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Archives quotidiennes : 15 octobre 2014

Mon Capitaine et Pomme devaient hier être pris en photo dans un cadre professionnel.
Mon collègue photographe, un homme plein de tact et de sensibilité avec lequel je m’entends très bien, m’appelle le matin pour fixer l’heure du rendez-vous et nous échangeons quelques mots:
– Quinze heures? D’accord! J’ai le temps de donner un bain à Pomme pour qu’elle soit au top!

A côté de moi, entendant le mot « bain », mon Mogwaï lève la tête, me lance un regard inquiet et sort discrètement de mon bureau en faisant le moins de bruit possible.
Je ris en expliquant sa réaction à mon interlocuteur et décide de battre le fer tant qu’il est chaud.
Quelques minutes plus tard, je suis dans la salle de bain et j’adresse des supplications à ma bichonne pour qu’elle daigne venir dans la douche.
Cette fois, elle est réfugiée à une distance respectable du lieu de tous les dangers, se cache derrière les angles des murs et des bibliothèques.
De temps en temps, je vois sa truffe et son museau surmontés d’une paire d’yeux suspicieux qui me regardent.
Finalement, à force de persuasion elle finit par consentir à se livrer et entre dans la douche.
Elle a l’air accablée… et je m’entends lui bredouiller une phrase stupide du genre « il paraît qu’il faut souffrir pour être belle ».
Je la connais, je sais que l’opération est un calvaire pour elle, donc je m’arrange pour agir vite et le plus efficacement possible.
En sortant, bien que je l’aie partiellement séchée dans des serviettes, elle est trempée et court partout et ponctue son parcours avec des sauts de niveaux olympiques qui, tous lui permettent d’atterrir gracieusement dans les différents paniers qui sont posés à son intention dans trois pièces de l’appartement.
Comme d’habitude!
Re supplications…. et elle accepte de passer à la phase « séchage » sous le sèche-cheveux.
D’assez bonne grâce, elle se laisse « venter » et brosser jusqu’à ce qu’elle soit suffisamment nette pour pouvoir retrouver sa liberté.
Mais le calvaire n’est pas fini…
En la regardant s’éloigner, je réalise que sa coupe laisse vraiment à désirer.
Sa fourrure a poussé de manière anarchique, plus épaisse d’un côté que de l’autre, lui donnant un curieux aspect qui ne lui ressemble pas.
– Viens, nous allons  faire une belle pomme!
Et hop: j’improvise un salon de toilettage sur une table.
Elle a l’habitude et aime assez que je m’occupe d’elle… sauf lorsqu’il s’agit de toucher à ses moustaches.
Pomme Poirot… elle est aussi susceptible que ce cher Hercule en la matière!
Mais, comme si elle comprenait l’enjeu de la séance, elle se laisse faire de bonne grâce, me léchant la joue dès que j’approche mon visage à portée de langue.

Je me transforme en coiffeuse pour Mogwaï et, au bout de 20 minutes, c’est une Pomme ravie de sa coupe Spirou qui galope à travers la maison.
Il est temps…
Un peu plus tard arrive mon collègue qui a droit à un accueil curieux et affectueux de la part de son mini modèle.
Les trois héros du jour s’éloignent dans un lieu de nature pour  prendre les photos.
Et le soir, celles-ci arrivent sur mon mail.
Le géant et la puce, grands complices…

Le soir, nous nous retrouvons tous les trois, pour l’une de ces soirées cosy que j’adore.
Pomme a l’air très fatiguée.
Lorsqu’arrive l’heure d’aller se coucher, elle file dans son panier et s’y blottit.
Je m’approche d’elle:
– Tu as froid?
Et je la recouvre doucement avec sa couverture.
Pour me remercier, elle me gratifie d’une léchouille et ferme les yeux.
Elle est épuisée… et n’a pas l’air d’avoir envie de faire carrière dans le mannequinat!
Beaucoup trop exigeant, comme métier…

Martine Bernier