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Archives quotidiennes : 10 septembre 2015

Dimanche ou lundi, en début de soirée.
J’étais au jardin avec Pomme, qui était très occupée à renifler la haie à la recherche de son copain hérisson.
La quiétude de ce moment a été troublée par des cris qui s’approchaient de nous.
Au bout d’un moment (nous les entendions venir de loin!), nous avons vu apparaître une jeune femme et un petit garçon de quatre ou cinq ans.
Il était dans une colère terrible, criait, trépignait, refusait d’avancer, se sauvait, revenait… tandis que sa maman, visiblement très mal à l’aise, essayait de le calmer.
Je compatissais mentalement quand soudain, arrivé à la hauteur de la maison, le petit personnage en question s’est échappé une fois de plus et… a atterri dans le jardin.
Mi-ravie de voir un enfant, mi-inquiète de l’entendre hurler, Pomme s’est approchée en remuant la queue…
Et le visiteur hurleur a eu la très mauvaise idée de vouloir lui envoyer un coup de pied qu’elle a réussi à esquiver.
C’est le genre de chose qui a le don de me faire bouillir.
Je me suis mise devant le gamin:

– Ah non!!!!
Il m’a regardée, un peu surpris de voir une autre adulte s’interposer, et a grommelé, toujours furieux:
– Elle voulait me mordre…
– Non: elle ne mordrait jamais personne. Elle voulait juste te dire bonjour! Ici, Pomme est chez elle, dans SON jardin. Si tu ne voulais pas qu’elle t’approche, tu ne devais pas y rentrer.
– Pourquoi elle s’appelle Pomme?
– Parce que c’est joli. Et autre chose: arrête de crier comme cela: tu vas faire peur au hérisson. Et s’il a peur, il ne sortira pas.

Il a regardé autour de lui, oubliant sa colère en deux secondes:
– Il est où?
– Dans la haie. C’est ce que faisait Pomme quand tu es arrivé en hurlant comme un cornichon sur pattes: elle le cherchait.

Sa maman, qui s’était approchée, nous regardait sans rien dire.
Le petit, calmé, a jeté un coup d’oeil vers la haie:
– J’ai jamais vu de hérisson en vrai.
– Et tu ne risques pas de les voir si tu cries: ils sont timides. Quand tu as envie de te mettre en colère, tu devrais y penser: il y a des hérissons un peu partout et ils ont horreur du bruit. Tu en verras peut-être un jour si tu as de la chance et si tu chuchotes… Bon, dis au revoir à Pomme et file, ta maman t’attend!
Il a caressé Pomme, pas rancunière, et a couru vers sa mère, glissant sa main dans la sienne.
Elle m’a adressé un sourire radieux:
– Merci!!!! Je le retiendrai, le coup du hérisson! Heu… ça vous dirait de venir vivre avec nous?
J’ai ri.
En s’éloignant, le petit s’est retourné et m’a envoyé un geste de la main.

****

Mercredi soir.
J’ai accepté de garder Aurélien, un an dans quelques jours.
Chronologiquement, il est le quatrième de nos cinq petits enfants.
Et comme chacun d’eux, c’est un irrésistible petit bonhomme.
Curieux de tout, charmeur, tendre, d’un caractère facile, il a déjà pris ses habitudes lorsqu’il vient passer un peu de temps avec nous, s’intéresse à tout ce qui l’entoure et a sans cesse le rire au bord des lèvres.
En fin de soirée, je l’ai couché dans son petit lit d’appoint placé non loin de nous, dont les côtés latéraux sont légèrement transparents.
Boîte à musique aidant, il s’est endormi assez rapidement.
D’un oeil, je surveillais le manège de Pomme.
Toutes les cinq minutes, elle allait voir si tout allait bien, le regardait, remuait doucement la queue et revenait.  000_711
Ce n’est pas la première fois que je me dis qu’elle me fait penser à la chienne Nana, dans Peter Pan, nourrice des enfants…
Elle a une vocation de puéricultrice!

Martine Bernier