, c’est celui qui travaille le fer avec amour. » Amour et talent.

Pourquoi ai-je à ce point été touchée par le travail de cet homme?
Parce qu’il fait partie de ces milliers d’artistes méconnus ou inconnus, qui créent des merveilles un peu partout dans le monde, discrètement, sans que les médias ne leur accordent la place qu’ils mériteraient.

Martine Bernier

Du 6 au 11 juin 2011; de 14 à 21 heures, vous pouvez rendre visite à Jean-Marc Lattion route de Collombey-le-Grand- 5, 1868 Collombey (Suisse)
Il vient de terminer la croix et le coq-girouette qui orneront le clocher de l’Eglise de Troistorrents, en Valais.
Il présentera le fruit de ce travail délicat qui a demandé des mois de travail au cours d’une exposition à découvrir chez lui!

Th*** dit :

Ce doit être un ravissement de voir les oeuvres de cet homme,j’adore ses scultures sorties de l’imagination ? ?J’aime .

Eleusis dit :

Excellent article. C’est vrai qu’il donne envie de voir ce que fait cet homme.

Les week-end passent beaucoup trop vite depuis quelques mois.
Remplis, joyeux, nous n’avons pas souvent le temps de faire tout ce que nous aimerions.
Dimanche matin, j’ai demandé à Celui qui m’accompagne de retourner avec moi au garden-center.
J’avais une idée en tête… embellir notre jardin suspendu.
Mon but est dessiné dans mon imagination: en faire un jardin romantique, au diapason de la décoration de l’appartement.
Un peu sceptique sur mes projets, mais toujours partant pour le moindre embryon d’aventure, Celui qui m’accompagne a accepté.
Sur place, ma façon d’aborder le jardinage l’a plongé dans des abîmes de perplexité.

– Regarde! C’est si joli…
– Mais, mon coeur! Ici, ce sont les plantes d’extérieur!
– Et bien oui: la terrasse est à l’extérieur!
– Oui… mais non! Ce sont des plantes de pleine terre. Elles vont mourir si nous les mettons en pots.
– Même en grands pots?
– Même en grands pots.

Ah.
Bon.
Exit mes fantasmes végétaux, donc.
Je me suis ralliée à l’avis du connaisseur.
Pomme, comme toujours, nous accompagnaient dans notre quête.
Bien installée dans la voiture entre des montagnes de plantes et de fleurs, elle nous a précédé dans le garage où avait lieu la première partie de l’opération: le rempotage.
J’avais dans l’esprit d’attirer doublement le regard sur l’ensemble des plantations, comme sur une photo.
En avant-plan, des fleurs, en arrière-plan, les arbres et les montagnes.
Mais je voulais que la vue soit belle quel que soit l’angle abordé.

La journée s’est écoulée, douce.
En fin d’après-midi, en rentrant dans la chambre dont la porte-fenêtre, comme celles de trois des pièces de l’appartement, donne sur la terrasse, Celui qui m’accompagne a poussé une exclamation.
– C’est fou ce que c’est beau… regarde…
Je me suis approchée.
Il a continué:
– On se croirait dans une carte postale.

J’ai regardé.
Un jardin de cottage anglais transposé au pied des sommets.
J’avais envie de lui dire: mais serait-ce aussi beau pour moi si tu n’étais pas là pour le voir avec moi?

Mission accomplie, donc.
Ou presque: j’ai encore quelques projets en vue!

Martine Bernier

Anonyme dit :

IL faut m’envoyer des photos du Garden Center,le jardinier a de qui tenir***BIZZZzzzzzzzzz

Bruno dit : voilà………..

Un page se tourne, donc, avec l’annonce de Laurent Ruquier expliquant qu’il a mis un terme à sa collaboration avec Eric Zemmour et Eric Naulleau.
Certains s’en réjouissent, notamment ceux qui se sont fait intellectuellement lapider par le duo.
Pour ma part, mais quelle importance… je regrette  leur départ, même s’ils étaient souvent injustes et agaçants.
Autre nouvelle issue de la télévision: Nicolas Bedos a signé sa dernière chronique dans l’émission de Franz-Olivier Griesbert, « La Semaine Critique ».
L’émission passe à la trappe, et Nicolas Bedos, invité vendredi soir chez Ruquier, s’est fait malmener un peu stupidement par un Eric Naulleau boudeur dont ce n’était pas la meilleure prestation.

Alors?
Alors, la télévision est une machine à encenser et à broyer, tout le monde le sait.
Les seigneurs d’un jour sont les victimes de demain, éphémères monarques détrônés…
Dommage dans ce cas-ci: il arrivait souvent au duo de critiques de provoquer la réflexion.
J’ai l’espoir de les retrouver ailleurs, de profiter encore de leur culture, de leur esprit.
L’espoir aussi de continuer à suivre Nicolas Bedos.
Mais, allez savoir pourquoi: j’ai moins d’inquiétude pour lui que pour Zemmour et Naulleau.

Martine Bernier

JC dit :

Ah bon, ils sont renvoyés ? Je ne savais pas. Dommage, finalement, c’est vrai. Mais je suis surpris, je les pensais indétrônables.

ecriplume dit :

De tout temps, les rois se sont lassés de leurs bouffons comme les hommes se lassent de leurs jouets. J’imagine qu’en prime, L. Ruquier n’était pas à l’abri des pressions des mécontents…

Lui dit :

Je connaissais l’arroseur arrosé, maintenant je découvre les censeurs censurés…. Y a de la suite dans l’histoire…