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Archives mensuelles : août 2017

Avant que nous ne déménagions, mon Capitaine et moi avons dressé quelques plans sur la comète.
Il a recueilli mes voeux et mes rêves, ceux que je caresse depuis toujours avec, jusqu’alors, la certitude qu’ils ne se réaliseraient pas.
Parmi eux: créer un jardin de roses anglaises et élever quelques poules d’ornement.
Et pas n’importe lesquelles: je sais exactement celles j’aimerais accueillir.
Des envies qui me sont venues au fil des reportages que j’ai pu faire, des expériences que j’ai pu vivre.
Il m’a simplement dit qu’il s’agissait de rêves faciles à réaliser… puis nous nous sommes concentrés sur le déménagement.

L’emménagement avance pas à pas, mais est loin d’être terminé.
Hier, alors que nous étions dans une grande surface, j’ai voulu voir l’animalerie.
Beaucoup de choses me heurtent dans ce genre d’endroit: les rongeurs entassés, sans énergie, évoluant dans des conditions qui ne leur correspondent pas, un cacatoès solitaire cloîtré seul dans une cage…
J’ai rapidement quitté la partie animaux vivants et nous nous sommes dirigés vers la jardinerie.
Et là… nous sommes arrivés sur l’espace poulailler.
Et plus particulièrement sur les poules et pintades elles aussi en attente d’être vendues.
Dans l’un des petits enclos se trouvaient quelques poules naines parmi lesquelles deux des races que je souhaite.
J’ai littéralement fondu (au sens figuré, hélas) en les voyant, en découvrant qu’elles n’étaient pas farouches.
En sortant, j’étais ravie de savoir qu’il ne faudrait pas aller bien loin pour les acheter.
Nous avons quitté le magasin avec deux rosiers et… un rouleau de grillage que mon Capitaine a acquis.

Dans l’après-midi, je l’ai très peu vu.
Au lieu de travailler dans la maison comme nous le faisons encore, il a passé beaucoup de temps dans l’une des petites dépendances, située dans le jardin.
Le soir, la dépendance en question était nettoyée, ses accès complètement sécurisés, et le rouleau acheté le matin était transformé en grillage bien hermétique.
Le bout du jardin était devenu un vaste espace clos doté d’un poulailler « en dur » confortable à souhait.
Mon Capitaine m’a dit:
– Il ne reste plus qu’à terminer le grillage en le fixant avec quelques fils de fer comme j’ai commencé à le faire et, demain, les poules seront là!

Je n’aurais jamais imaginé que cela irait aussi rapidement!
Dans la réalisation des rêves, mon Capitaine est une sorte de magicien…

Martine Bernier

Depuis vendredi, jour de notre arrivée, il fait chaud, très, très chaud…
Et je suis amusée de voir que, dans le jardin, est apparu un ustensile qui n’a jusqu’ici pas ou très peu eu sa place dans notre vie: le chapeau de paille.
Avec 33°, ce n’est pas un luxe…
Toujours pris, dans la ronde interminable des cartons à vider, nous continuons à travailler à un rythme soutenu tout en effectuant les démarches les plus urgentes.
C’est en rentrant de l’une d’elles que nous avons croisé un écureuil roux qui, lui aussi, semblait vaquer à ses occupations.
Depuis que je commence à m’acclimater aux lieux, je suis charmée de découvrir le nombre d’oiseaux et de petits animaux qui fréquentent le jardin.
Chaque soir, lorsque nous profitons de la tombée de la nuit dans le jardin, une famille de pipistrelles vole de la haie à la maison…
Petites chauve-souris pas plus grandes que des passereaux, elles sont heureuses ici, à quelques mètres de la rivière, des arbres et de la maison où elles ne sont pas dérangées.
Les déloger? Jamais!
Non seulement nous les aimons mais, en prime… sans doute partiellement grâce à elles, il n’y a pas ou peu de moustiques dans la maison!

Martine Bernier

Dans un aménagement, prévoir, c’est bien.
S’adapter aux événements, c’est mieux.
Hier matin, nous avions une liste de choses à faire que nous n’avons que partiellement pu suivre.
Mais au fil des événements et des opportunités de la journée, nous en avons accompli d’autres que nous ne pensions pas envisager tout de suite.
Une chose est sûre, nous allons nous attaquer aujourd’hui aux soucis de connexion internet – messagerie – téléphone qui vont nous contraindre à nous rendre à Belfort… avec l’espoir que ces problèmes soient réglés dans les jours qui suivent.

Hier, alors que je venais de terminer l’installation complète des bibliothèques livres-jeux des enfants, je me retourne et me trouve nez à nez avec… Eya!
– Je suis revenue!
– Ah oui, je vois! Regarde, j’ai fini de ranger vos bibliothèques!
– Chic! On va lire!

Plus tard, au  jardin, elle m’apporte une série de livres qu’elle veut explorer en ma compagnie.
Dans l’un d’eux, il est question de dinosaures, le sujet si bien maîtrisé par Kim, l’aîné de nos petits-enfants.
– Il y en a encore, des dinosaures?
– Comme ceux que tu vois là, non… Il est arrivé quelque chose de très mystérieux.
– Quoi???
– Les savants ne savent pas exactement ce qui s’est passé, mais tous les dinosaures ont disparu. On pense qu’il y a peut-être un énorme rocher venu de l’Espace, une météorite, qui a heurté la Terre… mais il y a d’autres hypothèses.

Soudain,  je réalise qu’Eya a les yeux humides:
– Mais… tu es triste?
– Oui… tous ces pauvres dinosaures…
– Hum. Tu sais, ils n’avaient pas la réputation d’être charmants! Les herbivores mis à part, ils se dévoraient entre eux, étaient très agressifs, attaquaient tout ce qui bouge!
– Oui, mais ils ne m’auraient pas mangée, moi!
– Pas sûr… Ils étaient très grands pour certains. Ils t’auraient peut-être prise pour une olive apéritif!
Elle rit, mais continue:
– Moi, je suis sûre que j’aurais pu les élever pour qu’ils soient gentils…
– Re hum. Franchement, j’ai un léger doute. Et je te préviens que si tu apportes un oeuf de dinosaure à la maison, je vais être très contrariée!

Mais je vois à nouveau des larmes perler le long de ses cils:
– Eya… ce ne sont pas les dinosaures qui te rendent tristes, quand même?
– Non, j’ai une vraie raison. Ecoute… Liliane a disparu… je crois qu’elle est morte…
– Qui est Liliane? Une de tes tantes?
– Mais non, enfin! C’est mon lapin!!!

Mince, comment ai-je pu zapper l’information??
Bien sûr, Liliane!
La veille, Héloïse m’a expliqué qu’il a disparu et qu’il semblerait que la fouine y soit pour quelque chose.
J’écoute Eya m’expliquer la même chose et me confier son chagrin en sanglotant. Elle vient se blottir dans mes bras, tellement triste que je tente une amorce de consolation:
– Pauvre chouchou… Je comprends… c’est tellement dur lorsque l’on n’a pas de nouvelles…
– C’est méchant la fouine!
– Méchant, peut-être pas…
– Si, elle a mangé les poules chez Mamy!
– Ca nous paraît méchant, oui. Mais dans sa tête de fouine, elle veut simplement trouver à manger. Elle va dans un poulailler comme tu vas au supermarché! Voyons, qu’est-ce que  je pourrais bien acheter aujourd’hui pour dîner?

Elle sourit furtivement mais insiste:
– Elle a tué Liliane…
– Tu sais, je ne suis pas sûre du tout que Liliane soit morte. Elle a pu rencontrer des membres de sa famille Lapin, peut-être même son amoureux, et ils l’ont invitée chez eux pour les vacances.
– Mais c’est dangereux! Il y a des chasseurs dans la forêt!
– Nous ne savons pas où se trouve la maison de la Famille Lapin. Et de toute façon, les terriers sont sous terre, ils ne risquent rien…
– J’aurais dû faire un trou pour Liliane pour qu’elle fasse un terrier… elle ne serait pas partie.
– Peut-être… et peut-être pas… Je crois que vous avez beaucoup aimé Liliane et qu’elle avait envie de liberté et de retrouver ses cousins, ses frères et soeurs… Qui sait, peut-être qu’un jour elle reviendra te dire bonjour accompagnée d’une ribambelle de lapereaux!
– Ses enfants?
– Oui! Ah la la… il faudra que tu réfléchisses comment loger tout le monde!


Et nous échafaudons des plans sur la comète.
Elle a retrouvé son sourire, me demande de lui apprendre à lire, file chercher un cahier conçu à cet effet.
Les disparitions de Liliane et des dinosaures sont reléguées au deuxième plan… pour le moment!

Martine Bernier