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Nous étions à table, mon Capitaine et moi.
Il était d’humeur badine, une lueur que je connais bien au fond des yeux.
Depuis plusieurs semaines, lorsque j’ai un peu de temps libre, il me voit en tête à tête avec mes pinceaux et mes couleurs.
Il n’était donc pas étonnant qu’il réagisse…
Je venais de le taquiner à propos de je ne sais plus quel détail:

– Hé oui: tu m’as roulée!
– Roulée???
– Oui, tu m’as fait croire, au début, que tu étais un gentleman! 
– Oh! Chérie!

Les rires ont commencé… il était évident qu’il n’allait pas en rester là.

– En fait, tu m’as roulé, toi aussi!
– Roulé??? Moi?
– Oui! Tu m’as fait croire que tu étais écrivain, et en fait, tu es peintre!

Capitaine: 1
Pauvre  créature malmenée: 1

Nous parlons ensuite de la liberté de l’autre dans un couple.
Il revient à la charge et comme le bougre a le sens de la stratégie, il sait parfaitement où il veut me mener et comment faire pour que j’y aille!
Il me pique donc jusqu’à ce que je lui dise:

– Tu sais bien que comme je ne supporterais pas que qui que ce soit m’interdise de faire quoi que ce soit, il est important pour moi de respecter le même principe pour les autres. Et pour toi en particulier.
– Je peux tout faire?

Aïe.
Danger.
Ce genre de petite phrase ne présage en général rien de bon.
Prudemment, je réponds:
– Où veux-tu en venir?
– Je peux tout faire… même mes blagues potaches?

Il fait allusion à une blague stupide qu’il a débitée à mon fils cadet et qui n’a fait rire qu’eux. 
Après tout, flûte: j’ai été élevée chez les Soeurs!

– Ah non!
– Et voilà, c’est bien ce que je disais! Je suis brimé!

Il affiche la mine du vainqueur: sourire triomphant, regard pétillant et, au final, un grand rire ravi.
Il a gagné et file vaquer à ses occupations, joyeux pour le restant de la journée.

Capitaine: 2
Pauvre créature malmenée: à l’infirmerie!

Martine Bernier

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