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Archives mensuelles : avril 2014

Il y a environ deux semaines, mon ami Jean m’a parlé d’un livre qu’il fallait que lise: « La résilience du Rossignol ».
Il s’agit d’un ouvrage à compte d’auteur, qui ne se trouve pas en librairie, et qui a été rédigé par un habitant du village des Diablerets (Vaud -Suisse) qu’il connait bien: Jean-Claude Rossignol.
Ce monsieur a eu la gentillesse de m’envoyer son ouvrage.
Je dois souvent lire des ouvrages que je présente, et j’ai donc constamment de grosses piles de livres à côté de mon lit et sur mon bureau.
Pour ne pas me laisser déborder, je dois toujours donner la priorité aux ouvrages que je dois connaître pour interviewer leurs auteurs, puis à ceux que je présente et, enfin, à ceux que je lis « pour moi ».
J’ai glissé le livre de Monsieur Rossignol dans ma valise la semaine dernière, mais là encore, je n’ai pas trouvé le temps de l’ouvrir.
Et ce n’est que dimanche, en rentrant, que j’ai pu le commencer.

Ce texte n’est pas une oeuvre littéraire.
Il n’a pas cette vocation, mais va bien au-delà de cette démarche.
A travers les pages, son auteur a déposé son histoire.
Avec pudeur, sans hargne, sans vraiment comprendre pourquoi il a eu à vivre ce qu’il a vécu.
L’histoire d’un enfant battu, mal aimé, porteur d’une histoire qui a fait de lui un homme ultrasensible, engagé dans une quête de tendresse dont il a été privé.
Ce pourrait être un livre triste, lourd.
Ce n’est pas le cas.
Jean-Claude Rossignol raconte avec des mots simples ce parcours qui est le sien.
Mais, surtout, au fil des phrases, le lecteur découvre sa force: l’art de prendre la moindre petite joie qui lui est offerte et de la transformer en lumière qui éclaire sa vie.
Un geste d’affection, une rencontre bienfaisante, un paysage, son amour pour le piano, une course en montagne…
Tout est prétexte à chasser la laideur.
Et pourtant…
Pendant des années, cet homme émouvant a travaillé à la salle Stravinsky de Montreux, apportant ses talents à mettre en valeur  des concerts prestigieux.
Et puis un jour, lors d’une bagarre au cours de laquelle il tente de s’interposer, il prend un coup et se retrouve plongé dans le coma.
Et sa vie a une fois encore chaviré.

En refermant son ouvrage, j’ai été frappée par une chose essentielle: sa faculté à pardonner.
Pas de rancoeur, mais une lucidité sans haine pour tous ceux qui l’ont agressé tout au long de sa vie.
Avec, ponctuellement des rencontres douces avec ce qu’il appelle « des gens de bonne volonté ».

Un livre peut devenir un best-seller et assurer la subsistance confortable de son auteur.
Sans doute ne sera-ce pas le cas de celui-ci, sortit à compte d’auteur à quelques exemplaires à peine.
Mais il a une importance majeure dans la vie de cet homme qui porte un si joli nom.
Il a été au bout de son histoire, sur les traces d’une résilience qui a fait de lui un être bienveillant.

Martine Bernier

Si vous souhaitez contacter Jean-Claude Rossignol ou acheter son livre: 0041 (0) 79 418 40 69

Lors de notre escapade de la semaine dernière, je me suis retrouvée face à un défi que je n’ai relevé qu’une fois dans ma vie.
Il fallait que je prenne moi-même les photos qui allaient illustrer mes articles.
La seule fois où j’avais fait ce genre d’exercice, c’était lors d’un voyage de presse à Malte.
J’avais été très touchée de voir mes images sortir dans un grand quotidien romand.
Mais c’était facile: il s’agissait de paysages, de bateaux et de monuments.

Il faut préciser que j’ai un respect infini pour le travail des photographes.
J’ai toujours estimé qu’il fallait avoir « un oeil »,  une approche artistique, une sensibilité particulière pour réaliser une bonne photo.
J’en ai côtoyé beaucoup dans le cadre de mon travail.
Il y a ceux qui font des photos « propres », mais sans plus, ceux qui prennent beaucoup de temps pour réaliser une photo posée, ceux qui arrivent Dieu sait comment à prendre une image magnifique rapidement.
Et puis il y a les artistes, les virtuoses comme Marcel Imsand, Yann Arthus-Bertrand ou Léonard Gianadda parmi ceux que j’ai rencontrés, Henri Cartier-Bresson ou Robert Doisneau parmi ceux que j’aurais aimé connaître.
Pour eux, l’objectif est un troisième oeil, un prolongement d’eux-mêmes.
Autant dire que ce genre de noms me ramène à la conscience de mon ignorance.

Comme cette semaine était également une semaine de vacances partagée avec mon Capitaine, il était hors de question que je demande à un ou une de mes collègues photographes de partir avec nous. 
J’ai donc décidé de tout faire pour bien faire. 
Ou en tout cas pour faire le mieux possible.
Avant de partir, je suis allée suivre un cours accéléré, j’ai pris conseil auprès de mon fils Yann, lui-même engagé sur le chemin de la photo, et j’ai appris à utiliser mon Nikon.
Et nous sommes partis.
Et j’ai découvert que lorsque le ou la journaliste prend ses propres photos dans le prolongement d’une interview qui s’est construite doucement, dans la confiance, la personne concernée est plus à l’aise pour la partie photo.
Elle n’a pas besoin de se réhabituer à une tierce personne qui vient lui voler son image.
Plus ou moins à l’aise avec l’objectif, elles se prêtent au jeu le mieux possible.
Lorsque nous sommes rentrés, j’avais dans ma besace des images que je pense utilisables, correctes.
Légèrement recadrées pour les rendre plus séduisantes, elles vont partir à la rédaction du magazine auquel elles sont destinées.
Et j’ai le trac.

Prendre des photos de vacances dont on pardonne volontiers les maladresses et les imperfections est une chose.
S’appliquer à ramener des clichés destinés à être publiés, sans erreurs, mettant en valeur les personnes qui posent en est une autre.
Verdict dans quelques heures pour mon premier envoi!

Martine Bernier

 

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Dans la Grande salle dite  des « Pôvres », au coeur de l’Hôtel-Dieu des Hospices de Beaune se trouve quelque chose d’unique au monde.
poutre_listitemIl suffit de lever le nez pour le voir…
Il s’agit de poutres polychromes dont les bouts représentent des têtes de dragons qui semblent cracher ces poutres traversières.
C’est à la fois beau et insolite.
Mais l’endroit, qui a été occupé par des malades jusque dans les années 1980, est très étonnant en lui-même.
L’hôpital a été inauguré en 1451 par son fondateur, Nicolas Rolin.
Il était un véritable « palais pour les pauvres ».
Et l’intimité des malades était abordée de manière révolutionnaire.
Dans l’immense dortoir qui mesure près de 50 mètres de long sur 14 de large, il aurait été possible d’installer un grand nombre de lits.
Ce n’était pas ce que voulait le chancelier Rolin.

Photo MB

Photo MB

Trente lits à peine ont été placés, quinze de chaque côté de la salle, en ligne continue.
Des rideaux préservaient l’intimité des patients.

Parmi eux, dans les années 1970, un homme très célèbre à l’époque: Jacques Martin, l’homme de télévision.
A la suite d’un accident de la route, il a été soigné dans ce lieu prestigieux, ce que rappelle une coupure de presse épinglée dans le musée…

Martine Bernier