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Archives quotidiennes : 25 juillet 2015

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Soirée en tête-à-tête pour Pomme et moi, hier soir.
L’orage grondait un peu dans le lointain.
Je feuilletais un livre tout en laissant la télévision branchée, regardant en replay un journal de 13 heures.
Pomme, à laquelle  je venais de donner une bonne douche sur sa demande, dormait à côté de moi, sur le canapé.
C’est à ce moment qu’a été diffusé un reportage dont le sujet est récurrent, et qui réveille chaque année en moi une colère énorme.
L’abandon des animaux.
Cette fois encore, période de vacances oblige,  les chiffres étaient horrifiants.
60’000 chiens et chats abandonnés chaque année…
Trente millions d’amis a raison d’appeler cela « un crime ordinaire ».
Le reportage montrait un refuge, en France, entouré de grillage.
Il expliquait que certains monstres qui, à mes yeux, n’ont pas grand chose d’humain, n’hésitent pas à jeter leur animal par-dessus ce grillage de près de trois mètres de haut  pour le laisser anonymement au refuge.
Beaucoup d’animaux sont blessés lors de cette opération.
Il est même arrivé qu’un chien soit tué.

Envie de vomir…
Le sujet s’est poursuivi dans le refuge, auprès des chiens qui aboyaient et gémissaient.
Leurs cris ont réveillé Pomme.
Elle avait l’air très perturbée, fixait l’écran, ce qui n’est pas son habitude.
A un moment donné, un petit bichon est passé à l’image.
Son sosie, mais en gris.
J’avais le coeur serré…
Tous ces chiens et ces chats qui avaient confiance en ces gens assez détestables pour s’en séparer par commodité…
De temps en temps, mon Mogwaï me regardait, un peu inquiète, puis recommençait à suivre le fil du reportage.
Quand il a été fini, je l’ai rassurée.
En  la caressant, je lui ai expliqué qu’elle n’aurait jamais à subir ce sort, que je ne l’abandonnerais jamais.

Rassurée, elle s’est rendormie.
Mais moins de dix minutes plus tard, un énorme coup de tonnerre a secoué la maison.
Elle qui ne craint pourtant pas l’orage, a été effrayée par la violence et la soudaineté du phénomène.
Pas de panique, pourtant: elle m’a regardée d’un air de reproche.
– Heu… je te signale que je n’y suis pour rien!
Mais je me suis levée pour fermer la porte-fenêtre du balcon, qu’elle surveillait avec inquiétude.
Ce qui a eu pour effet d’atténuer nettement la deuxième démonstration du tonnerre.
J’ai dû la fermer trop tard… un ou deux moustiques avaient eu le temps de s’introduire dans le salon.
Sensible au moindre bruit, Pomme a réagi à leurs « bzzzz » menaçants en tournant la tête dans tous les sens.
Elle m’a lancé un nouveau regard avant de laisser tomber sa tête sur le canapé, comme épuisée par cette soirée décidément perturbante.
Je l’ai recouverte d’un petit drap pour qu’aucun vorace volant ne vienne la piquer.
Et tandis que je lui chatouillais les oreilles, elle a poussé un long soupir d’aise.
Certaines « vies de chien » sont plus enviables que d’autres…

Martine Bernier