septembre 2014
L M M J V S D
« Août   Oct »
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
2930  

Catégories

Catégories

Archives quotidiennes : 3 septembre 2014

Hier, comme cela m’arrive parfois, j’ai eu envie de me débarrasser en bloc de la TV, des journaux, de la radio et d’Internet.
Pour ne plus entendre ni voir les nouvelles de ce monde peuplé de certains hommes qui suivent une logique sanguinaire insupportable.
Combien sommes-nous à avoir du mal à trouver le sommeil en raison de l’actualité qui nous a choqués dans la journée?
Comment supporter ces drames quotidiens et ces crimes mis en scène pour être diffusés le plus largement possible?
Hier, en regardant les actualités, mon Capitaine et moi avons échangé un regard.
J’étais horrifiée par l’exécution de ce jeune journaliste américain.
La deuxième en quinze jours.
Ces crimes blessent chacun de nous…

J’aborde très rarement ce genre de sujets sur Ecriplume.
Mais, comme tout le monde,  je ne vis pas dans une bulle.
Je suis frappée devant la teneur des journaux télévisés et autres.
Comment demander à la population d’avoir le moral après avoir ingurgité autant de mauvaises nouvelles à la minute?!
J’en parlais ce matin à un ami qui me disait: « Comment se lever le coeur léger après avoir été mis au courant d’autant d’horreurs? »

Et j’ai repensé à ce que m’ont souvent dit des policiers et autres professionnels confrontés à des cas difficiles.
Ils s’impliquent, apportent leur aide, mais le soir, lorsqu’ils rentrent chez eux, ils laissent ce qu’ils ont vécu à l’extérieur de leur cocon pour ne plus se consacrer qu’à leur famille, leurs amis.
C’est toujours la même rengaine, me direz-vous.
C’est vrai… mais c’est la seule qui fonctionne.
Dès que l’on écoute les informations à l’échelle internationale ou même nationale, elles sont lourdes, souvent tragiques.
Mais lorsque l’on zoom sur les nouvelles plus locales, elles prennent une autre dimension.
C’est là que l’on découvre des gestes d’entraide, de solidarité, d’altruisme, des rires, de l’amitié, de l’amour, de l’écoute.
Simplement, tout cela provient d’anonymes dont on ne parle pas.
Des personnes généreuses, positives,  efficaces.
Pour moi, c’est la seule façon de ne pas perdre pied, de ne pas se laisser submerger par les blessures du monde.
En recentrant mon regard sur ce qui m’entoure, sur cette trame  tissée par ceux qui s’engagent au quotidien, spontanément.
Et en me concentrant sur les situations sur lesquelles je peux intervenir en apportant mon aide ou mon appui.
C’est l’une des rares choses que j’ai apprises au fil du temps: me focaliser sur les drames que je n’ai pas le pouvoir de changer ne sert malheureusement à rien.
Mais ce matin, dans mon bureau, avant de commencer à écrire, j’ai allumé une bougie.
Je ne peux rien faire… mais je peux accompagner par la pensée.
Le pouvoir de la pensée est, dit-on, bien supérieur à ce que nous imaginons…

Martine Bernier