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Archives quotidiennes : 4 août 2016

 

1.1.1.10-Jacques-Majorelle

Pour les touristes qui découvrent Marrakech, le Jardin de Majorelle est un passage obligé.
Dans ce jardin botanique, les arbres et les plantes exotiques, les bâtiments mauresques ou d’inspiration Art Déco et les couleurs vives forment un havre de paix et de beauté ensorcelant.
Le_jardin_de_majorelle_02Les nostalgiques d’Yves Saint Laurent s’y rendent en pèlerinage puisque le grand couturier avait acheté le jardin en 1980 avec son compagnon Pierre Bergé, le sauvant d’un projet de complexe hôtelier qui aurait signé sa perte.
Tous deux y avaient vécu, et l’on imagine la quiétude inspirante que le styliste a pu y goûter.

Pierre Bergé et Yves Saint Laurent à la porte du jardin (Source: Jardin de Majorette)

Pierre Bergé et Yves Saint Laurent à la porte du jardin (Source: Jardin de Majorette)

Mais bien avant eux, c’est un autre Français qui est à la base de ce lieu magique.
Jacques Majorelle, peintre fasciné par le pouvoir de la lumière, est tombé amoureux de Marrakech, la ville-oasis, et y a acheté en 1923 un terrain à la limite de la palmeraie.
Peu à peu, il a agrandi son domaine, baptisant sa nouvelle propriété Bou Saf Saf.
Après avoir demandé à l’architecte Paul Sinoir de lui créer une villa cubiste, ce passionné de botanique a commencé à donner vie à un jardin luxuriant qui sera l’oeuvre de sa vie, son tableau le plus beau.
Mais son entretien est cher, et il doit se contraindre à l’ouvrir au public dont les entrées payantes vont lui permettre de l’entretenir.
Le sort va ensuite s’acharner sur l’artiste…
Un divorce va l’obliger à morceler son domaine.
Puis, alors qu’il a retrouvé le bonheur avec sa seconde compagne, il a un accident de voiture en 1955.
Tous les efforts des médecins ne permettront pas d’éviter l’amputation de sa jambe gauche.
Les problèmes financiers vont finalement le contraindre à vendre sa part du jardin et de la villa.
Un deuxième accident quelques mois plus tard va le fragiliser davantage encore, et il sera évacué vers la France où il s’éteindra à Paris en octobre 1962, à l’âge de 76 ans.

Jacques Majorette a laissé son nom à son merveilleux jardin, mais ce n’est pas la seule trace qu’il ait laissée.
En 1937, il a peint son atelier marocain en bleu outremer.images
Un bleu intense, légèrement violacé, vibrant et puissant.
Cet homme a laissé de belles choses au monde…

Martine Bernier