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Archives mensuelles : août 2012

Regardez cet arbre.
Apparemment, tout est normal, me direz-vous.
Et bien non. 
Je vous présente le Jaboticaba, arbre d’Amérique du Sud, que l’on croise au Paraguay, au Brésil et en Argentine.
Je ne soupçonnais même pas son existence jusqu’à ce que l’une de mes amies me le fasse récemment connaître à travers un diaporama.
C’est là que j’ai découvert que celui que l’on appelle également « La Vigne Brésilienne », a une particularité étonnante: ses fruits, gros comme de prunes, poussent directement sur le tronc et les branches.
En temps normal, il fleurit une ou deux fois par an.
Mais s’il est irrigué constamment, il peut offrir ses fruits toute l’année.
On les dit succulents, et servent à la confection de confitures, de tartes, de vins forts et de liqueurs.
En prime, ils posséderaient des vertus antioxidantes et anti-inflammatoires.
Elle m’étonnera toujours, cette nature incroyablement insolite et généreuse…

Martine Bernier  

Cela ne pouvait venir que du  Japon…
Un fabricant du Pays du Soleil Levant a dévoilé hier à la presse et au public sa nouvelle trouvaille: une moto fonctionnant avec un carburant gratuit et inépuisable: les excréments.
Pas très romantique, je sais.
Mais n’empêche: le biogaz provenant des déjections animales et des boues d’épuration permettrait à la machin d’avancer.
J’oubliais de préciser que la moto nouveau genre a été appelée Toto.  
Histoire d’allier le sens pratique, l’humour japonais et un sens de la déco plutôt inhabituel, le siège de cette moto  est un véritable siège de toilette.
Et un énorme rouleau de papier toilette trône  à l’arrière.

La « moto-crottes », nous dit son inventeur, a une autonomie d’environ 300 km.

J’ai regardé Pomme qui a toujours la fâcheuse manie de lire le journal par dessus mon épaule.
– Hum. Je me demande si nous ne pourrions pas envisager de faire fortune grâce à toi, au cours des prochaines années.

Vexée, elle est retournée dans son panier.
Sans le journal.

Martine Bernier 

Le 19 juillet 1969, je suis allée me coucher sur l’ordre maternel, mais j’ai mis mon réveil sur 1h00 du matin.
Il n’était pas question de manquer cela… 
Le 20 juillet 1969, je me suis donc levée dans la nuit, et, comme des millions de gens à travers le monde, j’ai allumé la télévision noir et blanc pour assister au spectacle.
Cette nuit-là, Neil  Amstrong a marché sur la Lune.
Etrangement, je ne me souviens pas si d’autres membres de ma famille m’ont rejointe dans le salon.
Mais je sais qu’en voyant cela, du haut de mes 10 ans, j’ai pensé à mon père qui nous avait quitté moins d’un an plus tôt, et j’ai regretté qu’il ne puisse voir cela, lui qui aimait tellement les nouvelles technologies.

Au petit matin, j’ai rejoint ma grand-mère maternelle, à l’étage du dessous.
Et elle a remis la Lune à sa place!

– Dis… tu as regardé la télévision, cette nuit?
– Non. La nuit, on dort. J’avais pris mes somnifères.
– Tu sais, cette nuit, un astronaute a marché sur la Lune. J’ai regardé…
– Ah.

Ma grand-mère était très âgée et marchait difficilement.
Mais elle s’affairait autour de son fourneau pour préparer son café, comme si elle ne m’écoutait pas vraiment.
Comme chacun de nous, elle ne s’était pas remise de la mort de mon père et n’avait pas retrouvé son sourire depuis. 
J’ai donc insisté:

– Tu ne trouves pas que c’est incroyable? 
– Hum. Ca ne sert à rien. 
 
Je l’ai regardée, un peu ahurie, mais je n’ai rien dit.
Chez nous, on évitait de contrarier la Reine Mère.
Elle a amené sa tasse de café sur la table et a poursuivi:

– Avec toutes cette ferraille de malheur, leurs Spoutnik et leurs fusées, qu’ils envoient au-dessus de nos têtes, tu verras que ça finira mal.
– Tu veux dire que les astronautes vont avoir un accident?
– Non! Je veux dire qu’un jour où l’autre, ces choses qu’ils laissent traîner dans l’Espace devront bien redescendre! Et nous prendrons tout sur la tête! Ils feraient mieux de mettre tous cet argent pour soigner les maladies et aider les pauvres gens!

Quand je suis remontée dans ma chambre, ma tanière, j’ai compris que je ne pourrais pas partager les dizaines d’impressions et de questions qui fourmillaient dans ma tête depuis le moment où j’avais vu ces hommes sautiller sur la surface lunaire.
En revanche, j’ai réalisé que ma grand-mère était la réincarnation d’Abraracourcix, le chef de la peuplade d’Astérix que mon père m’avait fait découvrir quelques années plus tôt.
Comme lui, mais pour des raisons différentes, elle craignait que le ciel lui tombe sur la tête. 

Martine Bernier