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Archives quotidiennes : 2 octobre 2014

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Nous avions vu le premier film consacré au grand couturier en janvier dernier.
Et il n’était pas question pour moi de manquer le deuxième, « Saint Laurent »,  de Bertrand Bonello.
Le film dont Pierre Bergé, compagnon d’Yves Saint Laurent, ne voulait pas…

Il est difficile de ne pas faire la comparaison entre les deux films.
Une chose est sûre: ils sont très différents l’un de l’autre et les deux acteurs qui ont interprété le rôle titre, Pierre Niney pour le premier « Yves Saint-Laurent », et Gaspard Ulliel pour le deuxième, sont aussi époustouflants l’un que l’autre.

Le film de Bertrand Bonello ne suit pas la trame de la vie du couturier pas à pas.
Il en choisit des facettes qu’il explore à sa manière, esthétiquement exceptionnelle.
C’est peut-être la première sensation qui m’est restée en quittant la salle: la beauté qu’il dégage.
Gaspard Ulliel a le visage et le regard d’un ange, certaines scènes sont sublimes, comme celle retraçant le fameux défilé « Les poupées russes » de 1976.
La scène est découpée à l’écran, et en devient somptueuse.
Même si la vie du personnage principal est l’élément principal du film, la haute couture est bien présente et chaque scène est un bonheur.
Y compris un petit bijou d’émotion: la scène dans laquelle Saint Laurent métamorphose une femme qui se sent mal dans sa peau.
Émouvante et belle…
Le film met aussi l’accent sur l’importance de certains personnages dans l’existence d’Yves Saint-Laurent.
Comme Betty Catroux (Aymeline Valade) ou Loulou de la Falaise (Léa Seydoux), les mannequins qui furent ses muses.

Et puis il y a ces passages marquants, comme celui retraçant une négociation entre Pierre Bergé (Jérémie Renier) et ses partenaires américains.
Les interlocuteurs se parlent en français et en anglais et ont été traduits en traduction simultanée par une interprète à laquelle je tire mon chapeau!
Une prouesse inédite au cinéma.

La vie sentimentale trouble et parfois glauque de Saint-Laurent est abordée sans concessions, mais sans jamais s’éterniser jusqu’à mettre le spectateur mal à l’aise.
Et là encore, le personnage de Jacques de Bascher (Louis Garrel) est parfait de décadence blasée, de séduction dangereuse.
La passion ravageuse que les deux hommes ont vécue, arrêtée net par l’intervention de Jacques Bergé, est mise en scène de manière magistrale.
Enfin, le film est porté par une illustration musicale particulièrement riche et soignée, à tel point qu’elle en devient l’un des discrets piliers.

J’ai adoré l’élégance de ce film, sa créativité, sa finesse, sa force.
Et le talent des acteurs, parmi lesquels Gaspard Ulliel, donc, éblouissant.
Si je faisais partie du jury du Festival de Cannes, je pense que l’an prochain, je décernerais un double Prix du Meilleur Acteur aux deux comédiens qui ont prêté leurs traits à Yves Saint Laurent avec autant de grâce et de sincérité…

Martine Bernier

Bande annonce Saint Laurent