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Archives mensuelles : août 2015

C’était samedi.
Il faisait beau et très chaud.
Une de ces journées du mois d’août au cours desquelles l’été semble nous signaler qu’il n’a pas dit son dernier mot.
Nous étions quatre et demi dans la voiture, en route pour Chiboz.
L’ambiance était joyeuse: nous n’avions pas revu le frère et la belle-soeur de mon Capitaine depuis notre mariage.
Et pour fêter ces retrouvailles, quoi de mieux qu’un week-end au paradis, en compagnie de Pomme, bien sûr.

Seulement voilà.
Aux deux tiers d’une côte particulièrement raide, une voiture qui descendait s’est arrêtée pour nous permettre de la croiser.
Elle était positionnée de telle façon que mon Capitaine a été obligé de beaucoup ralentir et… le moteur a calé.
Je vous passe les détails suivants, mais pour une grosse voiture à boîte automatique, l’effort était trop important.
Malgré toute la dextérité de mon Capitaine, une odeur de brûlé suspecte est venue nous chatouiller les narines.
L’embrayage avait  rendu l’âme.

Oups.

J’ai pris mon téléphone pour appeler la Dame de Chiboz.
Et à la seconde même où je réalisais que son portable ne répondait pas, j’ai vu apparaître, sur ma droite une voiture et… le visage de son mari, Michel.
Ensuite? Toute la famille s’est transformée en sauveurs des naufragés de la route!
Michel et son bout de chou de petit-fils Robin ont embarqué les deux femmes et Pomme en direction de Chiboz tandis que nos pauvres maris attendaient le dépanneur.
Le Maître de Chiboz, qui revenait du stand de tir, riait en nous disant qu’avec les armes qu’il avait dans son coffre, il aurait de quoi nous défendre contre une éventuelle attaque de train!
Arrivées au paradis, Tina et moi avons été chouchoutées par l’ensemble de l’équipe… les lumineuses Emilie, Florine et Marie, les filles de la Dame et du Maître de Chiboz, l’adorable Guillaume, l’un de leurs beaux-fils, notre irremplaçable Sébastien: tous ont été d’une gentillesse plus que réconfortante.
Et puis est arrivée ma chère Dame de Chiboz, et… le temps s’est arrêté.
D’origine sicilienne comme ma douce belle-soeur, elles ont évoqué les parfums et les images de la Sicile, et des anecdotes qui sentaient bon le soleil de la Méditerranée.
C’était  un moment hors du temps.
Une heure plus tard, le téléphone sonnait et nos hommes demandaient si quelqu’un pouvait venir prendre les bagages afin de vider la voiture pour le dépanneur qui n’allait plus tarder.
Cette fois, c’est l’adorable Marie qui a volé à leur secours.
La sensible et raffinée Marie, fille cadette de la fratrie, qui  s’est mise en quatre pour nous, et qui nous a ramené les deux valeureux rescapés.
Nous avions prévu de passer la nuit à Chiboz.
Bien sûr, nous savions que nous n’avions plus de véhicule, mais… cela ne nous a pas empêchés de passer une délicieuse soirée, sur la terrasse où la douceur ambiante et un lever de lune de derrière les montagnes faisaient oublier les mésaventures de la journée.

Au petit matin, j’ai été me promener avec Pomme alors que la maisonnée dormait encore.
Le petit jour sur Chiboz est une merveille.
Tout y est paisible, serein, l’air est pur… et mon Mogwaï ne sait plus où donner de la truffe!
Le petit déjeuner qui a suivi, sur la terrasse, a été dans la lignée de ces moments parfaits.
En compagnie bien sûr de la Dame de Chiboz qui revenait d’une longue balade dans la montagne, mais aussi de trois de ses petits-enfants: le délicieux petit Marcel, la pétillante  Méline boule de charme sur pattes, et Robin, cet enfant si tendre et créatif qui nous embarque dans son univers dès qu’il ouvre la bouche…

Après ces heures si privilégiées, il fallait trouver une solution pour regagner l’autre civilisation.
Et là encore, comme si tout était normal, naturel facile, c’est la Dame de Chiboz qui nous a emmenés.
Précisons au passage qu’il y a une heure de route et près de 50 kilomètres entre notre Nid et celui de Chiboz…
Ce qui ne l’a pas empêchée de nous embarquer joyeusement, nous offrant même le cadeau d’arrêts nous permettant de découvrir quelques secrets de la région.
Quand elle parle et conte le passé de son coin de pays, le temps s’arrête…
Et comme tous ceux qui ont eu la chance de l’écouter, Rémy et Tania sont tombés sous son charme…

Bien plus tard le soir, lorsque j’ai éteint la lumière, j’ai repensé aux fortes émotions vécues durant ces deux jours riches et bouleversants à plus d’un titre.
Je crois que ma dernière pensée a été pour nos amis de là-haut, toutes générations confondues, capables de faire naître d’un événement contrariant un feu d’artifice de petits bonheurs…

Martine Bernier

 

 

Après une semaine bien remplie, Ecriplume part en week-end!
Pas de texte demain matin, en principe, mais retour lundi avec le plein d’énergie et de beaux souvenirs…

Bon week-end!

 

Martine Bernier

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– J’ai voulu voir le film sur Arte, consacré à Camille Claudel. Je n’ai pas pu le regarder jusqu’au bout.
– Le film avec Isabelle Adjani?
– Non, un autre. Je l’ai détesté… Ne le regarde pas, tu vas être déçue.

Evidemment, j’ai fait l’inverse…
Grâce au « replay »  qui permet, sur les télévisions, de revoir les programmes que nous avons pu manquer, j’ai donc revisionné ce film de 2013 un soir de cette semaine.
Ou plutôt deux soirs de cette semaine… car je n’ai pas eu le courage de le voir en une fois.
J’en ai déjà parlé ici: le destin de Camille Claudel me bouleverse.
Internée en hôpital psychiatrique en 1913, elle y mourra en 1943.

Le film « Camille Claudel 1915 » de Bruno Dumont évoque ce qu’a été son quotidien désespéré entre les murs de l’asile d’aliénés de Montdevergues à Montflavet, près d’Avignon.
J’ai très vite compris pourquoi ma maman de coeur, qui m’a parlé de ce film, n’a pas pu supporter de le voir jusqu’au bout.
Avec un réalisme déchirant, le réalisateur a choisi de représenter le quotidien épouvantable qu’a vécu cette merveilleuse artiste sacrifiée par sa famille.
Durant les trois quarts du film, nous partageons son désespoir, l’horreur de la situation qui la confronte à la folie et au handicap mental des autres pensionnaires.
Elle est là, murée dans son silence, à attendre un changement, une délivrance qui n’arrive pas.
L’atmosphère était tellement terrifiante, tellement lourde, que j’ai interrompu le film.
Mais, la nuit, je m’en suis voulue.
Et le lendemain soir, tard, j’ai regardé la fin.
Camille mettait tout son espoir dans la visite annoncé de son frère, Paul Claudel.
Quand enfin il arrive… nous assistons à un entretien surréaliste.
Et nous ressentons plus encore le désespoir qui l’a écrasée…

J’ai rarement vu un film aussi dur, aussi lourd, mais aussi fidèle à ce qu’a dû être la réalité.
Et, surtout… il y a Juliette Binoche, poignante, extraordinaire dans ce rôle.
Elle est entourée de véritables patients.
Et l’on peut imaginer la difficulté du tournage, la sensibilité infinie qu’il a fallu au réalisateur comme à son interprète pour être justes.
Comment Juliette Binoche a-t-elle fait pour ne pas être happée par l’horreur de la situation, par la détresse de son personnage, je me le demande encore aujourd’hui.
Quant à Jean-Luc Vincent, dans le rôle de Paul Claudel, son talent est à la mesure du sentiment de révolte qu’inspire son personnage.

Martine Bernier