Une phrase dans la nuit

En temps normal, le soir, il m’est difficile de ne pas lire avant de m’endormir.
Hier, j’ai repris le livre que Jacques Chancel a écrit en 2014: « Pourquoi partir? »71YdYe3wj+L
Il ne me restait que quelques pages à terminer.
Je le lis pour la deuxième fois.
Et j’ai été marquée par ceci:
La télévision s’encombre de débats dont on ne retient que les bruits.
Tous parlent dans un ensemble étourdissant, on ne comprend rien, les balivernes courent les plateaux.
Ce qui nous laisse croire que l’annonce de Jean Cocteau il y a des décennies, est toujours valable:
« Le drame de notre époque, c’est que la bêtise s’est mise à penser. »
En quelques lignes brillantes, il a résumé  une réalité désastreuse.
Plus loin les dernières phrases de ce qui est resté son dernier ouvrage disent ceci:

Si le ciel m’y autorise, j’aimerais tenir ce Journal jusqu’en 2017, très précisément jusqu’au mois de mai de l’élection du nouveau président de la République. Pour observer la projection d’une société qui navigue entre enfer et espérance, pour oublier les supercheries de la politique, pour tenter de croire à un monde meilleur, pour vivre intensément les jours qui viennent… »

Jacques Chancel nous a quittés le 22 décembre 2014.
Il lui a été épargné d’assister aux attentats de janvier et de novembre 2015, à Paris.
Mais quand je lis et relis ce qu’il a écrit, je me dis qu’il manque cruellement.
Je parle de lui assez souvent, je sais.
C’est ainsi…

Martine Bernier

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