Troy Davis… mercredi, c’est demain

La nouvelle est tombée dans l’après-midi: la grâce de Troy Davis lui a été refusée.
Or, demain, c’est mercredi.
Le jour choisi pour que cet Américain Noir de 42 ans soit exécuté, en Georgie, pour le meurtre d’un policier blanc, en 1989.

Souvenez-vous… cela fait 20 ans que l’on en parle.
A l’époque, neuf témoins ont désigné Troy Davis comme étant l’auteur des coups de feu.
Mais depuis, sept d’entre eux se sont rétractés, désignant un autre coupable.
De plus, l’arme du crime n’a jamais été retrouvée et l’ADN n’a pas été relevé.
Il n’y a donc aucune preuve formelle de la culpabilité de cet homme.

Pour tous ceux qui sont contre la peine de mort, Troy est devenu le symbole de la lutte.
Parce que nous sommes devant un cas typique de possible erreur judiciaire.
Malgré cela, la commission de cinq personnes du Bureau des grâces de Georgie, à Atlanta, n’a ni gracié le condamné, ni suspendu son exécution.

Cela fait des années que des personnalités multiples se mobilisent, que des anonymes, dont je fais partie, écrivent…
L’actrice Susan Sarandon, Jimmy Carter, Benoît XVI, le gouvernement français…
Tous le clament haut et fort: il y a trop de doutes, il faut le libérer.
En 2009, un nouveau procès a été demandé pour examiner de nouveaux éléments.
C’est là que la majorité des témoins avaient expliqué comment la police les avaient persuadés de désigner Troy Davis comme étant le coupable.
Et malgré cela, le juge fédéral a confirmé sa culpabilité un an plus tard.
Le Comité des grâces s’était engagé à ne confirmer l’exécution que si la culpabilité ne faisait aucun doute.
Il a failli à sa parole.

Comme des milliers d’autres à travers le monde, je suis écoeurée.
Ecoeurée de voir que la justice n’a pas voulu écouter.
Ecoeurée de voir le peu de prix accordé à une vie humaine.
Exécuter un possible innocent ne rendra pas justice à la famille du policier assassiné.
Cette décision ne fera qu’une victime de plus.
Mais dans son cas, personne ne punira les coupables.

L’exécution aura bien lieu demain, mercredi.

Martine Bernier

MARTET Marie-Hélène dit :

Il leur faut un coupable et là, il y en a un tout désigné. Pourquoi se compliquer l’existence puisqu’ils ont ce qu’il faut sous la main. On se demande où est la justice et ce qu’elle fait ? Une pensée pour Troy Davis, pour que cessent les erreurs judiciaires.

feravec dit :

le rapprochement saute à la figure: on a été bien plus scrupuleux pour accorder le bénéfice du doute à DSK … mais … suivant que vous serez puissant ou misérable …

Dominique Rougier dit :

Je ne sais plus qui à écrit ‘Mort à toute peine de mort’ , ce qui choque dans celle-ci c’est qu’il s’agit vraisemblablement d’un innocent ,pourtant nul ne devrait être victime de la main d’un autre humain.Un crime d’état n’en est pas moins un crime.

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