Vous prendrez bien un grain dans votre printemps?

Le ciel est devenu noir en quelques minutes.
Jusque-là, la journée avait été chaude, presque estivale.
La soirée avait commencé,  et Celui qui m’accompagne était parti depuis une dizaine de minutes quand la lumière extérieure a commencé à se modifier.
Dehors, des nuages sombres campaient un décor clair-obscur qui rendait les montagnes menaçantes.
J’aime cette atmosphère où le temps semble suspendre son vol.

Un instant plus tard, un vent fou secouait les arbres.
Pomme, intéressée mais prudente, a fait un bond dans son panier pour surveiller l’évolution des événements depuis un lieu sûr.
La pluie s’est invitée à la fête.
Hier soir, parmi les maisons des Trois Petits Cochons, celles en paille et en bois se seraient envolées, je pense.
Plus tard dans la soirée, dans la chambre, j’entendais toujours cette tempête printanière s’énerver sur les stores.
Bien plus tard, aux aurores, Celui qui m’accompagne m’a dit qu’il avait été pris dans ce grain alors qu’il était sur la route.

Au petit matin, le décor avait changé.
Le ciel, toujours grisâtre, s’étirait vers un fond bleuté, tout là-bas du côté des chemins qui partent vers l’Italie.
Des voiles de brume entouraient et entourent toujours le flanc des montagnes, s’engouffrant dans les couloirs de rochers.
Mais plus rien ne bouge.
Ni ces pans de nuages ouatinés, ni les arbres, ni les fleurs.
 Les petites jonquilles et autres boules de couleurs parfumées de nos jardins suspendus semblent avoir apprécié leur soirée dans laquelle elles n’ont pas perdu le moindre pétale.
Etrangement, contrairement aux jours précédents où le soleil les rendait exubérants, les oiseaux gardent le silence, ce matin.

Contrairement à eux, cette pluie m’a mise de bonne humeur.
Les cadeaux du ciel de ce genre sont devenus suffisamment rares pour être appréciés…

Martine Bernier 

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