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Archives quotidiennes : 25 juillet 2012

Pomme est chez ses nounous, la valise est bouclée, les derniers préparatifs terminés…
Nous partons.
Je ne pensais pas y retourner un jour, mais nous prenons la route de ma ville natale,  Bruxelles.
Mais la présence de Celui qui m’accompagne me rassure, et la perspective de retrouver ceux que j’aime me comble.
Avec eux tous, Bruxelles devrait avoir un visage riant.

Cette dernière journée avant le départ fut riche en émotions.
A peine terminé le reportage que je devais réaliser en station de montagne avec une jeune femme courageuse, je suis rentrée écrire.
Quelques heures auparavant, sur ma demande, mon cousin m’avait confié les coordonnées d’une femme de ma famille, de la génération de ma mère.
Je l’ai appelée.
Nous ne nous étions plus entendue depuis une quarantaine d’années.

Je lui ai posé des questions sur mes aïeux et j’ai appris énormément d’éléments que j’ignorais.
Mes recherches ne font que débuter, mais je suis déjà étonnée de ce que je découvre.
La généalogie de cette famille qui m’est quasiment inconnue me surprend.
Le passage à Bruxelles n’est que le début de l’aventure, je crois…

Martine Bernier

 

Hier matin, remue-ménage dans le couloir.
Pomme joue son rôle de chien de garde en lançant un aboiement sonore.
Des bruits de voix résonnent dans le hall, auxquels je ne prête pas attention: mes voisins ont de la visite, ce n’est pas l’événement du siècle.
Deux minutes plus tard, on sonne à la porte.
Je vais ouvrir, accompagnée de Pomme, toujours très impliquée, et nous nous trouvons devant un monsieur d’une cinquantaine d’année, sympathique et plutôt timide.
– Bonjour. Excusez-moi, je suis antiquaire et  je cherche des objets ou des meubles anciens à acheter. Vous auriez quelque chose dont vous voulez vous débarrasser, dans votre grenier ou votre cave?

Je lui réponds que non, malheureusement, je n’ai rien de ce genre en magasin.
Le monsieur insiste un peu:

– Vous êtes sûre? Parfois on oublie un peu ce que l’on a dans les greniers.

Impossible de résister à la tentation. 
Je n’ai pas pu m’empêcher de lui répondre, en prenant un air affligé et un regard profondément las:

– Je crains d’être la chose la plus ancienne de cet étage…

Le pauvre monsieur a écarquillé  les yeux, ne sachant plus du tout quoi me dire.
Il a bredouillé:
– Ah oui, donc… vous n’avez rien d’assez vieux. 

Réalisant ce qu’il disait, il a bafouillé de plus belle:
– Non enfin, ce n’est pas ce que je veux dire…

J’ai réussi à ne pas rire, et j’ai continué à le regarder imperturbable.
Ne sachant plus comment se sortir honorablement de la conversation, mon interlocuteur a encore tenté: « Heu… et de vieilles montres, vous auriez cela? »

Hélas, trois fois hélas, je n’ai pas non plus de vieilles montres.
Notre antiquaire est parti en s’excusant, suivi des yeux par Pomme dont le nom l’a amusé.
Elle a glissé  sa tête entre les barreaux de la rampe d’escalier, ne consentant à réintégrer l’appartement qu’à regret.

En la suivant, j’ai cru entendre résonner à mes oreilles la voix de  Soeur Marie-Véronique, la directrice de l’école religieuse que je fréquentais à l’époque, me dire, comme lorsqu’elle me surprenait en flagrant délit de trait d’humour malvenu:

– Martine, lorsque vous aurez fini de faire l’andouille, pourriez-vous avoir la bonté de passer me voir dans mon bureau? 
Gloup! 

Lorsque j’ai raconté mon anecdote matinale à Celui qui m’accompagne, il a souri: « Hum… Ce que tu lui as dit n’était pas vrai. La chose la plus ancienne, ici, c’est moi! »
J’appelle cela de la galanterie.
Lui du réalisme.
 

Martine Bernier