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Archives quotidiennes : 6 juillet 2016

Lundi, fin d’après-midi.

J’ouvre le placard dans lequel se trouve « La boîte à Pomme » et commence à fouiller dans cette dernière.
Appâté, mon Mogwaï arrive en courant, et suit chacun de mes gestes en remuant la queue.
Dans cette boîte se trouve une foule de petites choses qui lui sont nécessaires, et notamment ses os.
Son air ravi ne laisse aucun doute: c’est ce qu’elle espère recevoir.
Je la détrompe tout en continuant à explorer le contenu du carton:
– Non, non, Pomme, je ne te donne pas de nonosse. Je cherche ta brosse. Demain, nous retournons chez le vétérinaire, je veux te coiffer avant. Ah, j’ai trouvé!

Armée de la brosse douce, je me retourne vers Pomme… qui a disparu.
J’ai envie de rire…
De mon petit discours, elle a compris « non », « nonosse », « brosse » et,  « vétérinaire ».
Ce dernier mot étant le dernier qu’elle a appris à reconnaître…
Bien décidée à la brosser comme prévu, je l’appelle:
– Pomme? Tu viens?
Mais mon ton engageant ne fait aucun effet.
Silence radio absolu de la part de mon Mogwaï.
Je cherche au salon, à la cuisine, et je rappelle:
– Bon, allez, ça suffit… de toute façon tu vas devoir y passer! Viens, ma Popomme…

En général, ce petit mot affectueux est irrésistible à ses oreilles…
Cette fois encore, il fait son effet.
J’entends de petits pas lents sur le parquet de mon bureau… et la petite tête ronde apparaît dans l’encadrement de la porte.
– Viens, ma puce, ça va être vite fait, promis!

Je la coiffe, la cajole, mais elle continue à me présenter le profil d’un malheureux chien neurasthénique, queue en bas, oeil abattu.
– Mais… tu as peur de retourner chez le vétérinaire? Il va juste te faire ton deuxième vaccin, ça ira très vite…

Mardi matin, 8 heures.
Nous arrivons dans le parking du cabinet vétérinaire.
En quittant la voiture, Pomme sait déjà où elle va.
Elle n’a pas apprécié la dernière visite et en garde le souvenir cuisant, c’est une évidence.
Mais les choses ne se déroulent pas comme elle semble le craindre.
Le vétérinaire qui s’occupe d’elle depuis sa naissance n’est pas encore arrivé, et c’est son collègue qui prend le relais.
Le vaccin est expédié en quelques secondes et Pomme retrouve sa liberté en moins de temps qu’il en faut pour le dire.

Mercredi matin.
– Bonjour, Pomme! Tu as bien dormi?

Elle s’étire de tout son long, mais fait l’impasse sur le câlin du matin.
Pomme ne va pas bien.
Elle supporte mal les vaccins, et celui d’hier ne fait pas exception.
Un peu plus tard, elle s’installe dans le panier de mon bureau et se rendort.
Et moi… en la regardant, je m’en veux un peu de lui faire subir ces moments nécessaires, mais déplaisants.
Elle va avoir droit à une journée douce…

Martine Bernier