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Archives mensuelles : juin 2012

Parmi les phénomènes de société qui m’agacent prodigieusement, la mode tient une place bien en haut du podium.
Il suffit que, dans un magasin, un magazine ou une émission, quelqu’un se risque à dire, en parlant d’un vêtement, d’une forme ou d’une couleur : « c’est très tendance! » ou « tout le monde le portera cette année » pour que je file comme un lapin.
Cette allergie ne date pas d’hier: elle me tient depuis l’adolescence.
Alors que la plupart d’entre nous se bat pour se faire reconnaître en tant que personne libre, comment peut-on suivre les diktats de la mode sans réaliser qu’ils nous transforment en moutons de Panurge?
Parmi les émissions que  j’exècre à la télévision se trouvent celles consacrées au relooking.
Les rares fois où je les ai vues, j’ai été choquée de voir des personnes « normales », qui ont une personnalité, une vie, une intelligence propre, s’abandonner entre les mains d’hommes ou de femmes qui semblent sortis d’une BD satyrique.
Pire: elles se livrent au regard de passants qui les jugent d’un ton méprisant, n’ont droit à leur respect que lorsqu’elles ont accepté de ressembler à tout le monde.
Ensuite, les jugements sont plus cléments.
Ouf, ça rassure…
Du sadisme…
Dans ce monde étrange que l’on nous montre,  où tout le monde appelle tout le monde « ma chérie », il faut suivre les goûts des autres, renoncer à ce que l’on est pour entrer dans le moule, apprendre à se déguiser, découvrir les résultats en grimaçant un sourire… puis supporter durant des mois la nouvelle coupe  qui ne correspond pas forcément à ce que l’on aime.
Quelquefois, rarement, le résultat est probant. 
D’autres fois, c’est atterrant.  

C’est surtout frappant…
Quel drôle de monde où il faut se couler dans un moule et, pour se faire, se ruer sur les vêtements à la mode (aaah… la vision ridicule des meutes galopant vers les soldes à l’ouverture des magasins…), adopter la coiffure « en rapport avec l’âge », porter des chaussures qui vous démolissent le dos, le « ravissant petit accessoire » que vous retrouverez partout et chez tout le monde…
Un monde bizarre où l’on se refait le nez, le visage, le corps, pour ressembler au modèle de beauté dicté par la mode, les médias.
Et les membres du troupeau avancent fièrement sans réaliser que l’originalité  qu’ils pensent décrocher en devenant des « fashion victimes »  n’est rien d’autre qu’une illusion.
Tout le monde finit par se ressembler, par s’uniformiser.

J’ai passé l’âge où l’on s’interroge encore sur l’importance ou non d’obéir à ces règles factices, pour plaire, pour avoir droit à des regards complaisants.
Je porte toujours les cheveux longs malgré mon âge canonique, je ne porte que ce qui me plaît.
Et je continue à trouver que les femmes les plus belles sont celles qui ne suivent pas les règles établies.
N’est-ce pas,  Armande  Altaï? 

 

Martine Bernier

Vous souvenez-vous de l’histoire de Georges, la tortue géante des Galapagos?
Je l’avais racontée, voici quelque temps déjà (voit lien ci-dessous).
Georges, tortue mâle, était l’unique survivant de l’espèce « Geochelone Abingdoni ».
Il était donc très important qu’il se reproduise.
Donc, depuis qu’un scientifique hongrois l’avait découvert en 1972 et l’avait transféré à Santa Cruze, Georges le Solitaire n’avait plus la paix.
Durant plus de trente ans, tout a été tenté pour stimuler sa libido, mais rien à faire: la tortue ne s’intéressait pas à la bagatelle.
Pourtant, deux mignonnettes proches de lui au point de vue génétique (et rien qu’au point de vue génétiques, hélas), partageait sa vie depuis des années.
Georges avait beau être en pleine forme, il les snobait royalement. 
L’amour ne se commande pas. 

 Et voilà que, à plus de cent ans, ce bon vieux Georges est mort dimanche, pour des raisons inconnues, nous dit-on.
Il aurait pu vivre jusqu’à 180 ans: c’est donc un gamin qui nous a quittés.
Georges sera autopsié, mais la consternation des scientifiques est bien réelle: avec lui s’éteint une espèce… que l’on croyait déjà perdue avant d’avoir découvert ce dernier spécimen, d’ailleurs.
A peu près au même moment, une étude de l’Université de Yale, aux Etats-Unis, a révélé en janvier dernier la redécouverte d’une espèce de tortues des Galapagos, la Chelonoidis elephantopus, que l’on croyait, elle, éteinte depuis 150 ans.
Encore des individus qui vont ressentir le poids de leur responsabilité face à l’Humanité, tiens…

Hommage posthume: Georges, notre célibataire endurci qui, après tout, n’aimait peut-être pas les demoiselles tortues, va rentrer dans le livre des Records et va être embaumé.
 

Martine Bernier

https://www.ecriplume.com/wp-admin/post.php?post=113&action=edit

J’ai horreur  de Blanche-Neige, le personnage le plus fadasse imaginé par les frères Grimm.
Vous allez peut-être me dire que, dans ce cas, je dois être complètement masochiste pour avoir été voir le film « Blanche-Neige et le Chasseur » de Rupert Sanders, ce dimanche en fin d’après-midi.
Disons que j’ai toujours l’espoir que, enfin, un réalisateur imaginatif va enfin réinventer l’histoire pour en faire quelque chose d’un peu plus étoffé.
Cette fois, j’ai été servie.
Dans ce conte-ci, le roi, père de Blanche-Neige, se retrouve bien veuf, et épouse au lendemain de leur rencontre la blonde et divine nouvelle reine   (Charlize Theron) qui va s’empresser, au soir de ses noces, de lui planter un couteau dans le coeur et d’enfermer sa belle-fille dans le donjon.
Ca, c’est fait. 

Le royaume est donc plongé dans  une désolation permanente, jusqu’au jour où Blanche-Neige (Kristen Stewart,) trouve le moyen de s’échapper.
Je ne vais pas vous raconter le tout, si ce n’est que les deux héroïnes du film sont somptueuses de beauté, l’une fort bien habillée dans son palais, l’autre délicatement pâlichonne dans ses guenilles.
Sachez cependant que les nains sont l’une des trouvailles du film, que le chasseur en question (Chris Hemsworth) est fort plaisant et que Blanche-Neige tient par moment davantage de Jeanne d’Arc que de la niaise  fée du logis qui tenait l’intérieur des nains bien propret tandis que ceux-ci travaillaient à la mine.
J’ai aimé voir la mollassonne princesse devenir forte sans pour autant être dure.

Seuls regrets: le côté sombre du film n’est compensé que par une seule scène bucolique à souhait. 
Puisque nous étions dans un conte, j’aurais aimé un peu plus de féerie. 
Et la fin m’a laissée sur ma faim, sans jeu de mots.
Mais peut-être est-ce le signe d’une éventuelle suite?

Martine Bernier 

http://youtu.be/I0WBiBkQsF8