octobre 2015
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Archives mensuelles : octobre 2015

Cela se passait un matin de cette semaine.
Il devait être entre 8 et 9 heures, et je travaillais depuis plusieurs heures déjà lorsque mon téléphone portable a sonné.
Une sonnerie bizarre, qui n’était pas celle des appels habituels.
Étonnée, j’ai regardé sa provenance et j’ai vu qu’il s’agissait d’un appel WhatsApp émis par le téléphone de ma belle-fille, Jee.
Bizarre: dans la famille, WhatsApp est utilisé pour les envois de photos, les SMS, mais par pour les conversations.
J’ai répondu… mais personne ne se manifestait à l’autre bout du « fil »… qui n’est d’ailleurs plus un fil depuis longtemps.
Pensant à une fausse manoeuvre de la part de Jee, j’ai raccroché.
Dix secondes plus tard, re-sonnerie.
Je reprends mon téléphone, réponds et… rien.
Durant les minutes qui ont suivi, j’ai reçu une douzaine d’appels de ce type.
Au bout des quatre ou cinq premiers, j’ai appelé ma belle-fille sur son numéro fixe, sans recevoir de réponse.
Je commençais à m’inquiéter: avait-elle un problème?
Et les appels continuaient…
Jusqu’au moment où je me suis demandé si Nawee, notre petit bout de deux ans, passionné par les téléphones et tous ces objets mystérieux qui font du bruit, n’était pas l’interlocuteur invisible.
À la sonnerie suivante, j’ai demandé

– Nawee? C’est toi, bout de chou?
Grand silence.
Je n’entendais même pas une respiration.
Si c’était lui, peut-être poussait-il sur ce bouton sans réaliser qu’il téléphonait…
J’ai raccroché, et le manège a continué pendant un certain temps.
Puis, plus rien.
J’avais toujours un doute par rapport à Jee.
Allait-elle bien? Avait-elle besoin d’aide?
Je l’ai rappelée peu après et c’est elle qui m’a expliqué le fin mot de l’histoire…
Nawee avait bel et bien trouvé ce téléphone sur lequel seul WhatsApp était encore en service.
Avant qu’elle ne se rende compte de ce qu’il faisait, il avait eu le temps de bien s’amuser…

Lorsque j’ai eu mon petit-fils au téléphone par la suite, un soir de cette semaine, lors d’un appel tout à fait « légitime » cette fois,  nous avons eu une conversation extrêmement enrichissante:
– Alors? Tu as essayé de me téléphoner?
– Fapoijezgkmn.

Oui… Nawee parle, mais pas exactement dans notre langage à nous pour le moment.

– Tu sais, il ne faut plus prendre le téléphone de Maman… ou alors, quand tu m’appelles, tu dois parler pour que je sache que c’est toi… D’accord?
– Soié’otijmkje!
– Super! Merci, chouchou!

Aaah… c’est beau la communication!

Martine Bernier

André Franquin

André Franquin

Grâce à mon Capitaine, je relis en ce moment les albums de Franquin intitulés les Idées Noires.
Quand j’étais enfant et que j’ai découvert son merveilleux Gaston Lagaffe, j’étais trop jeune pour  être vraiment réceptive à cette autre facette de son talent.
En 1977 ses premières Idées Noires sont paraît-il, apparu dans un supplément  du Journal de Spirou: Le Trombone Illustré avant de se retrouver dans Fluide Glacial.
Les-idees-noirs-pale-capitaine-et-peine-capitale
Pour ma part, il aura donc fallu que j’attende d’avoir mon âge pour pouvoir me replonger dans ces planches où il passe à la moulinette tout ce qui l’interpelle.
Tout le monde ou presque en prend pour son matricule, des marchands aux militaires en passant par les chasseurs, les industriels, les technocrates, la tauromachie, l’écologie, la déprime, etc.
Tout est travaillé en noir, et le contenu de ces séries de gags est d’une profondeur que je redécouvre avec délice.
C’est drôle, bien sûr, mais grinçant, morbide.
J’adore…
Il devait être très sensible, ce formidable dessinateur…

Tiens, puisque j’en suis à parler BD…
En début de semaine, j’ai reçu en envoi publicitaire un exemplaire amaigri du Journal de Spirou.

Et hop, je me suis retrouvée propulsée dans mes jeunes années, lorsque je courrais chez le marchand de journaux pour l’acheter ou prendre un Tintin dès que j’avais deux ou trois sous.
J’ai lu entièrement le magazine, et j’ai pris ma décision: j’y ai abonné l’aîné de mes petits-fils, Kim.tbI9noJ
C’est à son tour de pénétrer dans cet univers si particulier…
J’ai juste ménagé une petite niche à l’incorrigible nana que je suis: le magazine fera un crochet par chez moi avant qu’il ne soit remis à son petit destinataire.
Juste pour me découvrir les jeunes plumes avant de le lui offrir!
On ne se refait pas…

Martine Bernier

Nous étions en mission commandée à Thonon lorsque mon Capitaine m’a dit:

– Tu viens? Il y a une librairie Majuscule dans la rue… On va voir?
– Aïe… tu sais que c’est toujours risqué de me lâcher dans une librairie…
– Bah, c’est juste pour voir comment est conçu le magasin!

Il en  avait manifestement envie: j’ai accepté, bien décidée à rester ferme et à résister à tous les livres présents.
Et des livres… il y en avait…
Nous étions au paradis!
Aucune importance: j’ai dit que je ne craquerais pas, je ne craquerai pas!

Et puis…
Mon Capitaine a attiré mon attention sur un rayon.
Le rayon des fameux carnets Paperblanks.paperblanks-monet-lot2
Stoïque, je répondais à chaque fois qu’il m’en montrait un, que je l’avais déjà où qu’il n’était pas aussi beau que ceux qui me plaisent d’habitude.
J’étais plutôt fière de moi lorsqu’il a sorti un carnet coloré.
J’ai reconnu le pont de Monet, même si les couleurs ne correspondaient pas vraiment.
La couverture est recouverte de son écriture, et de sa signature.
C’est idiot, je sais… mais cela me touche toujours.
Mon Capitaine le sait bien: il a filé vers la caisse avec le carnet en question et me l’a offert.

Et me revoilà avec un nouveau compagnon de route… et le sentiment d’avoir auprès de moi un homme incroyablement attentionné…

Martine Bernier