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Archives quotidiennes : 15 novembre 2017

Ce mardi matin, la température s’est effondrée.
Ce qui était loin d’être le cas encore peu de temps auparavant…
Il y a deux jours, la rivière qui passe de l’autre côté de la route, devant la maison, est sortie de son lit, inondant au passage les pâtures environnantes.
Le déluge de ce week-end avait fait son oeuvre.

En quelques heures, la pluie a cédé la place à de fortes gelées nocturnes.
Ce mardi matin à 10h00, la température ne dépassait pas 1°.
Mon Capitaine a donc décidé de s’occuper lui-même de nos poules pour éviter que je ne prenne froid.
Il a dû casser la glace pour qu’elles aient accès à leur eau, les a sorties, a nettoyé le poulailler et disposé du foin partout.
Un peu plus tard, je travaillais dans mon bureau lorsque j’ai entendu un son inhabituel.
L’une des poules faisait un tel tintamarre que j’ai enfilé une veste pour aller vérifier qu’aucun prédateur ne s’était invité à déjeuner.
En pénétrant dans l’enclos, j’ai constaté que les trois quarts de mon important cheptel de quatre divines Bantam de Pékin campaient à l’extérieur malgré le froid.
Kaki, Plume et Praline faisaient les cent pas devant le poulailler occupé par Chine qui braillait à qui mieux mieux.
Je suis entrée la voir et elle est venue à ma rencontre, piaillant toujours:

– Et bien?? Qu’est-ce qui se passe? Tu n’es pas contente de la nouvelle déco? Ou tu prépares l’examen d’entrée à l’Opéra?

Elle m’a toisée, toujours en trompettant, et est partie se nicher dans un panier rempli de foin, situé dans l’un des angles de la pièce.
J’ai aussitôt eu un doute… ma poule aurait-elle pondu un oeuf????
Fol espoir!!!
Comme elle avait l’air de ne pas vouloir être dérangée, je suis sortie sans insister.
Dehors, les trois autres attendaient pour rentrer.
Mais lorsque Kaki a risqué un pas dans le poulailler, elle a déclenché les foudres de la squatteuse, peu décidée à partager sa demeure avec qui que ce soit.

Clairement, la situation n’était pas normale.
J’ai expliqué aux Trois Grâces frigorifiées qu’il fallait être patientes et qu’elle reviendrait probablement à la raison…

Une heure plus tard, je retournais au poulailler après avoir raconté l’épisode à mon Capitaine, convaincu lui aussi que Chine devait avoir pondu un oeuf.
Cette fois, elle avait rejoint les trois autres à l’extérieur.
Je suis allée inspecter les couvoirs, mes belles emplumées sur les talons.
Rien.
Pas le moindre bout d’oeuf à l’horizon.
Madame souhaitait simplement profiter seule de la tranquillité de son boudoir.

Martine Bernier