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Archives quotidiennes : 12 juillet 2015

J’en ai déjà touché un mot en 2012…
Il y a quelques années, mon oncle et parrain, frère de mon père, m’a fait le cadeau du fruit de son travail généalogique.
La copie des données récoltées sur la branche paternelle de ma famille est entrée dans ma vie.
Je l’ai souvent parcourue, me disant que j’en ferais sûrement quelque chose quand j’aurai un peu de temps.

Vendredi en fin de journée, une fois mes articles de la semaine terminés, je me suis lancée.
J’ai fait l’achat d’un logiciel de généalogie: Hérédis.

Et j’ai commencé à recopier les données en m’attardant à chaque personne.
La plus ancienne s’appelait Nicolas et est né en 1720.
Et j’ai déroulé le fil de sa vie et de ceux qui l’ont suivi…
Date de naissance, de décès, parfois celle du mariage… parfois juste une évaluation de la date de naissance.
Un lieu attaché à la famille pendant des générations: Écaussinnes d’Enghien.
En approfondissant, je découvre les morts prématurées, les remariages, les enfants dont on découvre la naissance, mais qui n’apparaissent plus dans la descendance…
Puis mes grands-parents, mon père…

Hérédis permet de rajouter des informations plus fouillées sur les membres de l’arbre généalogique.
Arbre que j’ai agrandi en commençant à y ajouter ma famille maternelle.
Je réunis donc tous les détails possibles sur mes grands-parents, mes parents, mes proches, et je les consigne pour les générations à venir.
Pour cela, je recoupe des correspondances échangées avec une cousine de ma mère, les souvenirs de conversations partagées avec ma grand-mère maternelle, avec mon parrain…

J’ai envie que ceux qui me suivront sachent que mon grand-père paternel, que je n’ai pas connu, était menuisier, mais qu’il a commencé sa carrière professionnelle en fabriquant des croix pour les cimetières.
Croix qu’il livrait en les entassant dans une charrette à bras poussée par lui et ma grand-mère…
Je voudrais qu’ils sachent que mon grand-père paternel, décédé un an avant ma naissance, a fait la guerre de 14-18, qu’il a été gazé dans les tranchées et que c’est dans un sanatorium de Leysin qu’il a été soigné.
Il était Belge, la Suisse l’éloignait de Clémence, ma grand-mère avec laquelle il partageait un amour qui n’a jamais failli…
J’ai envie qu’ils découvrent que, des années plus tard, par un hasard que je prends comme un pied de nez du destin, j’ai posé armes et bagages à Leysin après avoir quitté mon pays natal, et… j’ai habité dans la maison du médecin qui avait soigné mon grand-père.
Médecin dont j’ai bien connu les filles.
Je veux qu’ils apprennent qui était mon père, ce qu’il faisait, quel genre d’homme il était.

Parce que, dans longtemps, si l’un de mes descendants a envie de se pencher à son tour sur ses racines, je ne veux  pas qu’il ne voie dans cet arbre que des noms sans visages, des étapes anonymes dans la construction de la famille.

Ce voyage dans mes origines me bouleverse.
Ma vie est faite ainsi  qu’une fois mon enfance terminée, à 9 ans, je n’ai pas eu de vie familiale forte en dehors de celle créée avec mes enfants et avec mon parrain et sa merveilleuse épouse, ma deuxième petite maman, dont je suis séparée par des centaines de kilomètres.
Me pencher sur celles et ceux sans lesquels je ne serais pas là est un voyage plus qu’émouvant…

Martine Bernier