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Archives mensuelles : septembre 2013

Récupération os_HD

Je vous ai promis des anecdotes sorties de l’exposition du Musée Historique du Chablais consacrée au Chablais en temps de guerre.
Voici la deuxième…

En temps de crise, les hommes déploient des trésors d’imagination pour ne rien gaspiller.
Ca a été le cas lors de la Seconde Guerre Mondiale.
Et c’est ce qui a motivé l’apparition d’un document, petite affiche expliquant à la population qu’il ne fallait plus jeter les os, matière première par excellence.
De courts textes y précisent qu’un kilo d’os permet la fabrication de:

– Environ 100 grammes de graisse d’os, soit assez de graisse pour confectionner  un gros morceau de savon, de stéarine pour les bougies et d’un peu de glycérine.
– Environ 140 grammes de colle
– Environ 500 grammes de poudre d’os servant à la fabrication d’engrais

Le  schéma indiquait encore de manière détaillée toutes les utilisations possible de ces os de volaille ou de viande crus ou cuits que la population était invitée à ne plus ni jeter, ni brûler, ni enterrer, ni détruire.

Cette affichette nous propulse dans une époque que beaucoup d’entre nous n’ont pas vécue et qui ont profondément marqués ceux qui l’ont connue.

Ce genre de détail est forcément interpellant…

Martine Bernier

 

Musée Historique du Chablais

Jusqu’au 16 novembre 2014: « 39 – 45: Le Chablais en temps de guerre »
Château de la Porte-du-Scex, Vouvry (Valais)
Site du Musée Historique du Chablais
Ouverture: du mercredi au dimanche de 14 à 17h30.
Fermeture hivernale du 18 novembre au 15 avril 2014

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Le film n’étant pas encore sorti en Suisse, c’est à Thonon que nous sommes allés voir « Elle s’en va… » hier soir.
Et nous sommes entrés dans la vie de Bettie (Catherine Deneuve), à l’instant où elle subit la trahison de son amant.
Le restaurant qu’elle tient avec sa mère (Claude Jensac) connaît une situation financière difficile, sa vie part à vau-l’eau
Pour cette femme qui a atteint la soixantaine, c’en est trop…
En plein service du dimanche midi, elle quitte le restaurant dans le but de trouver des cigarettes.
Et son errance commence…
Elle l’entraînera sur la route où elle va faire des rencontres inattendues, puis répondra à un appel au secours de sa fille, acceptera de véhiculer son petit-fils, Charly, qu’elle connaît à peine, pour le confier à son grand-père paternel, participera à des retrouvailles d’ex miss, et verra sa vie prendre un tournant majeur .

D’étape en étape, de personnage en personnage, le public est embarqué sur les pas de Bettie et renoue par la même occasion avec une Catherine Deneuve inattendue, décidément superbe…
Dans ce rôle de femme-enfant fragile, elle est belle, émouvante et drôle, sur le fil de la dérive.
Le film est l’occasion pour la chanteuse Camille de faire ses premiers pas au cinéma dans le rôle de la fille à fleur de peau de Bettie.
Plus inattendu encore, le grand-père de Charly est interprété par le peintre et sculpteur Gérard Garouste.

Il nous a fallu un peu de temps pour nous familiariser avec la fugue inquiétante de Bettie, craignant sans doute pour elle une mauvaise rencontre.
Au lieu de cela, certains des personnages croisés sont délicieux, comme le vieil homme qui va lui rouler une cigarette dans sa cuisine, nous offrant une scène hors du temps…
Catherine Deneuve est magnifique dans ce film d’auteur qui connaît par moment quelques longueurs… mais dont la fin est jubilatoire.

Martine Bernier

Bande annonce « Elle s’en va »

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Photo Bruno Guedot

Le 30 août dernier, je postais un Ecriplume annonçant la nouvelle exposition du Musée Historique du Chablais.
Consacrée au Chablais en temps de guerre, elle me tentait beaucoup.
J’avais envie d’en savoir plus sur la manière dont cette région, frontalière avec la France, avait vécu la Seconde Guerre Mondiale.
Hier, donc, mon Capitaine et moi avons pris une après-midi pour découvrir ce musée où nous n’étions encore jamais allés.
En compagnie de la commissaire d’exposition, Béatrice Blandin, nous avons eu droit à une visite guidée des lieux.

On ne dira jamais assez l’importance des commissaires d’exposition…
En fonction de leur personnalité, ils peuvent rendre les choses passionnantes ou… ennuyeuses à souhait pour le commun des mortels.
Archéologue de formation, Béatrice Blandin est sensible aux petites histoire qui font l’Histoire.
Cette particularité rend son approche passionnante.

Je n’étais jamais entrée dans le Château de la Porte du Scex, à Vouvry (Valais), qui abrite le musée.
L’aspect extérieur très austère de la bâtisse ne présage pas du tout de ce que l’on y trouve à l’intérieur.
Des murs clairs, des plafonds voûtés, de belles salles boisées: l’endroit est agréable, mais ferme ses portes en hiver.
Edifice classé au Patrimoine des Monuments Historique, il a fallu installer l’exposition en respectant totalement les lieux.
C’est ce qu’a fait la responsable en installant des panneaux  suspendus qui donnent une impression de légèreté à l’ensemble.
Dans l’escalier se trouvent des coupures de magazines plantant le décor du contexte mondial de l’époque.
Mais ouvrez bien les yeux: même l’escalier recèle des surprises!

Plutôt que de rédiger un seul article un peu lourd sur l’exposition, j’ai choisi d’y revenir plusieurs fois au fil des prochaines semaines, en m’attardant sur des anecdotes et des objets que vous retrouverez sur place.

A l’étage, une vitrine a attiré mon attention.
S’y trouvaient des objets un peu étranges…
Des boutons très particuliers, une carte routière en tissu…
Pendant la guerre, les Pilote de la RAF (Royal Air Force), étaient équipés de ces objets: des boutons boussoles et une carte en soie.
Cette dernière était dissimulée à l’intérieur de leurs vestes, cousue dans la doublure, tandis que les boutons étaient ceux de la même veste.
En cas de nécessité, les pilotes pouvaient ainsi se situer.
Mais les oreilles allemandes ont eu vent de la supercherie.
Dès qu’un pilote était capturé, le premier geste des soldats allemands était de leur arracher les boutons de leurs vestes.
Très contrariés, les têtes pensantes de la RAS ont donc cherché une solution alternative.
Ils l’ont trouvée… en cousant les boutons boussole non plus à la veste, mais au pantalon des pilotes.
Et cette fois, semble-t-il, l’astuce n’a pas été révélée!

Martine Bernier

Ecriplume du 30 août 2013

Musée Historique du Chablais

Jusqu’au 16 novembre 2014: « 39 – 45: Le Chablais en temps de guerre »
Château de la Porte-du-Scex, Vouvry (Valais)
Site du Musée Historique du Chablais
Ouverture: du mercredi au dimanche de 14 à 17h30.
Fermeture hivernale du 18 novembre au 15 avril 2014