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Archives mensuelles : décembre 2013

L’heure est bientôt venue de dire adieu à l’année 2013.
Elle aura été l’une des plus belles de ma vie… la plus belle, peut-être.
J’y aurai vécu des événements exceptionnels, des moments de bonheur intense, des rencontres magnifiques, des amitiés privilégiées.
Avec mon Capitaine, nous avons assisté à des spectacles, des expositions, des concerts inoubliables, avons visité des lieux marquants.WDEJ_fspQ5bTNuK1pSXk-_dYPJo
Pourtant, c’était une année en 13, chiffre qui ne m’est pas forcément sympathique, sans doute inconsciemment imprégnée que je suis par la croyance populaire et quelques hasards qui m’ont fait me méfier d’une date… qui aurait pu être n’importe quelle autre.

Rien de ce qui a pu être négatif cette année n’a réussi à  me l’assombrir.
Ce qui me fait dire aujourd’hui que, pour 2014, je n’ai qu’un voeu personnel: qu’elle soit aussi belle que la précédente!

Cette année qui arrive, je vous la souhaite à l’image de celle que je viens de décrire…
Heureuse, riche, douce, émouvante, joyeuse, solide et protégée, peuplée de personnes qui vous aiment vraiment, à l’abri des douleurs, des blessures, des coups durs et des malfaisants…
Et si, de plus, le monde pouvait apprendre à s’apaiser, 2014 serait un millésime magnifique.

Martine Bernier

En Belgique, dans les années 60, la véritable star des enfants n’était pas le Père Noël mais St Nicolas.
Le 6 décembre,  jour de sa fête, était le jour des bambins et, donc, des cadeaux.
Chaque année, la télévision (noir et blanc à l’époque), diffusait des images de son arrivée sur le sol national.
En avion.
St Nicolas, c’est bien connu, ne dispose pas d’un traîneau tiré par des rennes, mais d’un âne et des services du Père Fouettard tous deux incapables de voler.

Une année, alors que je devais avoir 4 ou 5 ans, l’école a commis une terrible bévue.
Dans notre école catholique où les garçons n’étaient à l’époque pas les bienvenus, nos institutrices n’avaient semble-t-il pas trouvé un seul homme pour jouer le rôle de St Nicolas.
Qu’importe, religieuses et laïques s’étaient concertées et avaient décidé de choisir l’une d’entre elles pour interpréter le saint homme.
La plupart des enfants n’y avaient vu que du feu.
De mon côté, dès le départ, j’avais été choquée par la voix haut perchée du personnage.
J’avais voulu en avoir le coeur net.
J’avais discrètement soulevé le manteau du grand barbu… et j’avais découvert qu’il portait des chaussures à talons et des bas nylon.
Horreur et damnation!
St Nicolas n’existait donc pas!?
A la maison, en larmes, je m’étais confiée à mon père qui, prenant mon chagrin très au sérieux, avait décidé d’y remédier.
Le samedi suivant, il m’a dit:
– Je t’emmène faire une visite…
Dans la voiture, j’ai eu beau l’interroger, il ne répondait qu’à demi-mots et par des sourires.
Nous avons pris la direction du centre-ville de Bruxelles, puis il m’a pris la main pour me mener dans un magasin de jouets qui, dans mon souvenir, était immense.
En cette période, il était métamorphosé.
A l’intérieur, une arche avait été installée, s’ouvrant sur un grand couloir décoré d’accessoires de Noël et de jouets.
Là attendait une file d’enfants surexcités accompagnés de leurs parents.
Et, au bout de ce corridor féerique… un trône majestueux sur lequel  était assis… St Nicolas.
Robe d’évêque, mitre, crosse, manteau, barbe douce et longue, épais sourcils, tout y était.
Le Père Fouettard était à ses côtés, écoutant les plaintes des parents à propos de leurs rejetons désobéissants, suivant les ordres de St Nicolas et fronçant les sourcils en cas de besoin, allant même jusqu’à s’aventurer dans le couloir en jetant des regards terribles aux enfants qui faisaient trop de bruit.
Quand notre tour est arrivé, mon père m’a posé sur les genoux du grand Saint, lui a murmuré quelques mots à l’oreille, discrètement, puis lui a dit à haute voix:
– Il s’est passé quelque chose de grave, St Nicolas: à l’école de ma petite fille, une femme a voulu jouer votre rôle. Depuis, elle croit que vous n’existez pas.
Mon interlocuteur a eu l’air très contrarié.
– Ah oui, c’est grave…
Il m’a demandé mon nom et mon âge, puis m’a expliqué qu’il savait qu’il m’arrivait d’être turbulente.
Sa grande connaissance de mon comportement me laissait de marbre: en fait de St Nicolas, j’étais plutôt en train de me convertir à St Thomas!
Il a insisté:
– Trouves-tu que j’ai une voix de femme?
– Non…
– Regarde…
Il a fait dépasser un pied de sa robe.
Un grand pied d’homme qui a beaucoup marché, chaussé de souliers datant de l’époque de St Nicolas.
Très impressionnant.
– Et le Père Fouettard, tu n’y crois pas non plus?
La situation  se corsait…
Je n’avais pas envie de contrarier ce gaillard réputé pour son mauvais caractère et ses châtiments punitifs.
– On m’a dit qu’il a du cirage sur la figure et qu’il est déguisé.
– Passe ta main sur son visage, tu verras.
Heureusement pour les enfants en mal de croyances, cette année-là, le magasin avait demandé à un « vrai » Père Fouettard sans cirage de tenir le rôle.
Réconfortée de voir mon doigt vierge de taches noires, j’ai mieux observé St Nicolas.
Il ne semblait pas avoir de fausse barbe, son visage portait la traces de véritables rides et il avait un bon regard.
Quelques minutes plus tard, je sortais de la pièce et empruntais le couloir à l’envers, ma main dans celle de mon père.
Au passage, nous avons fait un crochet par le rayon des poupées.
De retour à la maison, je réfléchissais toujours.
Certaines incohérences me troublaient: comment faisait St Nicolas pour transporter les cadeaux pour les enfants du monde entier?
J’avais vu son âne: il n’avait rien d’un semi-remorque…

C’est mon père qui a achevé de me convaincre.
Il a été chercher le calendrier sur lequel se déroulait jour après jour la longue liste de noms des saints fêtés dans l’année.
Et, sur le jour du 6 décembre, il y avait bel et bien le nom de St Nicolas.
– Tu vois? Son nom est là, et cela, personne ne peut l’inventer… Maintenant, c’est vrai que certaines personnes se déguisent parfois pour jouer, pour l’imiter, pour essayer de faire plaisir aux enfants parce que « le vrai » ne peut pas être partout à la fois et qu’il a beaucoup de travail. Mais ça ne veut pas dire qu’il n’existe pas…

Un homme qui a son nom dans le calendrier, comment en contester l’existence?
Il devait bien avoir existé.
En revanche, ce n’était pas lui qui nous apportait les cadeaux, et ça, j’en avais la certitude.
Au magasin, au rayon des poupées, alors que je me suis extasiée devant un joli poupon, j’ai entendu mon père dire à la vendeuse, alors qu’il pensait que j’étais occupée ailleurs: 
– Vous me la mettez de côté? Je repasserai la chercher dans l’après-midi…
Je ne lui ai jamais dit que je « savais » que le vrai St Nicolas, c’était lui.
Après tout, il faut laisser les adultes croire  à la tendre naïveté des enfants!

Martine Bernier

 

"Femme voilée" d'Antonio Corradini

Les sculptures représentant des personnages voilés m’ont toujours fascinée.
Réussir à rendre léger, transparent et vaporeux un » tissu » né du marbre est un prodige…
Il y a quelques jours, j’ai écouté l’interview de Jean-Jacques Breton, spécialistes des Arts Premiers.
Il passait au journal de France 2 pour un livre qui paraissait pour les fêtes: « Louvre insolite ».
Parmi les oeuvres abordées, il a présenté la « Femme voilée » d’Antonio Corradini, qui se trouve donc dans le prestigieux musée parisien.
J’ai été captivée par le sujet.
Quelques jours plus tard, la hotte du Père Noël contenait le livre présenté.
Mon Capitaine me connaît bien…
Ces deux derniers jours, un gros refroidissement finalement plutôt bienvenu, m’a clouée à la maison, m’empêchant d’aligner deux pensées cohérentes.
J’ai donc passé du temps à feuilleter les nouveaux venus de ma bibliothèque.
Parmi eux, le catalogue de l’exposition « Méditerranée » de la Fondation Gianadda dont j’ai longuement parlé voici quelques jours,  un ouvrage sur le peintre Seurat, et celui-ci, superbe livre mettant en valeur des oeuvres souvent méconnues.
La Femme voilée se trouvait en couverture.
J’ai d’abord appris… qu’elle est grande: 1m38 de hauteur.
Sans doute suis-je passée devant elle lorsque je suis allée au Louvre ces dernières années.
Mais je ne l’ai pas remarquée, peut-être prise dans une vague de touristes qui, comme moi, visitaient le site ce jour-là…
Cette statue a fait son entrée au Louvre en 1976.
La femme qui a servi de modèle n’a pas été identifiée, et les spécialistes pensent que la sculpture représente une allégorie de la Foi. 
Ce qui, je l’avoue, me rend un peu perplexe: pourquoi la Foi est-elle représentée par une femme à moitié dénudée?
Elle compte parmi les oeuvres que nous devons à Antonio Corradini dont certaines statues figurent dans la chapelle San Severo de Naples, haut lieu européen de l’ésotérisme.
Contrairement à ce que j’espérais, l’auteur ne dit rien de plus sur la Femme voilée en elle-même.
Sur le site du Louvre, j’ai appris que Corradini (Este 1668 – 1752) était devenu spécialiste dans l’art de sculpter des figures voilées qu’il utilisait pour représenter la Foi, donc, mais aussi la Pudeur, Sarah, la Vérité…

Celle qui m’occupe se trouve au rez-de-chaussée du Musée, dans la section 4.
Comme je n’ai rien trouvé d’autre de sérieux sur Internet à son propos, j’ai élargi le sujet.
Et j’ai été troublée par les oeuvres que j’ai trouvées, attribuées à cet homme qui était décidément un artiste brillant…

 

Martine Bernier

La Pudeur- Antonio Corradini

LaMartine Bernier Pudeur – Antonio Corradini


"La Pureté" Antonio Corradini

« La Pureté » Antonio Corradini