Silence, je t’écoute…

Oui, je sais, mon titre d’aujourd’hui peut être un peu intriguant.
Il est pourtant tout simple…
Nous traversons tous des moments où nous avons besoin d’évacuer une pensée lourde, un sentiment de tristesse ou de fatigue.
Les papillons noirs…
C’était mon cas, hier soir.
Mon Capitaine était absent.
Le soir, je suis retournée dans mon bureau où j’ai travaillé tard, pensant à tort arriver à me changer les idées en me réfugiant dans mes articles.
Depuis le matin, la flamme d’une bougie brûlait à côté de moi.
La nuit était tombée depuis longtemps et je devais me résoudre à réaliser que… non, j’en étais toujours au même point.
J’ai regardé Pomme, qui faisait semblant de dormir dans son panier, à deux mètres de moi.
Ses sourcils bougeaient légèrement à chaque petit bruit que je pouvais émettre.
J’ai murmuré: « Tu as le courage de ressortir avec moi? »
Et en une fraction de seconde, elle a bondi sur ses pattes, fonçant à la porte d’entrée.

Dehors, il faisait noir et il pleuvait un peu.
J’ai été m’asseoir sur un banc, sous un arbre à l’entrée de la maison.
Dégoûtée de découvrir la pluie, Pomme est venue se réfugier près de moi, sous le banc, très contrariée de ne pas pouvoir profiter de sa sortie nocturne comme elle l’espérait.
Il n’y avait pas un bruit.
Ou plutôt pas un bruit humain.
Pas de voiture, juste le vent dans les arbres et le son de la pluie.
Des frôlements dans la haie…
Tout ce que j’aime…
Cette boule de tristesse était là, au creux de mon estomac.
Toute la journée, j’ai tenté de lui tordre le cou sans succès.
Enfouir les pensées noires sous un gros tas d’occupations est inutile, je le sais pourtant.
Cela équivaut à cacher un objet sous un tas de feuilles mortes: le moindre souffle de vent le fait réapparaître.
Je connais la solution… regarder en face ce qui me mine.
Là, dans le silence et sous la pluie, j’ai donc pensé.
Je ne suis remontée que lorsque j’ai réalisé qu’il commençait à faire frais.
Pomme est partie se réfugier dans son panier après m’avoir lancé un petit regard inquiet.

Ce matin, j’ai rallumé la bougie qui trône sur mon bureau.
Dans son pot de verre épais, la cire a presque totalement fondu.
La flamme vacille sur les derniers millimètres de mèche encore indemne.
Les papillons noirs partiront d’eux-mêmes, quand ils en auront envie.
Je vais juste faire en sorte qu’ils soient rejoints par d’autres, plus colorés.

Martine Bernier

 

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3 réflexions sur “Silence, je t’écoute…”

    1. Oh, ce n’est pas moi qui ai besoin de courage… Si j’ai de la peine face au départ de quelqu’un que je n’ai plus revu depuis plusieurs années, j’ose à peine imaginer ce que peuvent ressentir ses proches… Simplement, je suis comme beaucoup d’entre nous: je n’aime pas les adieux… Merci, Sylvie.

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